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"Je veux voir ses fesses !", "un sex symbol érigé en femme-objet" : pourquoi ce classique du cinéma à revoir en ligne gratuitement est très controversé
Publié le 30 juillet 2025 à 20:00
Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Sex symbol et male gaze. Vous pouvez revoir gratuitement en ligne ce grand classique du septième art. Mais il faut aussi connaître les controverses et polémiques qui lui sont indissociables en 2025.
"Je veux voir ses fesses !", "un sex symbol érigé en femme-objet" : pourquoi ce classique du cinéma à revoir en ligne gratuitement est très controversé
"Je veux voir ses fesses !" : pourquoi ce classique sulfureux du cinéma à revoir en ligne gratuitement est très controversé auprès des féministes Sex symbol et male gaze. Vous pouvez revoir gratuitement en ligne ce grand classique du septième art. Mais il faut aussi connaître les controverses et polémiques qui lui sont indissociables en 2025. Le Mépris de Jean-Luc Godard, c'est naturellement cette légendaire tirade, énoncée face caméras comme un autoportrait sensuel, où Brigitte Bardot, à l'époque sex symbol et phénomène absolue, vaque auprès de Michel Piccoli au gré de ses énumérations - sur ses jambes, ses pieds, ses fesses, donc. Un certain art du dialogue, ou du monologue. Mais c'est également une musique mythique (Delerue, toujours), une réflexion méta sur le septième art (la participation de Fritz Lang au casting n'y étant pas pour rien), une certaine étude grinçante du couple. Le Mépris est considéré comme une pierre angulaire de la Nouvelle Vague, et de la modernité : et désormais, vous pouvez le (re)voir en ligne gratuitement sur le site de francetv. Seulement, depuis la disparition de JLG il y a quelques années, controverses et polémiques s'amoncellent, d'autant plus alors que les réflexions féministes sont de plus en plus sonores au sein de la critique cinéma. Et si Le Mépris était un film misogyne ? Qu'exprime-t-il au juste au sujet de son actrice principale ? Comment vieillit le joyau du rebelle suisse des Cahiers du Cinéma à l'aune de la révolution #MeToo ?
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"Et mes fesses ? Tu les trouves jolies mes fesses ?"

Le Mépris de Jean-Luc Godard, c'est naturellement cette légendaire tirade, énoncée face caméra comme un autoportrait sensuel, où Brigitte Bardot, à l'époque sex symbol et phénomène absolue, vaque auprès de Michel Piccoli au gré de ses énumérations charnelles - sur ses jambes, ses pieds, ses fesses, donc. Un certain art du dialogue, ou du monologue.

Mais c'est également une musique mythique (Delerue, toujours), une réflexion méta sur le septième art (la participation de l'immense cinéaste Fritz Lang au casting n'y étant pas pour rien), une certaine étude grinçante du couple. Le Mépris est considéré comme une pierre angulaire de la Nouvelle Vague, et de la modernité artistique : et désormais, vous pouvez le (re)voir en ligne gratuitement sur le site de francetv, ici-même.

Seulement, depuis la disparition de JLG il y a quelques années, controverses et polémiques s'amoncellent, d'autant plus alors que les réflexions féministes sont de plus en plus sonores au sein de la critique cinéma. Et si Le Mépris était un film violemment misogyne ? Qu'exprime-t-il au juste au sujet de son actrice principale ? Comment vieillit le joyau du rebelle suisse des Cahiers du Cinéma à l'aune de la révolution #MeToo ?

"De la merde", "il vient de lui mettre une baffe" : un classique du septième art à l'atemporel sex symbol accusé de misogynie

Le Mépris, scandale lors de sa sortie (interdit aux moins de 18 ans), réhabilité et érigé en incontournable du septième art durant les décennies suivantes, étudié dans les écoles de cinéma, se voit de nouveau indissociable de polémiques et de controverses.

Banalisation des violences conjugales, hyper sexualisation de sa protagoniste, à juste titre "méprisée", mise en scène comme une "femme objet", "male gaze" - regard masculin omniprésent du cinéaste qui vient plaquer ses propres désirs sur son actrice - dialogues sexistes voire carrément misogynes...

Telles sont les principales accusations que l'on retrouve ces dernières années auprès de critiques de cinéma, et plus globalement de plumes féministes, de la presse aux réseaux sociaux.

De "male gaze", ce regard savamment décrypté par la critique, autrice et journaliste Iris Brey dans son ouvrage de référence Le regard féminin, il en est question, sans grande ambiguïté ou débat en vérité. 

Effectivement, la fameuse séquence où Brigitte Bardot, complètement nue, dévoile ses fesses, allongée sur le ventre, et détaille son anatomie, aurait été rajoutée à la demande du producteur américain du film, lequel aurait dicté cet ordre au metteur en scène conciliant : "Non, non, ça ne va pas ! Je veux voir le c... de Bardot !". No comment. Difficile dès lors de nier la pression du regard masculin sur ce processus de création. Entre injonctions et conciliation.

Mais ce sont aussi de multiples séquences qui posent souci. Et qui ont largement trait aux relations établies entre les personnages féminins et masculins, ne serait-ce qu'à travers le développement du couple Piccoli/Bardot. Il faut dire que Godard a cela de divergent avec son ami Eric Rohmer qu'il ne soigne pas toujours particulièrement la complexité de ses protagonistes féminines - là où les films de Rohmer redoublent de modernité à ce propos (Le rayon vert, Les nuits de la pleine lune).

Et Le Mépris, précisément, scandaliserait à ce titre.

On le relatait ainsi il y a quelques années sur Terrafemina :

"Sur les réseaux sociaux, des voix féministes comme celle de l'avocate Elisa Rojas sont revenues sur la dimension sexiste de l'oeuvre. "Les deux personnages masculins sont deux connards violents et les deux personnages féminins, deux victimes qui se font traiter comme de la merde. A la 43e minute de film, Brigitte de retour dans l'appart' conjugal avec son mari se prend une torgnole. Est-ce que Brigitte prend une poêle Téfal pour l'assommer ? Non", observe l'autrice.

"Elle demande pardon à son mari, scénariste, d'être une dactylo de 28 ans avec qui il regrette de s'être marié. 10 minutes plus tard, alors qu'il vient de lui mettre une baffe, le mec demande le plus sérieusement du monde à sa femme : 'qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi t'es de mauvaise humeur ?'. Ahahah. Quel génie du dialogue ce Godard !".

"Le film porte bien son nom néanmoins. J'y ai bien vu le mépris de Godard pour les femmes, le mépris des cinéastes masculins pour les femmes, le mépris des hommes pour les femmes. Ce mépris auquel certaines femmes cherchent à échapper en choisissant de privilégier les productions culturelles féminines. Parce qu'en plus de nous faire vivre cette violence dans la réalité, ces hommes voudraient que l'on continue à se la coltiner indéfiniment via leurs productions répétitives sur ce thème".

Et alors que l'avocate et militante féministe décrypte avec minutie le film sur son blog, le site Indiependent juge dans la même optique le film "daté", voire teinté d'un véritable "sexisme autodestructeur" qui ne serait autre que celui... De Jean-Luc Godard himself. C'est en tout cas ce qu'assène le décryptage, voyant en ce Mépris, moins une critique de la toxicité conjugale et de la place de la femme, qu'un film qui se vautre tout à fait dans ladite toxicité patriarcale. 

Ajoutant ceci : "Le Mépris est indissociable de son sexisme car c'est une composante essentielle de l'histoire. Paul et Camille ne peuvent pas se connecter car pour lui, elle n'est qu'un objet. Bardot est objectivée pendant la majeure partie de la durée du film, se fait gifler par son mari".

L'accès gratuit au film sur francetv est l'occasion de se forger une opinion...

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