





La chanteuse du groupe Lulu Van Trapp a un courage monstrueux.
Rebecca, l'artiste en question, ne craint rien. Surtout pas d'afficher un agresseur sexuel. Car en plein concert, dans l'Ain, après une descente dans la fosse, l'interprète a décidé d'assumer un choix jusqu'au-boutiste. Suite à sa venue auprès du public, la chanteuse est remontée sur scène et a accusé un homme de l'avoir agressée sexuellement. "Ce mec a intérêt à se casser du show", a-t-elle affirmé avec fracas face à son audience, indignée.
Avant de choisir... D'ôter son haut, et de finir le reste du concert, complètement topless. Assénant ainsi, comme le rapportent nos confrères du Parisien : "Vous allez regarder mes seins jusqu’à la fin du concert et à la fin vous verrez, ça ressemblera plus à du sexe". Mais derrière cette punchline, s'énonce un geste riche de sens, et une iconographie hyper féministe.
Historique, même !
Rebecca a protesté contre un spectateur qui lui a "attrapé les seins".
En les dévoilant, face au public. En se dénudant, l'artiste proteste. Sur TikTok, elle assène ainsi : "Samedi je me suis fait a*gresser s*xuellement pendant mon concert, je vous raconte ici ce qu’il s’est passé, le choc et la renaissance que ça a été, en live devant un festival entier". Et chanter ainsi, la poitrine dévoilée, est un acte aussi intime que politique.
Qui n'est pas sans rappeler d'autres happening féminins...
Naturellement, on pense fort, très fort, à la révolte Femen.
A ce collectif qui en militant seins nus défendait plusieurs convictions : dé-sexualiser les poitrines des femmes, en banalisant leur réalité, les recouvrant de slogans indignés, se réapproprier ce corps si objectifié et fantasmé, et également, protester contre les violences sexistes et sexuelles, et plus globalement, patriarcales !
Et cela, c'est précisément ce qu'a prôné dans les années 90 le mouvement riot grrrrl.
Mouvement culturel, pas juste musical, leadé par une icône : Kathleen Hannah, la voix du groupe Bikini Kill. Sur scène, cette légende punk chantait seins nus. Victime de violences sexuelles dès le plus jeune âge, elle affirmait ainsi sa liberté et la réappropriation de son propre corps, et de sa sexualité. Son identité d'artiste féminine et féministes. Cela, la journaliste Mathilde Carton le relate très bien dans l'ouvrage qu'elle a dédié aux Riott Grrrl.
Montrer ses seins pour faire entendre sa voix. D'autres chanteuses ont pu le faire à sa suite.
Et son héritière spirituelle Rebecca de témoigner aujourd'hui : "J’ai redécouvert avec ce conert mes propres paroles, mes propres danses. Jamais je ne me suis sentie si fragile et pourtant si forte que sans autre armure que ma conviction. On est méga en retard sur le sujet alors qu’on représente de base une musique de libération. Reprenons l’espace, autant sur scène que dans la fosse. Je vous promets que ce sera la priorité lors de nos concerts."