Des antiféministes attaquent une librairie et se font troller en retour

Des antiféministes attaquent une librairie et se font troller en retour
Des antiféministes attaquent une librairie et se font troller en retour
En Australie, une librairie indépendante a déclenché la fureur des antiféministes sur Facebook suite à son message de félicitations à Clementine Ford, une auteure féministe qui s'apprête à sortir son nouveau livre. La bonne nouvelle ? Les trolls ont été magnifiquement trollés en retour.
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Quasiment inconnue chez nous, Clementine Ford déchaîne les passions dans son pays d'origine, l'Australie. Journaliste freelance, elle a fait de l'égalité des sexes et des questions de genre son combat. Mais si sa voix est entendue, si elle réunit près de 300 000 fans sur les réseaux sociaux, Clementine Ford est aussi la cible préférée des antiféministes australiens. En 2016, son premier essai, Fight Like a Girl, avait reçu un accueil chaleureux de la part des critiques et des lecteurs mais avait en même temps déclenché une avalanche de commentaires sexistes et haineux. Harcelée, régulièrement menacée de viol et de mort, la journaliste n'a ni prévu de fermer sa bouche ni de se désabonner de Twitter. Mieux, elle vient d'annoncer avoir signé un contrat pour son nouveau livre, Boys Will Be Boys, prévu pour 2018 et qui analysera la " masculinité toxique et les liens de la fraternité utilisés pour codifier le pouvoir masculin ". De quoi rendre dingue les trolls, qui en plus de lui déverser leur lot d'insultes habituelles, ont pris pour cible une librairie indépendante qui n'en demandait pas tant.

Comme le rapporte le Guardian, les choses ont dérapé lundi 26 juin quand la librairie Avid Reader, basée à Brisbane, a partagé sur sa page Facebook le message d'annonce de Clementine Ford concernant son nouveau livre. Très vite, les commentaires de lecteurs enchantés ont laissé la place à des messages violents, beaucoup d'internautes accusant Avid Reader de soutenir une auteure misogyne. Aux commentaires se sont alors ajoutés des avis négatifs sur la librairie, faisant ainsi chuter son nombre d'étoiles sur Facebook. Comme l'a révélé Clementine Ford sur Twitter, les attaques avaient été savamment orchestrées par Anti-feminism Australia, un groupe d'activistes pour les droits des hommes. La journaliste a ainsi partagé une capture d'écran d'un post Facebook du groupe, où l'on peut lire notamment : "Nous avons décidé d'essayer une nouvelle tactique contre le féminisme en combattant le feu par le feu et en donnant de très mauvaises critiques aux commerces et entreprises qui s'associent à Clementine Ford".

Du feu au pétard mouillé

Si le but de l'attaque était clairement de décrédibiliser la librairie indépendante et de faire chuter ses statistiques Facebook, c'est finalement tout l'inverse qui s'est produit. Car les soutiens de Clementine Ford sont venus en masse défendre l'auteure et Avid Reader. Les centaines d'avis négatifs ont donc été vite balayés par des milliers de commentaires positifs, offrant à la librairie 4,7 étoiles sur 5. Dans le même temps, Chris Currie, le community manager d'Avid Reader, s'est amusé à répondre aux trolls et à les troller en retour. La réponse par le feu s'est donc avérée être un pétard mouillé. Interrogée par le Guardian, Clementine Ford a commenté : "J'ai de la chance d'être soutenue par des communautés qui s'allient quand ce genre de choses arrive. Mais j'ai rarement autant ri en lisant les réponses d'Avid Reader à tous ces commentaires outragés".

Capture d'écran de la page Facebook d'Avid Reader
Capture d'écran de la page Facebook d'Avid Reader

On s'en doute, Anti-feminism Australia n'a pas l'intention de baisser les bras. La guéguerre contre une librairie indépendante n'a pas fonctionné ? Il reste toujours la pétition sur Change.org pour pousser l'éditeur de Clementine Ford à rompre son contrat. A ce jour, la pétition a reçu plus de 800 soutiens. De quoi faire trembler le monde littéraire australien. Visiblement excédée, la journaliste conclut : "C'est fastidieux et fatigant de faire face chaque jour à des attaques et des accès de paranoïa de la part d'hommes en colère. C'est impossible d'avoir des conversations logiques avec eux parce qu'ils se moquent des faits, ce qui compte pour eux, c'est ce qu'ils ressentent par rapport à ces faits".