Elles pensaient éliminer la cellulite avec cet instrument : elles en sortent blessées

Polémique : présenté comme miraculeux, cet instrument anti-cellulite ferait plus de mal que de bien.
Polémique : présenté comme miraculeux, cet instrument anti-cellulite ferait plus de mal que de bien.
Soixante-deux femmes ont porté plainte après l'utilisation d'un produit anti-cellulite. Au lieu d'une jolie peau, elles ont écopé de vilains bleus.
A lire aussi
Sa photo de son bébé sur le sol d'un aéroport scandalise : cette maman s'explique
News essentielles
Sa photo de son bébé sur le sol d'un aéroport scandalise...

Depuis quelques mois, un instrument annoncé comme "miraculeux" contre la cellulite fait le buzz sur Facebook et Instagram : le FasciaBlaster. Inventé par l'américaine Ashley Black, le dispositif est équipé de quatre petites pieuvres masseuses censées lisser la peau et corriger la cellulite. Mais le site de la marque promet bien plus encore : l'instrument permettrait notamment de renforcer les muscles et serait un remède efficace contre le mal de dos.

Sur le papier, la proposition est alléchante. Sauf qu'en réalité, le résultat est beaucoup moins probant. Parmi les utilisatrices du FasciaBlaster, plusieurs d'entre elles se sont retrouvées couvertes de bleus. Soixante-deux ont porté plainte contre la marque auprès de l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments pour dénoncer les ecchymoses et d'autres préjudices physiques, rapporte le site Buzzfeed News.

Bleus, inflammation, cycles menstruels perturbés...

L'une d'entre elles, Julia Lefebvre, affirme avoir encore des bleus six mois après l'utilisation de l'instrument. "J'étais désespérée. En tant que femmes nous sommes tellement complexées par notre corps, que nous éprouvons presque de la satisfaction à appliquer un instrument de ce genre-là sur notre corps. Aujourd'hui, je me demande vraiment pourquoi j'ai acheté ce produit", témoigne-t-elle.

En plus des bleus, d'autres consommatrices se sont plaintes de troubles physiques tels que des infections cutanées, des nausées, une prise de poids subite ou des cycles menstruels perturbés.

Face à ces accusations, un porte-parole de la société s'est exprimé et a estimé cette polémique "regrettable". "Des acteurs primés aux Oscars, des athlètes de haut niveau et des mannequins utilisent nos produits et suivent nos méthodes depuis des décennies. Nous recevons tous les jours des témoignages d'hommes et de femmes venus du monde entier affirmant que le FasciaBlaster a changé leur vie".

De son côté, la fondatrice Ashley Black certifie que les bleus laissés sur le corps de ses clientes sont le signe d'un traitement qui fonctionne. Elle va même jusqu'à publier une vidéo sur son compte Youtube pour le prouver.

"Cette vidéo vous montre un excellent exemple des différents types de bleus provoqués par FasciaBlaster !", peut-on lire dans la présentation.

FasciaBlaster
FasciaBlaster

Absence d'expertise médicale

Questionnée par BuzzFeed News, Kathleen Cook Suozzi, assistante médicale au service de dermatologie de l'Université de Yale commente : "Les ecchymoses sont pathologiques et sont provoquées par des lésions au niveau des tissus. Elles ne doivent pas être l'objectif d'un traitement."

Egalement interrogé par Buzzfeed News, le dermatologue Mathew Avram pointe l'absence d'expertise médicale. "Il est difficile de certifier qu'un procédé est efficace ou non sur le long terme sans avoir réalisé une véritable étude clinique qui fait l'objet d'un examen minutieux de la méthode ou du produit en question", estime ce dernier. Quant aux autres effets indésirables évoqués par les plaignantes, Ashley Black estime que le FasciaBlaster ne peut "en aucun cas" en être la cause.

Les femmes qui ont posté des messages sur la page Facebook pour exprimer leur mécontentement ont vu leurs commentaires effacés et leur accès à la page refusée. À la suite de la polémique, un groupe de discussion privé a été créé sur Facebook pour parler des effets négatifs causés par le FasciaBlaster. Le groupe compte aujourd'hui plus de 4000 membres.

À voir
Aussi