E-Santé : Interview du Dr. Marie-Thérèse Giorgio, « Le patient cerne mieux sa pathologie »

E-Santé : Interview du Dr. Marie-Thérèse Giorgio, « Le patient cerne mieux sa pathologie »
E-Santé : Interview du Dr. Marie-Thérèse Giorgio, « Le patient cerne mieux sa pathologie »
Plus d’un Français sur deux surfe sur Internet pour y glaner des informations médicales, c’est le constat de l’Observatoire réalisé par Orange et Terrafemina sur la E-Santé. Un défi nouveau pour les professionnels de santé forcés de prendre le virage numérique. Le Dr. Marie-Thérèse Giorgio réagit aux résultats de notre sondage.
A lire aussi
Dans son interview pour Vogue, Beyoncé fait l'éloge du body positive
News essentielles
Dans son interview pour Vogue, Beyoncé fait l'éloge du...

Marie-Thérèse Giorgio est médecin du travail, fondatrice du site atoutsante.com et présidente de l’association Médecins Maîtres-toile, cercle de médecins qui publient de l’information dans le domaine de la santé sur leurs 110 sites internet, leurs blogs, et sur les réseaux sociaux.

Terrafemina : Selon notre Observatoire, 73% des personnes qui consultent Internet pour un problème de santé le font avant d’aller voir un généraliste. Comment analysez-vous ce besoin d’information en tant que médecin ?

Marie-Thérèse Giorgio : C’est une bonne façon de se faire une idée sur le diagnostic et de favoriser la discussion avec son médecin : c’est un travail intéressant pour les professionnels de santé. Le patient cerne mieux sa pathologie, il se familiarise avec certains termes, cela enrichit l’échange. D’ailleurs votre sondage montre que cela n’entrave pas vraiment la confiance dans le médecin (Parmi ceux qui vont chercher des informations médicales sur Internet, 68% déclarent faire confiance aux médecins, ndlr.)

TF : Selon vous, ce besoin de s’informer sur sa santé va-t-il s’intensifier suite aux scandales liés aux médicaments (Affaire du Médiator) et entraîner une défiance vis-à-vis du corps médical et pharmaceutique ?

M.-T. G. : En effet je me mets dans la peau de l’internaute à 21h devant le journal télévisé traitant de l’affaire du Médiator, des médicaments interdits… Il est normal de vouloir aller sur Internet avant de pouvoir en parler à son médecin. Le corps médical est d’ailleurs très sollicité en ce moment sur ces sujets, et dans ces situations les sites officiels comme celui de la Haute Autorité de Santé (HAS) méritent d’être consultés.

TF : Les sites généralistes, et en première ligne, Doctissimo –consulté en priorité par 59% des sondés-, sont plus largement plébiscités que les sites spécialisés (24%) et les sites officiels (8%). Que pense le corps médical de la qualité de l’information sur ces sites ?

M.-T. G. : L’information sur Internet est très généraliste, le problème est de savoir la décliner sur son cas. L’internaute doit apprendre à regarder sur quel site il se trouve. A nous aussi, médecins, de diffuser des articles de qualité : c’est l’ambition de l’association Médecins Maîtres-Toile qui regroupe des médecins intéressés par le partage sur Internet. J’ai lancé mon site de médecine du travail Atoutsante.com parce que je voyais beaucoup de bêtises écrites sur les forums, et des gens qui ne trouvaient pas de réponses à leurs questions. Doctissimo a le mérite de proposer beaucoup d’informations accessibles. Ce qui nous gêne c’est la publicité et les pop’up : nos sites sont indépendants de toute publicité, et vu le contexte actuel, c’est notre point fort. Ils sont aussi certifiés par le label HON Code (Health on the net), c’est-à-dire qu’ils remplissent les critères d’une charte de qualité précise.

TF : 70% des sondés considèrent que la consultation en ligne via une webcam est une mauvaise idée. Est-ce que cette pratique de télémédecine peut se généraliser selon vous ?

M.-T. G. : Ces consultations en ligne - validées par décret en octobre 2010, ndlr- ne sont pas encore en place, il est donc difficile de demander aux gens de juger. Mais il y a beaucoup d’applications intéressantes, par exemple pour réajuster une posologie suite à une première consultation et une fois le diagnostic posé. En Suède, les consultations de psychiatrie en ligne existent depuis 15 ans, à cause des difficultés de déplacement en hiver. C’est un vaste champ qui s’ouvre et qui s’appliquera plus ou moins bien selon les disciplines.

TELECHARCHER LES RESULTATS DES ETUDES SUR L'E-SANTE

Les résultats du Baromètre Orange – Terrafemina : La santé à l’heure d’Internet : demain, l’automédication en ligne ?
Les résultats du Web Lab de Treize Articles : radioscopie de l’e-santé

LIRE AUSSI

Nora Berra défend une E-Santé encadrée

E-Santé : Au secours Google, j’ai mal !
E-Santé : Interview de Denise Silber, « Internet permet d’optimiser la consultation médicale »
E-Santé : Interview du Dr. Stefan Darmoni, « Les sites officiels sont en retard »

Plus d'actu sur : E-Santé

Doliprane, Drill, Efferalgan : les médicaments préférés des Français
Nora Berra : « la santé en ligne est une question de démocratie sanitaire »
E-Santé : 60% des Français consultent le web au sujet de leur santé
À voir
Aussi