Nadine Laborde, 55 ans, part à la conquête de l’Everest

Nadine Laborde, 55 ans, part à la conquête de l’Everest
Depuis un an, Nadine Laborde prépare minutieusement son ascension de l’Everest, prévue au printemps prochain. Une fois au sommet, elle espère bien y planter le drapeau de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque.

« Je lisais avec délices le récit des aventures de Maurice Herzog et les conquêtes d’Edmund Hillary et très vite j’ai eu envie de vivre les aventures que j’avais lues …»

A quelques mois de sa prochaine ascension de l’Everest, prévue pour mai prochain, Nadine Laborde se souvient de ses rêves d’adolescentes. Des rêves qui en côtoyaient d’autres, destinés à l’emmener plus haut encore, à bord d’un avion de chasse… Mais rêves inaboutis ceux-là car lorsque que Nadine passe le bac dans les années 70, les portes de l’armée de l’air sont encore fermées aux femmes…

Alors tandis que les lectures des aventures humaines au sommet continuent à peupler ses loisirs, c’est vers d’autres extrêmes que sa vocation professionnelle se forge : opérer des enfants à cœur ouvert,  et devenir  médecin chirurgien cardiaque. Du nom de l’Association dont elle plantera avec fierté et fidélité le drapeau au sommet de l’Everest en mai prochain, au terme  d’un périple d’un mois qu’elle prépare depuis un an.

Certes, elle a déjà gravi la Face Sud (réputée plus difficile) de l’Everest en 2007 et c’est d’ailleurs avec le même sherpa et cinq ou six compagnons d’expédition, qu’elle gravira cette fois-ci la Face Nord. Certes elle a depuis franchi le Mont Blanc, le Kilimanjaro et l’Aconquagua, mais à 55 ans, cette prochaine ascension n’en constitue pas moins un sacré challenge pour ce petit bout de bonne femme brune, vive et dense, dont l’intensité du regard traduit une volonté sans faille. « Physiquement, on est au tapis », prévient-elle aujourd’hui.

C’est dans la tête que se joue plus que tout ce type d’exercice. Bien sûr les deux heures trente d’entrainement quotidien (jogging, musculation, entraînement à l’équilibre, natation) 6 jours sur 7, vont aider son corps à encaisser les chocs. Certes, la première partie du parcours, jusqu’au premier camp de base à 5400 mètres sera moins difficile que la suite, et son amie Québécoise qui fera partie du voyage l’encouragera et l’attendra là, en écrivant un livre pour les enfants sur les secrets de la montagne… Mais la dernière semaine, qui verra les plus résistants, équipés de bouteille d’oxygène, grimper jusqu’au sommet à 8650 mètres sera une véritable épreuve. Nadine sait bien que c’est au fond de soi qu’il faudra aller chercher l’énergie nécessaire pour ne pas flancher.

A quoi pensera-t-elle là haut ? A cette concentration infinie qui l’habite  lorsqu’elle opère le petit cœur d’un bébé d’un peu plus d’un kilo, « pour réparer une erreur de la nature et donner la vie » ? A l’émotion intense aussi, vécue en ce jour de 2004 -« un des plus beaux jours de ma vie »- où on lui a offert la possibilité de monter à bord d’un Alphajet de la patrouille de France ?

En la regardant là, sereine et confiante, équilibrée et volontaire, les deux pieds sur la terre ferme, on ne sait ce qui se passera dans sa tête mais on imagine ses mains à la fois robustes et minutieuses, tutoyant les extrêmes, de l’infiniment petit et de l’infiniment grand…  Et on attend son retour avec impatience.

Site de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque.

Retrouvez l’interview par Yamina Benguigui de Francine Léca, créatrice de « Mécénat Chirurgie Cardiaque Enfants du Monde ».