Voici la question à ne jamais poser au travail

Je peux vous aider ? : pourquoi il ne faut pas poser cette question au boulot
Je peux vous aider ? : pourquoi il ne faut pas poser cette question au boulot
Dans un article publié sur Inc., la cheffe d'entreprise Claire Lew explique pourquoi tous les managers devraient bannir la phrase "En quoi puis-je vous aider" de l'open space.
A lire aussi
Entretien : quelles questions poser au recruteur ?
Mag
Entretien : quelles questions poser au recruteur ?

"En quoi puis-je vous aider ?"

Lorsque l'on est un manager, c'est l'archétype de la phrase que l'on pose quand "on veut bien faire", pour montrer aux membres de son équipe qu'on les soutient et qu'ils peuvent se tourner vers nous s'ils ont besoin d'aide, d'être conseillés ou qu'ils ont simplement besoin d'une oreille attentive.

En théorie, donc, poser cette question est une excellente initiative, preuve de la bienveillance d'un manager à l'égard de ses subordonnés.

Sauf qu'en réalité, cette question provoque l'effet inverse auprès des personnes à laquelle on la pose. Dans une tribune publiée sur le site Inc.com, la PDG de la start-up Know Your Company Claire Lew explique en trois points pourquoi cette question devrait à tout jamais être bannie de l'open space.

C'est une question paresseuse

Lorsque vous demandez "Comment puis-je vous aider ?" à quelqu'un, vous ne lui offrez aucune idée ou suggestion qui pourrait vraiment lui être utile. Vous ne réfléchissez pas vous-même à la façon dont votre implication pourrait avoir une incidence sur ce qu'il est en train de faire. En réalité, souligne Claire Lew, cette question est plus un moyen pour vous de questionner votre employé sur la façon dont vous pouvez vous améliorer en tant que manager.

C'est une question qui met la pression

Lorsque vous demandez à l'un de vos collaborateurs "Comment puis-je t'aider ?", cela implique forcément qu'il mette en lumière les petits défauts du dossier sur lequel il bûche, les endroits où il bute et ce qui mérite nécessairement d'être amélioré. C'est intimidant et cela lui met une pression folle, produisant ainsi tout l'inverse de l'effet escompté.

Il est d'ailleurs fort probable que, pour ne pas montrer qu'il ne maîtrise tout de A à Z, il donne une réponse plus diplomatique qu'honnête et refuse votre aide.

C'est une question trop vague

Lorsque vous lui posez cette question, votre collaborateur est obligé de réfléchir à toute vitesse à toutes les choses sur lesquelles vous pourriez effectivement l'aider. Sur quel projet ? Dans quel secteur d'activité ? À quel niveau ? Doit-il vous exposer complètement ce qu'il a accompli jusqu'ici ou non ? Jusqu'où comptez-vous vous impliquer et quelle est encore sa marge de manoeuvre pour travailler comme il l'entend ?

Cette question, trop vague, le met dans le flou et l'empêche de trouver un point spécifique sur lequel vous pourriez effectivement lui apporter votre aide.

Alors, que demander à la place ?

Renseignez-vous sur un point spécifique sur lequel vous pouvez vraiment apporter votre aide et pour lequel votre expertise sera une plus-value. Indiquez aussi vos faiblesses et vos possibles difficultés de disponibilités : cela évitera que votre employé s'en rende compte à mesure que le projet avance et se sente "abandonné" si vous ne pouvez lui apporter toute l'aide qu'il comptait recevoir.

Enfin, n'hésitez pas à vous remettre régulièrement en question. Ce qui compte le plus, ce n'est pas l'aide que vous pourrez apporter à un collègue au moment où il sera déjà sous l'eau. C'est plutôt que vous ayez tenu compte de ses attentes, de ses compétences et de ses limites au moment où vous lui avez confié un projet.
Aussi, à la place de "Comment puis-je t'aider ?", vous pouvez plutôt lui demander :

- Est-ce que je t'ai transmis toutes les infos nécessaires pour que tu puisses bien travailler ?
- As-tu besoin que nous fassions un point régulier sur l'avancée du projet ?
- Les délais qui ont été fixés te semblent-ils tenables ?