Camille Bedin met "les pieds dans le plat" avec la Droite forte

Camille Bedin met "les pieds dans le plat" avec la Droite forte
Camille Bedin met "les pieds dans le plat" avec la Droite forte
Dans cette photo : Nicolas Sarkozy
Décriés au sein de leur propre parti, les jeunes frondeurs aux dents longues de la Droite forte se réclament les héritiers directs du sarkozysme, une génération de droite qui s'assume et n'a pas peur de mettre les pieds dans le plat. Alors que leur motion sera votée le 18 novembre prochain, lors du congrès qui désignera le prochain président de l'UMP, Camille Bedin, membre cofondatrice, présente son courant dans le livre « Notre droite, nos vérités ». Entretien.
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Terrafemina : C’est quoi être de droite aujourd'hui quand on a 30 ans ?

C. B. : Fondamentalement, notre génération a une vision de la droite complètement différente des générations précédentes. Nous avons grandi dans un contexte de crise depuis toujours (chômage, repli identitaire, crise du modèle social, crise de la dette) : on n’a connu que ça. Dans ce contexte politique, un homme nous a profondément marqués : Nicolas Sarkozy, qui a cassé le sentiment de fatalité que l’on pouvait avoir. Il nous a montré que l’on peut changer les choses, en affirmant des vérités nouvelles, en construisant un discours de droite innovant, qui s’assume. La droite d'aujourd'hui doit continuer à dire ces vérités, elle doit être rénovatrice et moderne, mais aussi solide et fière de ses valeurs et de son identité. Finalement la droite que les jeunes veulent aujourd'hui est celle de 2007, de la rupture avec Sarkozy, et celle de 2012 : une droite forte.

Tf : Être un jeune de droite aujourd'hui c’est donc obligatoirement être sarkozyste ?

C. B. : Pas obligatoirement mais naturellement : parce que Nicolas Sarkozy a marqué la droite de ces dix dernières années depuis la création de l'UMP.

Tf : Comment décririez-vous la Droite forte, courant que vous portez avec Guillaume Peltier et Geoffroy Didier ?

C. B. : La Droite forte assume l’héritage des dix dernières années sarkozystes. Nous souhaitons que cette vision de la droite structure le développement de l'UMP dans les années qui viennent, suivant le modèle d’une droite qui s’assume et qui surtout ne reviendra pas en arrière, à une droite frileuse, qui doit justifier de son humanisme et qui a peur de choquer l’opinion. Cette époque est révolue.

Tf : Dans votre livre, vous présentez plusieurs propositions pour un « nouveau souffle » en France. Quelles sont celles qui vous semblent les plus importantes ?

C. B. : Dans le secteur de l’emploi, je milite pour une France entreprenante, en proposant que l’on simplifie le marché du travail en en finissant avec la dualité CDD/CDI et en créant un contrat unique de travail. Je propose également que l’on crée un Smic par branche selon les secteurs d’activité et un Smic « zéro charges » pour les jeunes.

Du côté de l’école, je suis pour l’autonomie des établissements et leur évaluation à la performance. Je propose de supprimer la carte scolaire, de remettre des « chèques éducation » aux parents afin qu’ils sélectionnent l’établissement pour leurs enfants et je préconise la fermeture des établissements les plus sinistrés. Je propose également que les enseignants ne soient plus des fonctionnaires mais des contractuels, évalués et rémunérés au mérite et aux résultats de leurs élèves et qui pourraient être licenciés.

Sur la fiscalité, un sujet central dans les débats actuels, face à la proposition des 75% des socialistes, je propose que l’on crée un impôt volontaire, pour les gens qui souhaitent donner plus. On verrait bien à quel point ils aiment la France ces donneurs de leçon qui comme Yannick Noah clament haut et fort qu’ils sont prêts à payer plus d’impôts.

Enfin, sur la question de l’immigration et de l’intégration, afin de ne pas ghettoïser les immigrés, je propose que l’on donne des visas en fonction des régions où les immigrés veulent s’installer. Cela prendrait plus de temps par exemple d’obtenir un visa pour l’Île-de-France, région saturée que pour la Bretagne.

Tf : Que répondez-vous à ceux qui estiment que la Droite forte est une passerelle supplémentaire vers le Front National et l’un des leviers de la droitisation de l’UMP ?

C. B. : C’est pour moi signe de beaucoup de jalousie, il s’agit d’un débat vide de sens. Quand nous parlons de questions d’immigration par exemple, nous ne faisons qu'évoquer une des préoccupations majeures des Français. Idem pour la question de l’Islam : nous ne faisons que répondre à un malaise. C’est en en parlant qu’on s’occupe bien mieux du vivre ensemble. En parallèle c’est en passant ces sujets sous silence que l’on fait grimper le FN. La gauche « caviar, bobo et cannabis » est déconnectée des vraies préoccupations des gens, qui vivent ces problèmes au quotidien dans leurs quartiers. Quitte à me faire traiter de facho, je préfère aborder ces sujets que de les laisser au seul FN.

Tf : Le 18 novembre prochain, l'UMP va choisir son prochain président. Avec les cofondateurs de la droite forte, vous soutenez Jean-François Copé. Pourquoi lui plutôt que François Fillon ?

C. B. : Il incarne la droite qui n’a pas peur de dire les choses sans tabou, il n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. De plus, c’est un grand chef de parti, il sait trancher et décider et mènera ses troupes à la bataille des municipales. Il s’agit d’un enjeu majeur et on a besoin de quelqu'un qui sache ce que c’est et qui n’ait pas peur de mettre les mains dans le cambouis. Et puis par rapport au FN, c’est un choix stratégique : si évidemment aucune alliance ne sera jamais envisageable avec le parti de Marine Le Pen, il n’a pas peur d’aborder les sujets, de débattre et c’est ainsi que nous ramènerons les électeurs du Front National vers l'UMP.


Le site de la Droite forte


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