Elisabeth Badinter en guerre contre les maternalistes

Elisabeth Badinter en guerre contre les maternalistes
Elisabeth Badinter en guerre contre les maternalistes
Trente ans après avoir démonté le concept d’« instinct maternel », Elisabeth Badinter revient à la charge pour fustiger les antis pillule, péridurale… Par crainte d’une régression de la cause des femmes elle publie "Le Conflit, la femme et la mère" pour faire un sort aux nouveaux diktats du maternalisme et du naturalisme.
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Le co-sleeping, l’accouchement naturel, la couche lavable, l’allaitement : faut-il avoir peur de ce grand retour à la nature qui s’impose en sourdine à coups d’études scientifiques, associations et ligues de mères ou groupes de pression religieux ? Pointant du doigt le mythe naissant de la bonne mère écolo, l'auteur de L'Amour en plus perçoit dans cette approche sacralisée de la maternité un recul des libertés conquises par les femmes, comme celle de choisir le biberon plutôt que le sein, pour impliquer le père dans les premiers mois de la vie de l'enfant.

Dans son dernier ouvrage Le Conflit, la femme et la mère, Elizabeth Badinter dénonce surtout la culpabilisation des femmes sur leur prétendue vocation de mère, « le désir d’enfant n’est pas universel, (…) la maternité et les vertus qu’elle suppose ne vont pas de soi », et la philosophe féministe d’évoquer la souffrance et la solitude des déçues de la maternité qui n’osent pas s’exprimer.

D’accord ou pas avec le coup de gueule,  on remercie Elizabeth Badinter de faire un sort à l’Impérium du bébé, comprenez « les pleins pouvoirs du nouveau-né », au quatrième chapitre : « Les devoirs grandissants à l’égard du bébé et du petit enfant se révèlent aussi contraignants, sinon plus, que la guerre perpétuelle des machos à la maison ou sur le lieu de travail. » Et quand il est recommandé à la jeune mère qui allaite de pratiquer le co-sleeping avec son bébé, on réalise que le maternalisme excessif peut nuire à la santé du couple, de la mère et de la femme…


Extrait :

« Dans une civilisation où le « moi d’abord » est érigé en principe, la maternité est un défi, voire une contradiction. Ce qui est légitime pour une femme non-mère ne l’est plus quand l’enfant paraît. Le souci de soi doit céder la place à l’oubli de soi et au « je veux tout » succède le « je lui dois tout ». Dès lors que l’on choisit de mettre un enfant au monde pour son plaisir, on parle moins de don que de dette. Du don de la vie de jadis, on est passé à une dette infinie à l’égard de celui que ni Dieu ni la nature ne nous impose plus et qui saura bien vous rappeler un jour qu’il n’a pas demandé à naître… »


Elisabeth Badinter, Le Conflit, la Femme et la mère, Flammarion, 18 Euros.

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