Alerte sur les somnifères : risque mortel accru

Alerte sur les somnifères : risque mortel accru
Selon une étude américaine publiée lundi dans le journal BMJ OPEN, la consommation, même restreinte, de certains somnifères comme le témazepam ou le zolpidem exposerait les utilisateurs à un risque de décès 4 fois plus élevé que chez les personnes qui n’en prennent pas. Ces médicaments pour dormir sont également associés à un risque plus élevé de cancer.


L’alerte lancée par le Dr Daniel Kripke et ses collègues sur les dangers de certains somnifères devrait trouver un écho certain dans la population française, grande consommatrice de médicaments pour dormir. Selon une étude américaine publiée lundi dans le journal BMJ OPEN par l’équipe scientifique du Scripps Clinic Viterbi Family Sleep Center, à La Jolla en Californie, la consommation d’une série de somnifères couramment prescrits exposerait les utilisateurs réguliers à un risque de décès 4,6 fois plus élevé que celui des personnes qui n’en prennent pas. Plus inquiétant encore, même les petits consommateurs (18 cachets ou moins par an) seraient concernés, avec un risque de décès multiplié par 3. Les médicaments incriminés sont la famille des benzodiazépines, comme le témazepam, les non-benzodiazépines, comme le zolpidem, les barbituriques et les sédatifs antihistaminiques. Ces médicaments ont également été associés à un risque accru (35%) de cancer.

L’étude portait sur 10 528 adultes, âgés de 54 ans en moyenne, ayant reçu des ordonnances d’hypnotiques (médicaments pour dormir) entre janvier 2002 et janvier 2007, qui ont été comparés à un groupe de 23 676 de personnes ne consommant pas de somnifères et suivis pendant deux ans et demi en moyenne. Les résultats indiquent que 265 décès ont eu lieu parmi les 4336 sujets qui prenaient du zolpidem, tandis que 295 décès seulement ont affecté le groupe de 23 676 personnes qui ne consommaient aucun médicament pour dormir. Les scientifiques reconnaissent que l’association entre les médicaments en cause et le risque de décès n’implique pas forcément un lien de cause à effet, même si leurs travaux viennent conforter d’autres études. Ils estiment néanmoins devoir lancer l’alerte étant donné les chiffres de la consommation mondiale des médicaments concernés. Ils avancent que 6 à 10% des adultes américains y ont eu recours en 2010, et que « ces proportions pourraient être plus élevées dans certaines parties de l’Europe ».

Elodie Vergelati

(Avec AFP)    
Crédit photo : Pixland

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