Par
Sophie Bramly
- Publié le 16 avril 2009
6
14
Evoquer le thème de la fessée dans une assemblée provoque immédiatement un frémissement perceptible et un intérêt palpable. Il n’est guère d’hommes et de femmes pouvant affirmer, ne serait-ce qu’un moment, n’avoir été tenté par la « chose ».
Pour pouvoir visionner cette emission, veuillez télécharger le plugin Flash Player disponible en cliquant ici.
LA FESSEE
Evoquer le thème de la fessée dans une assemblée provoque immédiatement un frémissement perceptible et un intérêt palpable. Il n’est guère d’hommes et de femmes pouvant affirmer, ne serait-ce qu’un moment, n’avoir été tenté par la « chose ». Plus particulièrement quand c’est une femme qui énonce à mots couverts combien elle comprend l’adage « qui aime bien châtie bien ». Ce péché bien innocent, cette virgule vigoureuse entre deux ébats est, à tout prendre, un jeu bien plus innocent et plus drôle qu’il n’y paraît. A ne pas confondre avec de plus sombres vices, en sexe, la fessée demande avant tout de la correction…
On ignore si celle-ci est aussi vieille que l’humanité elle-même, si Adam excédé de sa première épouse Lilith, la lui administra en punition de ses sottises (ou si c’est faute de ne la lui pas avoir donnée, qu’il a provoqué sa fuite). Mais on sait qu’en Grèce antique, les patriarches se régalaient de cette correction pour éduquer des éphèbes rebelles ou galvaniser leur propre virilité. Au fil du temps, la fustigation s’est intégrée dans l’éducation, souvent à mauvais escient : la Comtesse de Ségur berce encore nos mémoires des malheurs de ses petites filles pas modèles et de ce fait, vivement châtiées dans ses ouvrages. Jean Jacques Rousseau, aussi, évoquait avec pudeur ce qu’il nommait simplement « la punition des enfants » dans ses Confessions. Et beaucoup d’entre nous avons quelque souvenir cuisant de cette sanction. Les précepteurs de toute obédience ont longtemps considéré ce moyen comme particulièrement efficace en termes d’éducation. Mais comme le dit si bien Jacques Serguine, l’un des meilleurs stylistes littéraires de la fessée : « … en aucun cas et sous aucun prétexte il ne faut fesser les enfants. Et pourquoi cela ? Et bien tout d’abord par manque de place. Leurs derrières, au demeurant fort gracieux, sont encore si petits, voyez-vous. Ensuite parce que cela leur fait mal (…) » Ceci étant posé, tournons la page de la mauvaise éducation pour explorer le chapitre des fessées amoureuses entre adultes consentants.
« La fessée n'est pas une perversion, mais un simple fétichisme, un jeu sexuel joyeux et assez innocent pour des couples cherchant à pimenter leur vie intime », déclare Olivier, maître fesseur, qui distribue des punitions à des dames désobéissantes pour des messieurs voyeurs en général. Piment, jeu, couple… Ces trois mots définissent bien la fessée telle que la vivent les « lovers » de toutes trempes. D’abord la flagellation possède un petit accent britannique tant elle est considérée comme typiquement « and so british ». Ses rituels seraient la véritable tasse de thé des anglo-saxons qui ont donné leur nom à la pratique à savoir l’Education anglaise En fait, il faut jouir d’une certaine maturité sexuelle pour parvenir à aimer cette correction. La différence se situe dans notre capacité à demander et accepter, bref, consentir. Par ailleurs, on parle de « donner et recevoir » une fessée, termes évoquant le cadeau ce qui l’éloigne un peu plus encore du phénomène très dérangeant de la personne battue.
En collaboration avec Fannette Duclair

Vie privée
Culture & Société








Classer par : Tous les commentaires | Les commentaires recommandés par les internautes
Commentaire le plus recommandé
blablabla - le 27 avril 2010 à 18h12 - Recommandé par 1 lecteur
Commentaires les plus récents
fouz - le 25 juillet 2010 à 22h27 - Recommandé par 0 lecteur
Misterx - le 25 juillet 2010 à 22h14 - Recommandé par 0 lecteur