Ballerines du Caire : quand les Égyptiennes se réapproprient les rues en dansant

Ballerinas of Cairo : quand les Égyptiennes se réapproprient les rues en dansant
Ballerinas of Cairo : quand les Égyptiennes se réapproprient les rues en dansant
Avec sa série "Ballerines du Caire", le photographe Mohamed Taher invite les femmes égyptiennes à se libérer de leur peur du harcèlement et à prendre conscience que l'espace urbain est aussi à elles.
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"La onzième plaie d'Égypte". C'est ainsi que Le Monde titrait en 2013 un article consacré au harcèlement sexuel dans le pays. Fléau endémique, il touche, selon un rapport de l'ONU publié en 2013, l'ensemble de la population féminine égyptienne. 99,3% des femmes interrogées ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel "sous quelques forme que ce soit", dans la rue, dans les transports en commun ou sur leur lieu de travail.

Cette peur de sortir, d'utiliser les transports en commun du Caire – où les hommes dominent par le nombre – freine les Égyptiennes. Par crainte d'être importunées, harcelées, violentées, ces dernières ont délaissé l'espace urbain pour se réfugier dans la sécurité de leurs foyers.

Pourtant, la rue leur appartient à elles aussi. C'est ce qu'a voulu rappeler le photographe Mohamed Taher avec son projet "Ballerines du Caire". Ses photos, magnifiques, ne sont pas seulement à vocation esthétique. Elles sont une invitation aux Cairotes de reprendre possession de cet espace, et de ne pas avoir peur de se déplacer librement dans les rues de la ville. On y voit des jeunes femmes chaussées de pointes danser sur les pavés devant le regard, parfois incrédule, de passants.

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Interrogé par le Huffington Post US, Mohamed Taher explique que son projet a immédiatement suscité l'engouement. "Nous avons eu beaucoup de commentaires de filles disant qu'elles voulaient participer, elles étaient très enthousiastes à ce sujet."

"Elles veulent danser dans la rue. Elles veulent se sentir libres. Elles veulent avoir ce sentiment d'être à nouveau dans la rue, de simplement y marcher" sans avoir peur.

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Au début du mois de janvier, le Parlement égyptien a voté des sanctions plus sévères à l'encontre des auteurs de harcèlement sexuel. Auparavant passibles d'une peine de prison d'un an, ils encourent désormais le double. Ils devront aussi s'acquitter d'une amende de 10 000 livres égyptiennes (contre 5 000 auparavant).

Mais, selon Hala Mostafa militante et co-fondatrice du mouvement "I Saw Harrassment", ces nouvelles mesures ne pourront suffire à endiguer le phénomène du harcèlement sexuel. "L'Égypte ne manque pas de lois et n'a pas besoin de peines plus sévères, a-t-elle déclaré au site Al-Monitor. L'Égypte n'a pas de volonté politique et sociale" pour stopper le harcèlement.

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