Le management féminin, une autre façon de diriger ?

Manager au féminin
Manager au féminin
Gérer, manager, présider. Derrière ces termes, à connotation souvent masculine, sont associées des fonctions hiérarchiquement hauts placées. Mais aujourd'hui dans le monde du travail, les femmes tendent, elles aussi, à accéder de plus en plus à des postes à responsabilités. Si elles sont de plus en plus nombreuses à diriger, existe-t-il pour autant un "management au féminin" ?
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Le management a-t-il un sexe ? La question peut paraître étrange mais mérite d'être posée à l'heure où la parité entre hommes et femmes cherche à s'équilibrer. Si 30 % d'entre elles sont d'ailleurs chefs d'entreprise, une majorité d'hommes occupe encore aujourd'hui les postes à responsabilités.

Ainsi, les qualités jugées plus "humaines" -telles que le sens de l'écoute, l'intérêt collectif, l'empathie ou encore la considération de l'autre- sont plus généralement attribuées à des managers féminins que masculins. Des atouts pour diriger des effectifs. Les modes de management évoluant, (re)considérer le rôle des femmes en entreprise pourrait s'avérer positif. Plus sollicitées, elles endossent désormais trois rôles : celui de mère, de femme et de femme active. Et si cette triple casquette pourrait peser sur leur vie professionnelle, elles montrent leur capacité à s'affirmer sur tous les fronts.

La nécessité d'être performante

On estime aujourd'hui qu'à niveau de diplôme équivalent, les femmes se retrouvent souvent moins bien loties que les hommes. Des études le montrent, elles ont conscience du jugement qui est porté sur elles et se sentent parfois davantage suiveuses que leader. C'est pourquoi la plupart des femmes dirigeantes sont animées par le besoin de prouver ce qu'elles valent à leur entourage professionnel. Elles ont ainsi compris que pour se hisser au même niveau que leurs homologues masculins, il est nécessaire de se surpasser et de se montrer plus performantes qu'eux de manière à être remarquées.

Comme leurs compétences sont malheureusement scrutées, elles savent aussi qu'elles se doivent de faire "mieux" que les hommes et ont tendance à développer ainsi un sens de la rigueur, du courage et de la détermination plus importants que ces derniers. Une pression qui, à nouveau, ne constitue pas un handicap pour elles, mais au contraire une vertu. Et les pousserait à être plus productives, efficaces tout en leur évitant de commettre des erreurs.

Des qualités différentes des hommes

Plus désintéressées des hautes fonctions que leurs homologues masculins, elles privilégient ainsi l'intérêt collectif de l'entreprise à leur propre intérêt individuel. Également plus sensibles et plus consensuelles, elles tendent à répartir de manière équitable les tâches et attribuent le mérite d'un projet à l'ensemble de leurs effectifs. Leur façon de travailler serait par ailleurs plus transparente et engloberait plus les employés dans la réussite commune d'un objectif.

Le management au féminin se présenterait donc comme une alternative au management classique, encore majoritairement dominé par les hommes. Si elle reste relativement peu développée en raison du manque de femmes présentes dans les postes à hautes responsabilités, cette façon de diriger constitue un mode de gestion salutaire dans un monde du travail en constante mutation.

L'éclairage de Meryl Job, fondatrice de Videdressing.com

À 35 ans, l'Américaine Meryl Job est déjà une grande entrepreneuse. Après un passage chez Chanel, elle cofonde en décembre 2009 le site Videdressing.com, le premier site de shopping communautaire dédié à la mode.

Meryl Job, fondatrice de videdressing.com.
Meryl Job, fondatrice de videdressing.com.

Terrafemina : Existe-t-il selon vous un management au féminin dans les entreprises ?

Meryl Job : Je ne crois pas à l'existence d'un management au féminin. Parle-t-on d'un management masculin ? Si différence il y a : je pense qu'elle est plus liée à l'éducation, le caractère de la personne et à l'environnement dans lequel nous évoluons. L'existence d'un "management féminin" est surtout liée aux stéréotypes et aux préjugés. C'est pourquoi la mixité dans les entreprises est primordiale pour rompre avec ces stéréotypes.

Comment managez-vous vos effectifs ?

M.J. : J'ai un style de management qui repose sur trois principes : efficacité, confiance, exigence. Je m'entoure d'une équipe créative, talentueuse, rigoureuse et travailleuse, capable de prendre des initiatives et d'être force de proposition. Ma mission consiste à insuffler la vision que je souhaite donner à Videdressing. J'encourage mon équipe à faire pareil car la stagnation est la pire des choses pour une start-up web. Il faut donc savoir se remettre en question en permanence, se dépasser, lancer des nouveaux services, des nouvelles offres, conquérir de nouveaux marchés.

VIDÉO : Marie-Christine Oghly, présidente de l'association des femmes chefs d'entreprises en France : "Les femmes sont moins dans le pouvoir, plus dans l'action".

Marie-Christine Oghly, présidente de l'Association des Chefs d'Entreprises Femmes.

Bastien Morel et Guillaume Genet.

Dossier réalisé en partenariat avec les étudiants de l'Institut européen de journalisme.