Les femmes ne veulent pas la place de leur manager

Les femmes ne veulent pas la place de leur manager
Les femmes ne veulent pas la place de leur manager
Au dernier jour du Women's Forum de Deauville, un sondage CSA pour Madame Figaro en partenariat avec BFM-TV dévoile que 75% des femmes actives ne veulent pas prendre la place de leur supérieur.
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Crise de l'emploi oblige, on pourrait s’attendre à voir l’image du manager écornée et pourtant. Selon un sondage CSA commandé par Madame Figaro avec BFM-TV, 61% des Français sont satisfaits de leur supérieur. Pourtant, à la question « Prendriez-vous la place de votre supérieur hiérarchique direct ? », 75% des femmes répondent non contre 65% chez les hommes.

Le management est-il fragilisé par la crise ?

Au-delà du poste de manager, qui rebuterait ainsi 75% des femmes, se pose la question de la place du travail dans notre société, et la part de notre vie qui lui est accordée. L’on pourra aisément débattre de la ou des raisons de ce résultat de sondage. S’agit-il d’une peur de management ? Une difficulté d’adaptation aux codes managériaux ? Le domaine de réflexion est vaste, comme le montre la place omniprésente de la question du travail parmi les sociologues. Vincent de Gaulejac, directeur du Laboratoire de changement social à l’université Paris-Diderot explique : le travail « est devenu lieu de liberté et de contrôle exacerbé. D’envie de réussir et de souffrances. (…) L’idée que plus on grimpe, mieux c’est, ne va plus de soi. Notamment parce que chacun sait que le manager est aussi en tension entre une demande de protection de ses salariés et une avalanche d’injonction venues de ses directions nationales ou internationales ».

Les femmes veulent manager différemment

À défaut de se précipiter sur le siège de manager, les femmes se posent des questions sur la nature du pouvoir de manager. Elles oscillent entre l'envie de créer un nouveau modèle et celle de percer avec des méthodes de management classique. Selon le philosophe Charles Pépin auteur de « Qu’est-ce qu’avoir du pouvoir ? », les hommes fonctionnent avec le principe « quand on veut on peut, et il faut vouloir encore plus ». Les femmes seraient plus enclines à fédérer des envies autour d’un projet professionnel plutôt que de fixer des objectifs absolu.

Pour Vivianne de Beaufort, professeure à l’ESSEC, les femmes ont peur de l’isolement au sommet de la pyramide hiérarchique. Cette spécialiste des questions de gouvernance a de fait présenté une étude internationale pertinente au Women’s Forum intitulée « Femmes et pouvoir, tabou ou modèle de gouvernance ? ». Elle met la lumière sur un désir de leadership à plusieurs têtes, avec un fort accent sur les solidarités collectives et transformations au sein de l’entreprise. Une analyse qui donne peut-être la clé d’un nouveau management, qui amorcera l’envie de diriger parmi les femmes actives en entreprises.

Salima Bahia

Crédit photo : iStockphoto

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