« Être femme au travail », manuel de navigation en terres masculines

« Être femme au travail », manuel de navigation en terres masculines
Rédactrice en chef du journal « Elle », Anne-Cécile Sarfati nous livre un guide de la réussite au féminin. « Être femme au travail » (éd. Odile Jacob) est une somme des stratégies et bonnes pratiques susceptibles d'aider les femmes, jeunes et moins jeunes, à naviguer au mieux dans des entreprises masculines dont elles n'ont pas intégré tous les codes. Utile !


Les coachs, les consultants, les réseaux féminins se multiplient, parallèlement aux efforts de certaines entreprises (qui y font également appel) pour faciliter l’intégration des femmes dans le monde du travail et la réalisation de leurs ambitions croissantes freinées par des blocages culturels et organisationnels.  
Anne Cécile Sarfati*, rédactrice en chef du journal « Elle », a fait une synthèse des recommandations prodiguées par les multiples professionnels qui jouent les anges gardiens des femmes et qu’elle a rencontrés ou lus.  Elle les cite abondamment. L’ouvrage balaye successivement  l’ensemble des situations qui peuvent être vécues, depuis les tentatives pour approcher une entreprise jusqu’au moment du départ : de l’entretien d’embauche à la rupture, en passant par l’accès aux promotions , les grossesses, le management des équipes et des chefs de tout poil et de tout tempérament, le leadership, les relations intimes au travail, les conflits, le dress-code et le maquillage ad hoc, la valorisation de son image sur Internet… pour n’en citer que quelques uns.

Réfléchir avant d’agir, connaître les codes, mais ne jamais accepter l’inacceptable
Chaque situation est décortiquée dans le détail : d’abord le contexte qu’il faut bien maîtriser avant de décider, et les comportements à adopter. Ainsi la section « Être promue sans passer pour une tueuse » (suivie par « Refuser une promotion sans passer pour une perdante ») rappelle les règles de promotion dans l’entreprise, qui n’ont rien à voir avec les bons points à l’école ; la nécessité de bien connaître les relations de pouvoir dans sa propre entreprise (qui prend les décisions, qui est promu et peut servir de modèle ?) ; le fait que « le pouvoir peut se prendre » ;  la façon de faire savoir qu’on est intéressée par des responsabilités, après avoir fait ses preuves évidemment, et en montrant qu’on est capable de faire plus que ce que nécessite le job actuel. En gardant toujours à l’esprit ses objectifs, ses valeurs, l’équilibre de vie recherché pour ne pas tout accepter.

À quand un manuel pour les entreprises sur les codes des nouvelles générations ?
Structuré, opérationnel, ce livre outil est agréable à lire, ce qui ne veut pas dire qu’on doive l’absorber d’un seul trait. L’auteure le déconseille d’ailleurs. Il vaut mieux le laisser dans un tiroir accessible de son bureau et le consulter au coup par coup. Il s’adresse évidemment aux femmes en priorité mais les hommes pourraient en tirer profit, soit parce que de nombreuses situations sont vécues par les deux sexes, soit parce qu’ils comprendraient mieux les difficultés actuelles des femmes.
Mais il s’agit encore et toujours d’apprendre aux femmes à s’adapter à l’entreprise. À quand le manuel pour les entreprises, pour qu’elles s’adaptent à leur tour. Pour recruter et retenir les talents, elles vont d’ailleurs être obligées de le faire en profondeur (pour l’instant elles en parlent beaucoup), et pas seulement en fonction des femmes mais tout autant en fonction des hommes de la génération des 25 ans (génération Y et bientôt sans doute X) qui veulent la mixité, l’égalité et qui ne se reconnaissent ni dans les quinquas, ni dans les quadras, chefs ou pas.

« Être femme au travail », Odile Jacob, 2011

*co-auteure avec Hervé Gattegno de « Femmes au pouvoir, récits et confidences » éd Stock. 2007

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