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Par   -  Publié le 27 janvier 2012
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Black Fashion Power : Audrey Pulvar dénonce un « papier de merde »

En signant cet article titré « Black Fashion Power », la journaliste Nathalie Dolivo ne s’attendait certainement pas à déclencher la fureur de centaines d’internautes et de personnalités telles que Sonia Rolland, Inna Modja ou encore Audrey Pulvar. En cause, une succession de clichés et de généralisations à la limite du racisme ordinaire.
Black Fashion Power : Audrey Pulvar dénonce un « papier de merde »


Un article « raciste », accumulant les « généralisations douteuses » et les « stéréotypes dépassés ». En France, comme outre-Atlantique, l’article « Black Fashion Power », publié dans le magazine Elle du 13 janvier puis sur le site Internet, est l’objet depuis plusieurs jours, d’un buzz négatif sur la toile. Et pour cause, dans ce billet cherchant à décrypter le style vestimentaire des femmes afro-américaines, la journaliste, Nathalie Dolivo, ne propose qu’une succession de raccourcis, approximations et maladresses. Affirmant que le look est devenu « une arme politique » pour la « communauté afro », elle y voit « l’effet du couple Obama ».

« Dans cette Amérique dirigée pour la première fois par un président noir, le chic est devenu une option plausible pour une communauté jusque-là arrimée à ses codes streetwear », affirme-t-elle. Avant de poursuivre : « en 2012, la « black-geoisie » a intégré tous les codes blancs (…) avec une référence ethnique. » Évoquant les racines vestimentaires de la communauté noire, Nathalie Dolivo cite alors « un boubou en wax, un collier coquillage, une créole de rappeur ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher la fureur de centaines d’internautes, de bloggeuses mode et beauté mais aussi de multiples personnalités d’origine afro-antillaise. En effet, dès la publication de ce billet sur la toile, l’ex-miss France Sonia Rolland exigeait des excuses par le biais de son compte Twitter tandis que, sur sa page Facebook, la jeune chanteuse Inna Modja se disait « offensée ».

Des excuses… tardives
Devant l’avalanche de commentaires (plus de 800 mercredi), le magazine a finalement décidé de retirer cet article controversé et de présenter des excuses. « Si cet article a pu choquer ou blesser certaines personnes, nous en sommes profondément désolés, car ce n'était nullement notre intention, au contraire. Nous regrettons vivement ce malentendu. Le débat a néanmoins été lancé et il va nous permettre d'enrichir notre travail journalistique », écrivait ainsi, mercredi, Valérie Toranian, directrice de la rédaction de Elle, tandis que Nathalie Dolivo, tentait elle aussi de rectifier le tir. « Depuis la parution en ligne sur le Elle.fr de mon papier titré « Black fashion power », les commentaires sont nombreux. (…) J’en suis extrêmement peinée car ils relèvent pour moi du contresens. Ils témoignent en tout cas d’un profond malentendu dont je suis tout à fait désolée. Le propos n’était pas de choquer, de blesser ou de stigmatiser qui que ce soit. Je n’ai à aucun moment voulu heurter quiconque. Encore une fois j’en suis sincèrement désolée. Tout ce malentendu nous prouve qu'il faut poursuivre le débat, échanger, être à l’écoute. »

Mais le mal était fait. Pour preuve, hier encore, dans son billet lors du « 6/7 » de France Inter, la journaliste Audrey Pulvar évoque un « article dont la bêtise et l’inanité ne tarderont pas à servir de modèle du genre ‘papier de merde’ dans les écoles de journalisme ». Au sujet du lien présumé entre la présidence Obama et le style vestimentaire de la communauté noire, elle lance : « Voilà qui fera plaisir (...) à des cohortes de noirs, femmes, et hommes (...) Ont-ils attendu le couple Obama pour mettre au placard la ceinture de bananes et les soutiens-gorge en noix de coco ? » Enfin, s’agissant de l’intégration « codes blancs » et la persistance des « racines », la polémiste de « On n’est pas couché » s’interroge : « De quelles racines parle-t-on exactement pour des noirs présents depuis quatre siècles sur le continent nord-américain ? » Visiblement, il faudra plus que de simples excuses pour faire oublier cet impair…

Écouter le billet d’Audrey Pulvar :



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19 commentaires

country33 - 27/01/12 16:37
Moi ce qui me fait bondir c'est que d'un côté des journalistes se permettent vraiment tout et d'un autre on musèle certaines vérités.
angelabeille - 27/01/12 17:03
Est ce vraiment si grave ? Elle a dû faire cela pour faire du Buzz sur son nom... maintenant les journalistes s'amusent a cela aussi... enfin bon....
ysabella - 27/01/12 17:21
Oui c'est grave! A mon avis, à ce niveau, cela ne relève pas du contresens mais bien d'une vision tronquée et de clichés navrants! Comment ne pas être conscient à ce point de la portée de ce que l'on écrit. Pour une "journaliste" c'est ennuyeux! Audrey Pulvar a raison: voici un bon exemple d'article à ne pas écrire.
rosemary - 28/01/12 15:15
oui, y en a qui aiment enfoncer et enfoncer certains artistes et ne supportent pas quand c'est leur tour ensuite.
Cornelia - 28/01/12 16:34
est ce vraiment important la couleur de peau???
exhine - 28/01/12 16:47
Soit la dame est raciste ou lobotomisée de clichés infondés et stupides, soit elle est un peu niaise ou très mauvaise en français. Si elle n'a pas voulu exprimer ce qu'on a compris à la lecture de son article, elle devrait changer de métier et prendre des leçons. En résumé, elle doit être virée pour incompétence ou pour racisme. Comme je n'imagine pas un journal garder une incompétente à sa tête, les lectrices pourront comprendre que cette revue est raciste si elle garde son poste.
Cornelia - 28/01/12 17:17
il faut de tout pour faire un monde:les blancs,les noirs,les rouges,les jaunes,les métisses,les bons,les mauvais,les gentils,les méchants,les riches,les pauvres,les heureux,les malheureux.
Do_madhyra - 28/01/12 23:29
Cornelia : bon/mauvais ; gentil/méchant ; riche/pauvre ; heureux/malheureux et blanc/noir, rouge, jaune, métise ?! Tu est désolé(e) pour ce contresens je présume ? Mais ton commentaire laisse entendre qu'il y a comme un antagonisme selon la couleur de peau... Quoi qu'il en soit OUI qu'un magazine comme Elle laisse passer un tel article est grave ! Avez-vous (Ange et Cornelia) compris qu'il est écrit que les noirs "commencent à s'habiller" comme les blancs. Cela vous semble normal ou du moins pas si grave ? Les filles qui portent des mini-jupes sont toutes des salopes et les noirs sont tous en boubou quand ils ne se promènent pas nus ! Nos journalistes peuvent dire ce genre d'âneries sans que nous réagissions ? Merci Mr & Mme Obama sans vous la communauté noires n'aurait jamais connu le costume ou le tailleur ! Et vous rien ne vous choquent ? Mais c'est en véhiculant encore et encore, des siècles et des siècles plus tard, ce genre de préjugés et de poncifs idiots que l'on dresse les peuples les uns contre les autres, que l'intolérance croît et que le racisme primaire perdure :-(
Cornelia - 29/01/12 10:31
@Do_Madhyra : On ne peut objectivement pas nier qu'il y ait des différences parmi les humains, tout dépend de ce qu'on veut en faire. Je suis effectivement triste qu'on en utilise la plus facilement détectable mais en même temps la moins pertinente (la couleur de la peau), pour ranger les personnes dans des tiroirs et cimenter des préjugés. Dans le même registre, la physiognomonie, la graphologie et d'autres conneries hélas de plus en plus en vogue (aussi un signe de l'appauvrissement d'esprit de nos temps?). Je l'ai vécu et je continue à le vivre moi-même. Le racisme trouve souvent ses racines dans l'ignorance et la paresse d'en sortir. Et souvent aussi il est tacitement accepté car il permet à certaines personnes de se mettre à abris d'une possible concurrence. Quand je révèle mon métier dans un milieu blanc je récolte souvent des sourires jaunes et du faux intérêt, malgré formation, diplômes et travail visible. Et dans le milieu noir on s'exclame qu'on dirait que mon travail était fait par une blanche. Dans le premier milieu, à la base un complexe de supériorité, dans le deuxième un complexe d'infériorité. Face à un pareil constat, malheureusement il n'y a donc rien de nouveau et d'étonnant pour moi dans un article où une journaliste du premier milieu se réjouit des "progrès" vestimentaires du deuxième milieu...
exhine - 29/01/12 12:54
Ce n'est pas parce qu'il n'y a rien de nouveau ou d'étonnant qu'il ne faut pas que ça cesse. Quand une habitude est mauvaise, il faut l'abandonner.
Do_madhyra - 29/01/12 20:51
Oui il y a des différence entre les "individus" et heureusement, mais pas entre les "races" (notion scientifiquement très controversé)car nous sommes tous des homo-sapiens ! Mais là n'est pas la question. Ma remarque était, que tu n'as pas mis en opposition petit/grand, cheveux lisses/cheveux crépus, gros/maigre qui sont la des oppositions pour reprendre ton expression "facilement détectable" puisque visuelles. Mais des oppositions connotées en commençant par bon/mauvais !! Tu demandes si la couleur de peau est importante, non ; tu dis qu'il faut de tout pour faire un monde, oui. Cela veut-il dire que nous devons laisser perdurer les préjugés véhiculés par cet article ? Comme dit sieur Exhine lorsqu'une habitude est mauvaise, il faut l'abandonner ;-)
ysabella - 30/01/12 00:06
Franchement ce sont des discours que je ne comprends pas ! J'ai ou j'ai eu des amis chinois, syriens, antillais etc jamais , depuis que je suis enfant je ne me suis jamais posé la question de la race. Je ne vois même pas la couleur de peau; cette notion n'existe pas pour moi. Lorsque je parle à quelqu'un je ne m'adresse qu'à un être humain.Alors oui, je rejoins Do dans ses commentaires; on ne peut laisser passer ce gente d'article qui véhicule un racisme primaire qu'il faut combattre.
sequoia - 30/01/12 14:41
Je trouve que l'article de Elle est surtout une illustration du superficialisme de la presse dite féminine. Tout est vu par le petit bout de la lorgnette, les lectrices sont supposées ne s'intéresser qu'à la mode et au petit monde des "people".Moi, c'est en tant que femme que je me sens méprisée par ce type de presse. Comme dit la revue féministe "Causette", "on nous prend pour des quiches" !
jeanne-flo - 31/01/12 20:26
C'était sans aucun doute de mauvais goût , je ne vois pas ce que l'élégance à a voir avec la couleur des gens , que l'on puisse comparer les modes selon les pays pour voir les tendances par rapport aux cultures est une chose qui semble logique , mais c'était plutôt maladroit et indélicat d'écrire un article de la sorte à mon avis .
Pullman - 31/01/12 21:31
Il est sans doute impératif pour nous tous de faire un travail sur soi. Et apprendre à reconnaitre et démonter les mécanismes qui véhiculent des aprioris. Que ces aprioris s'expriment au travers d'articles, d'actes, de discours, ou tout autre chose....... La bonne foi et/ou l'intention de l'auteur n'ont pas à être mis en doute. Seul la compréhension du mécanisme compte. c'est à dire comment par l'utilisation de tels mots, de tel exemple, de tels objets, de la structure de mon discours je conforte une idée fausse déjà bien répandue....... Cornélia a raison, lorsqu'elle dit "il n'y a donc rien de nouveau et d'étonnant pour moi dans un article où une journaliste du premier milieu se réjouit des "progrès" vestimentaires du deuxième milieu…" En disant, "ils font des progrès grâce à… c'est formidable, j'adore" on conforte l'idée qu'il existe une différence et que l'un et l'autre ne sont pas égaux.
Do_madhyra - 03/02/12 22:46
Bien sûr qu'il y a des différences et cette diversité est non seulement une richesse mais une nécessité pour la survie de la "race" humaine. Ce qu'il faut combattre ce n'est pas le fait de parler de ces différences, pour certaines visibles à l'oeil nu. Mais bien tous les préjugés "hierarchisants" ces différences, en démontant leurs mécanismes comme dit Pullman ! Séquoia, tu imagines ce que ressent alors une femme noire, prise non seulement pour une quiche (en tant que femme) mais de plus pour une quiche rétrograde, arriérée, voir empétrée dans son sentiment d'infériorité qui ne lui permettait pas d'envisager le style "chic", apanage de la blanche plus évoluée :-(
omaha - 06/02/12 20:08
Quand on est journaliste on ne peut pas dire tout et n’importe quoi meme si on se defend de la liberté d’expression
franmic64 - 08/02/12 21:59
Même lorsque l'on a du tempérament, on pèse ses mots, quelle éducation... tout à refaire!
doomi972 - 27/03/12 20:55
La journaliste n'a même pas été virée et n'a même pas été sanctionné la preuve que même si ils on fait des excuses, ils sont d'accord avec ce quel à écrit

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