Société
Les conseils de Nicki Minaj aux femmes prisonnières d'une relation toxique
Publié le 3 septembre 2019 à 16:53
Nicki Minaj est de ces figures "pop" qui usent de leur influence pour relayer des discours essentiels. La preuve avec ce thread où elle s'adresse avec éloquence aux femmes prisonnières d'une relation toxique.
Nicki Minaj prêche la bonne parole sur Twitter. Nicki Minaj prêche la bonne parole sur Twitter.

"Nous l'avons tous vécu", dit-elle sans détour. Le sujet auquel Nicki Minaj a consacré un très intimiste thread ce 1er septembre n'est pas le plus évident de tous : les relations toxiques. Sur Twitter, la rappeuse a développé toute une réflexion auprès de ses quelques vingt millions de followers. Un discours en forme d'introspection, à la fois émouvante et juste. "J'ai vu mes parents se disputer et se disputer sans arrêt et ne jamais divorcer, alors j'ai pensé que c'était un comportement normal", écrit-elle... Mais non. Rien de très "normal" dans cette toxicité beaucoup trop banalisée.

Et c'est cette prise de conscience, également due à sa propre expérience, qu'elle est venue partager à ses fans. "Lorsque vous voyez une femme prisonnière d'une relation toxique, plutôt que de rire et de dire des choses mesquines, essayez de lui apporter des conseils judicieux", développe-t-elle. Mais cette tribune sororale, relayée plus de 20 000 fois en l'espace de deux jours, ne se contente pas d'être un simple message d'alerte.

Une ode à l'estime de soi

C'est effectivement sous le signe du thread qui sensibilise que se place d'abord son monologue. La chanteuse d'Anaconda y détaille son petit précis des masculinités toxiques. Vous savez, ce mec qui prétend vous aimer mais qui, surtout, "vous humilie sur les médias sociaux, vous bat, vous trompe, vous rabaisse, planque votre téléphone", énumère vigoureusement l'artiste. L'idéal au passage pour renverser cet imaginaire prétendument "romantique" - et avant tout dangereux - que l'on associe trop aisément aux relations sentimentales. Ce fantasme selon lequel amour et violence constitueraient le socle d'une relation "normale", justement.

"J'avais l'habitude de penser que l'amour devait faire mal", déplore en effet la chanteuse. Elle avait même "peur" de parler. Ne se sentait pas en sécurité pour le faire. Ni tout à fait aimée. Puis elle a compris que, non, les pervers narcissiques, et autres garçons toxiques, ne sont en rien des Don Juan idylliques.

"Ce n'est pas facile de partir. Mais un homme devrait vous faire sentir en sécurité, et non vous faire peur", avance-t-elle en prônant ensuite le maître-mot de son discours solidaire : l'amour de soi. Une estime de soi mise à mal. Maltraitée. Et pourtant si fondamentale. "Je devais d'abord apprendre à m'aimer MOI-MÊME", témoigne-t-elle avant d'achever : "si vous ne laissez pas un homme traiter votre mère, votre soeur ou votre meilleur ami de la sorte, car vous les aimez, alors vous ne devez pas le laisser vous traiter de la même manière". En somme, si l'amour de soi est source d'empowerment, cette estime s'avère être avant tout nécessaire à notre santé, mentale et physique. Et ces mots, aussi libérateurs que positifs, ont engendré toute une salve d'approbations numériques.

"Une chose que les gens doivent savoir, c'est que la violence n'est pas normale dans une relation", soutien un jeune internaute. Et une autre d'épiloguer : "C'est tellement vrai, personne ne mérite d'être abusé mentalement ou physiquement. Quand quelqu'un est toxique, vous devez vous en aller. En tant que personnes, nous avons toutes un putain d'amour à donner, mais si vous n'êtes pas heureuse, partez. Vous savez, quand quelqu'un vous blesse, et vous leur donnez une chance, et il vous blesse, encore et encore, et il sait qu'il peut s'en tirer... la pire blessure est mentale". Preuve en est que sur Twitter, la parole n'en finit jamais de se libérer.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Mots clés
Société News essentielles people Violences couple Violences conjugales femmes réseaux sociaux twitter musique
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