Fukushima : des singes pour mesurer la radioactivité des zones contaminées

Fukushima : des singes pour mesurer la radioactivité des zones contaminées
Fukushima : des singes pour mesurer la radioactivité des zones contaminées
Un ouvrage gigantesque d'assainissement des zones contaminées attend les autorités japonaises, après le difficile refroidissement des réacteurs de la centrale de Fukushima. Le Parisien révèle que des singes dotés d'instruments de mesure vont être envoyés sur place pour que puisse être dressée une carte détaillée de la radioactivité.
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La centrale nucléaire de Fukushima est entourée sur des kilomètres à la ronde de zones hautement contaminées, principalement des forêts, qui couvrent 71% de la préfecture nippone. Le Parisien révèle que des singes et des sangliers vont être dotés d’instruments de mesure et envoyés dans ces zones inaccessibles en mars, pour permettre aux scientifiques de dresser une carte détaillée de la radioactivité. C’est l’Université de Fukushima qui a décidé d’équiper ces cobayes de GPS, de dosimètres et de compteurs Geiger. Une première tentative avec des primates dotés de bracelets électroniques avait échoué en octobre dernier, le matériel n’ayant pas pu être récupéré. Le recours à ces animaux sauvages, exposés à un risque évident de contamination, a pour but de compléter les données recueillies par hélicoptère et avion sur cette zone devenue un no man’s land.

Les scientifiques espèrent déterminer avec précision le degré de radioactivité des forêts entourant Fukushima. Interrogé par le journal, Roland Desbordes, le président de la Commission de recherche indépendante sur la radioactivité (Criirad) parle de contamination « sous forme de taches de léopard » dans les forêts, en raison de la dispersion des particules par le vent et la pluie. « La contamination au césium des forêts menace donc d’affecter à terme l’agriculture, la pêche et même les zones résidentielles situées à proximité », renchérit le vice-président de l’Université de Fukushima, Takayuki Takahashi, interrogé par le quotidien. Un ouvrage gigantesque attend les autorités japonaises, avec le démantèlement de la centrale sur des décennies, et un vaste plan de décontamination des localités touchées de près ou de loin par la radioactivité pour permettre à terme le retour de 80 000 habitants.

Élodie Vergelati

(Source : Le Parisien du 20/02/12)
Crédit photo : criirad.org / En arrière-plan , la centrale nucléaire de Fukushima, 30 mars 2011.

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