Armée : une femme-matelot porte plainte pour harcèlement sexuel

Armée : une femme-matelot porte plainte pour harcèlement sexuel
Armée : une femme-matelot porte plainte pour harcèlement sexuel
Une jeune femme-matelot de 26 ans a déposé plainte pour harcèlement sexuel et abus d'autorité devant le doyen des juges d'instruction de Metz contre son supérieur hiérarchique, après l’alerte lancée au ministère de la Défense et du Travail par l'Association de défense des droits des militaires (Adefdromil). Jacques Bessy, colonel de gendarmerie et président de l’Adefdromil revient sur cette affaire, une des rares procédures à aboutir au sein de l'armée.
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Terrafemina : Quel est le rôle de l’Adefdromil dans cette affaire ?

Jacques Bessy : Nous avons vocation à défendre les militaires qui connaissent des difficultés. Nous sommes pour le respect des droits des citoyens en uniforme. Il n’y aucune raison pour qu’ils n’aient pas les mêmes droits. Alors, lorsque cette jeune femme nous a contactés, nous avons alerté le ministre de la Défense et du Travail. Car si la loi de 1983 protège les fonctionnaires du harcèlement moral et sexuel, il n'y a rien là-dessus dans le statut général des militaires. Notre seul moyen d’action, c’est le code pénal.

Tf : C’est une première dans le monde militaire…

J.B. : Nous recevons surtout des cas de harcèlement moral. Il faut savoir que 70% des personnels de l'armée sont des contractuels, dont 15 % sont des femmes. Dans cette position, il est plus difficile de réagir lorsque l’on est soumis à des pressions. C’est une première qui aboutit, mais cela ne veut pas dire que ça n’est jamais arrivé. Nous avons publié l’histoire d’une jeune femme qui bien que n’ayant plus aucun recours judiciaire, le délai de prescription étant passé, a choisi de briser le silence.

Tf : Que proposez-vous pour améliorer la situation des militaires ?

J.B. : D’abord, il faut inscrire dans les statuts militaires l’interdiction de harcèlement moral et sexuel. Ensuite, organiser des formations dans les écoles de cadres de l’armée qui permettront de mieux gérer ces situations. Enfin, il faut mettre en place des procédures qui sanctionnent sévèrement ces actes.

Ide Parenty

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