Ask.fm : "l'abject" réseau social déjà boycotté par les annonceurs

Ask.fm : "l'abject" réseau social déjà boycotté par les annonceurs
Ask.fm : "l'abject" réseau social déjà boycotté par les annonceurs
Dans cette photo : David Cameron
Un site « abject ». C'est ainsi que David Cameron qualifie le réseau social Ask.fm, soupçonné d'être à l'origine du suicide de quatre adolescents. Invité ce jeudi sur la chaîne de télévision Sky News, le Premier ministre britannique a appelé au boycott du site, enjoignant les ados à ne pas s'y inscrire.
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C'est une histoire qui est remontée jusque dans les plus hautes sphères politiques britanniques. Hannah Smith, une ado de 14 ans, s'est pendue dans sa chambre à Lutterworth, dans le Leicesterhire, après avoir été victime de cyber-harcèlement. En cause ? Ask.fm, un réseau social créé en 2010 en Lettonie, où des millions d'ados se posent mutuellement des questions et y répondent anonymement. C'est aussi un paradis virtuel pour les harceleurs. Ces derniers, sous couvert d'anonymat, s'en prennent violemment aux jeunes filles qui, elles, se rendent sur le réseau social pour trouver des réponses à leurs questions. C'est après une banale question sur ses problèmes de peau que Hannah s'est retrouvée être la cible de messages humiliants et cruels : « T'es moche, va crever, tout le monde sera content », « Va te suicider», « Fais-nous une faveur, suicide-toi », « Avale de l'eau de Javel », a-t-elle reçu, peu de temps avant de mettre fin à ses jours.
Avant elle, Ciara Pugsley, 15 ans, Erin Gallagher, 13 ans, et Josh Unsworth, 15 ans, s'étaient eux aussi suicidés après avoir reçu des menaces de mort sur le réseau social.

Un appel ferme au boycott

C'en est trop pour le Premier ministre David Cameron, qui a ce jeudi appelé au boycott du réseau social. Invité sur la chaîne britannique Sky News, il a déclaré : « Il y a quelque chose que nous pouvons tous faire en tant que parents et en tant qu'utilisateurs d'internet, c'est de ne pas utiliser certains sites abjects. Boycottez-les, n'y allez pas, ne vous y inscrivez pas. » Il a aussi averti les potentiels harceleurs de représailles judiciaires : « Faire quelque chose en ligne ne vous met pas au-dessus de la loi. Si vous incitez quelqu'un à faire du mal, si vous incitez à la violence, c'est une violation de la loi, que vous soyez en ligne ou pas. »
Le Premier ministre a aussi imputé aux dirigeants de Ask.fm une part de responsabilité dans la mort des quatre adolescents et a appelé à davantage de contrôle. « Les gens qui gèrent ces sites doivent monter au créneau et faire preuve de responsabilité dans la façon dont ils les font fonctionner », a-t-il dit, avant d'ajouter : « Je suis tout à fait disposé à examiner toutes les actions à prendre pour essayer d'empêcher de futures tragédies comme celle-ci. »

Les annonceurs se retirent de Ask.fm

Mardi, un porte-parole de Ask.fm s'est fendu d'un communiqué, dans lequel il qualifié le décès de Hannah de « véritable tragédie » et précisant que davantage de contrôle sera désormais opéré sur le site par l'équipe de modérateurs. Ceux-ci retireront et signaleront désormais tout contenu abusif sur le réseau social. « Ask.fm encourage activement nos utilisateurs et leurs parents à rapporter tout acte de harcèlement », a indiqué le porte-parole.
Des déclarations qui n'auront pas suffi à retenir les annonceurs sur le site. Selon le Telegraph, les marques Vodafone, BT Group ou encore Laura Ashley viennent de demander à ce que leurs publicités soient immédiatement retirées de Ask.fm pour que leur nom ne soit pas associé au réseau social controversé.

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