Maltraitance : 6 300 cas de violences physiques envers des enfants par an

Maltraitance : 6 300 cas de violences physiques envers des enfants par an
Maltraitance : 6 300 cas de violences physiques envers des enfants par an
Alors que s'ouvre aujourd'hui dans la Sarthe le procès pour « actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort » des parents de Marina, cette fillette ayant succombé, en 2009, à six ans de maltraitance, des associations dénoncent les lacunes française dans la détection, le suivi et la protection des mineurs victimes de violences, dans le cercle familial.
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11 septembre 2009 : dans le local technique d’une entreprise de la Sarthe, le corps de Marina est découvert dans une caisse en plastique, enroulé d’une dizaine de sacs poubelle et scellé d’une chape de béton. Coups de pieds, de poing, ou assénés avec des sangles de déménagement, bains glacés, maintien de la tête sous l’eau, réclusions à la cave ou au grenier, nue et bâillonnée, privations de nourriture la conduisant à voler des steaks hachés congelés la nuit ; etc. Au bout de six ans, une nuit d’août 2009, ces sévices auront finalement eu raison de cette fillette de 8 ans. Et alors que ses parents seront jugés jusqu’à fin juin aux assises de la Sarthe pour « actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort », des associations pointent les lacunes dans la détection et la protection de ces jeunes victimes.

Et pour cause, s’il existe bien des estimations concernant la maltraitance physique des enfants, il n’en existe aucune donnée fiable. En outre, les dernières disponibles, largement sous-estimées, selon les associations spécialisées, datent de 2006. Elles font état de 6 300 cas de violences physiques par an, auxquels s’ajoutent les négligences lourdes dont seraient victimes plus de 5 000 mineurs. Selon un rapport parlementaire de 2003, chaque année, 400 à 700 décès seraient ainsi liés à la maltraitance. Un chiffre en contradiction avec les estimations des associations. « Les chiffres raisonnables sont de 300 à 350 décès par an, dont une majorité de nourrissons », estime dans les colonnes du Parisien, Martine Brousse, déléguée générale de la Voix de l’Enfant. Quoi qu’il en soit, comme le regrette Marie Derain, Défenseure des enfants, « ce manque d’évaluation ne facilite pas la mise en place de politiques publiques nationales ».

Ces mesures sont d’autant plus difficiles à mettre en place qu’il y a un vrai déni dans notre société, s’agissant de ces affaires de maltraitance. Alors que 2 000 adultes seraient condamnés chaque année, Martine Brousse estime que les travailleurs sociaux ont eux-mêmes parfois tendance à minimiser les faits. « Plutôt que de vexer un parent en lui enlevant l’enfant, on préfère temporiser, quitte à mettre l’enfant en danger », déplore-t-elle. La Défenseure des enfants préfère mettre en cause le manque d’outils de dépistage. « Nos assistantes sociales sont de très bonnes généralistes, mais on aurait besoin de quelques spécialistes », affirme-t-elle tandis que Maître Vanina Padovani, avocate de la Voix de l’Enfant, dénonce « l’étanchéité » entre la protection de l’enfance et l’institution judiciaire, la transmission d’un cas inquiétant pouvant prendre plusieurs mois. Des délais souvent trop longs pour ces petits martyrs pour lesquels chaque minute compte.

(Avec Le Parisien)
Crédit photo : iStockphoto

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