La gastronomie, le bon filon pour s’exporter ?

La gastronomie, le bon filon pour s’exporter ?
Robuchon, Ducasse, Gagnaire ou Fauchon ont conquis les plus belles avenues du monde entier. A l’ère du « bien manger », la cuisine française s’exporte à merveille et les jeunes expats prennent le train en marche. Avec succès.

Quand elle a débarqué à Buenos Aires en 2002, Pauline partait pour un échange universitaire de quelques mois. Une fois acclimatée elle découvre l’appétit des Argentins pour la culture française : « En matière de bons vins, le pays n’a rien à envier aux cépages français, mais les viennoiseries, le pain français ou les macarons -denrée rare ici- sont très appréciés, ainsi que tout le décorum qu’on leur associe. »

« Chez Pauline », dans le quartier de la Recoleta de Buenos Aires, c’est un salon de thé au mobilier de marbre et fer forgé, sur un carrelage noir et blanc, avec des affiches anciennes de Toulouse Lautrec ou de Mistinguett sur les murs. Une déco parisienne pour encadrer un déjeuner à base de quiche lorraine, croque monsieur ou tarte aux légumes,  ou un goûter composé de croissants, pains au chocolat ou tarte Tatin, la starlette française.

La clientèle, à 95% locale, consomme sur place ou achète des thés de qualité  importés du monde entier. La marque fait fureur. Grâce à ce label français, les ventes ont augmenté de 20% en 2009 par rapport à l’année précédente: « je pense en effet que si l’on ne s’expatrie pas avec un contrat français et qu’on a la fibre entrepreneuriale, exploiter la bonne réputation des produits basiques et de l’art de vivre français représente un filon intéressant en Argentine » nous confie-t-elle.

La baguette et le foie-gras, des valeurs sûres


C’est un fait, la gastronomie française s’exporte à merveille dans les capitales étrangères sous forme d’adresses prestigieuses. "L’Atelier" de Joël Robuchon cartonne à Hong Kong après avoir conquis New York et Tokyo ; Pierre Gagnaire a créé l’engouement en ouvrant ses cuisines à Séoul en 2008, et les adresses d’Alain Ducasse à Tokyo –"Beige"-  et Hong Kong –"Spoon"- affichent complet tous les soirs. Sans parler de la réussite de sociétés comme celle d’Ariane Daguin -"d’Artagnan"- qui exportent les bons produits du terroir –ici le Sud-Ouest et ses foie-gras - en Amérique du Nord et ailleurs. Côté épicerie, Fauchon s’est implanté en Corée du Sud et en Chine, et les boulangeries Paul exportent la baguette française avec succès dans le monde entier.

Mais il ne faut pas exagérer le succès de la gastronomie française, selon Carolle Lucas de la Maison des Français à l’Etranger –MFE- , organe dépendant du Ministère des Affaires Etrangères : « Beaucoup ont échoué dans la conquête du goût étranger. Et il ne faut pas oublier nos concurrents sérieux dans ce domaine : l’Italie par exemple. En matière de vin, la France est très concurrencée sur le marché asiatique, par l’Amérique Latine ou l’Australie. »  

Sortir de l’étiquette « luxe »


Crise oblige, la tendance est à la démocratisation pour toucher davantage les moyens revenus et les populations locales. Christian Cuvelier, résident en Asie depuis 1997, cherche désormais à toucher une clientèle chinoise avec « L’épicier », un site de vente en ligne basé à Hong Kong : « Il y a un symbole français d’une cuisine luxueuse et chère ; je ne suis pas d’accord avec cela, j’ai envie que les Chinois puissent connaître le goût français sans tomber forcément dans la haute gastronomie. »

Lapin, veau, camembert, moutarde ou emmenthal, autant de produits hors de prix dans les supermarchés locaux, que Christian Cuvelier propose de livrer à un tarif compétitif. Même constat chez Sophie Monatte, résidente à Hong-Kong, qui vient de lancer « Comme à la Maison », et propose à sa clientèle d’internautes des produits du terroir français : « pour que tout le monde puisse déguster un bon saucisson artisanal ou un coq au vin à un prix raisonnable. »

Si les Français nostalgiques du camembert demeurent la base de la clientèle de Christian et de Sophie, « L’épicier » et « Comme à la Maison » commencent à intéresser les Chinois gourmets, bientôt accros au gigot de 7 heures…



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