DSK, Tron, "rape cops" : Les scandales sexuels se multiplient, le voyeurisme triomphe

DSK, Tron, "rape cops" : Les scandales sexuels se multiplient, le voyeurisme triomphe
Faisons le compte : en l'espace de deux semaines, nous avons eu des scandales sexuels en série, de DSK à Georges Tron, en passant par Arnold Schwarzenegger et ces deux policiers new-yorkais accusés de viols. A l’heure du déballage médiatique, le voyeurisme triomphe et la pudeur, devenue une vertu désuète, tombe aux oubliettes. Le point de vue de notre experte Sophie Bramly.

Dominique Strauss-Kahn a totalisé à lui seul 130.000 unes de quotidiens dans le monde, autant dire que les catastrophes qui ont eu lieu depuis le début de l’année ne valent pas grand chose aux côtés des détails de la vie sexuelle des uns et des autres. Rien ne nous aura été épargné. Nous aurons appris en route que Schwarzenegger aime faire l’amour dans sa voiture, entendu parler du sperme de DSK au journal de 20h, etc.

Que retenir de tout cela ?
Trois choses :
-    La sphère de l’intime est abolie, dorénavant tout est public. L’impudeur des médias livrant en pâture les accusés est venue remplacer la mise à mort (en France, jusqu’en 1939, les exécutions avaient lieu sur la place publique) et le voyeurisme est devenu la paraphilie la plus populaire du monde.
-    Eros a pris le pas sur Thanatos. Les milliers de morts au Japon, en Espagne, en Côte d’Ivoire, au Moyen-Orient, ne pèsent guère face aux pulsions sexuelles (celles des accusés et les nôtres).
-    L’image de la femme qui est véhiculée par les médias est, une fois de plus, celle d’une victime. Sans vouloir minimiser le crime des viols (s’ils ont eu lieu), on est en train, à nouveau, de placer la femme en position de dominée, de diaboliser les uns et de sanctifier les autres, le corps féminin étant à nouveau placé au rang d’objet. On aurait pu au moins saluer le courage d’une jeune femme qui a quitté son village natal d’Afrique, seule avec son enfant pour s’installer dans l’une des plus grandes villes du monde, en apprendre la langue, trouver un emploi… Mais, comme si nous fragilisions le potentiel crime, le portrait de cette femme est uniquement dressé sous l’angle d’un être faible, face à un géant. Soit.

Puisque la campagne pour une meilleure connaissance du clitoris « Osez le clito ! », lancée par l’association Osez le féminisme, approche, osons regarder de plus près quelques questions anthropologiques. Chez certaines espèces de lémuriens, où les femelles dominent les mâles, on constate que le clitoris est très développé. Sans vouloir risquer des conclusions trop hâtives, il est peut-être temps de profiter de cette nouvelle ère de l’Eros dominant en prenant nous aussi une position active par la force d’un clitoris qui est grand comme un phallus, qui lui aussi bande, et que nous avons la modestie de cacher à l’intérieur de nos chairs !

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