Par
Sophie Bramly
- Publié le 8 janvier 2009
3
15
A-t-on le droit d'être sexuellement incorrecte ? Où commence la perversion, et quelles sont les limites? Elements de réponse avec notre spécialiste sexo Sophie Bramly.
Pour pouvoir visionner cette emission, veuillez télécharger le plugin Flash Player disponible en cliquant ici.
Perversions : a-t-on le droit d'être sexuellement incorrecte ?
Selon Freud, est « pervers » tout ce qui sort du cadre stricto sensu de la procréation : s’embrasser, se caresser, jouir même, est pervers. Inventée au XIXe siècle, la « perversion » repose sur le présupposé suivant : il y aurait des actes correspondant à une sexualité médicalement bonne et des actes « pervers » dénotant une sexualité anormale que l’on devrait traiter. Mais qu’est-ce qu’une sexualité anormale ? Les médecins qui mettent au point cette notion, y regroupent des pratiques aussi différentes que le baiser, la masturbation, le goût pour les lingeries sexy, le cunnilingus ou la position en levrette… Pour eux, la « perversion » désigne tout ce qui ne relève pas directement de la fécondation. Bref, si l’on s’en tient à sa définition clinique, la « perversion » regroupe tous les actes procurant du plaisir.
Pour comprendre l’origine de ce fourre-tout absurde, il faut savoir que la « perversion » est inventée pour dépénaliser les pratiques sexuelles… C’est au XIXe siècle que les médecins décident que la régulation de tous les comportements sexuels appartient à leur champ d’action. Jusque là, les femmes libres (sorcières), les homosexuels (sodomites), et les autres déviants étaient traités en criminels. Grâce aux médecins, ils deviennent des malades. A l’origine, la notion de perversion permet donc de dépénaliser des pratiques, qui sont assimilées non plus à des délits – passibles de prison ou de mort – mais à des pathologies, qu’il s’agit désormais de soigner. C’est « socialement plus acceptable », explique le docteur Yves Ferroul. Mais ce n’est pas forcément un progrès. Les médecins ne font guère que remplacer les curés, avec la même fonction sociale : encadrer, contrôler, condamner tout ce qui sort du cadre étroit de la reproduction… Pour donner à leurs théories une apparence scientifique, ils font l’inventaire des plaisirs qu’ils appellent des « désordres » et posent en étalon la seule position sexuelle politiquement correcte : le missionnaire !
Avec la collaboration d’Agnès Giard


Vidéos
Articles
Outils
Tests & Quiz
Communauté











Classer par : Tous les commentaires | Les commentaires recommandés par les internautes
Commentaire le plus recommandé
foulpapin - le 7 mars 2010 à 19h35 - Recommandé par 1 lecteur
Commentaires les plus récents
isa169 - le 3 mars 2010 à 08h13 - Recommandé par 0 lecteur
isa169 - le 15 février 2010 à 21h30 - Recommandé par 1 lecteur