Les enfants ne veulent pas que vous postiez leurs photos sur Facebook, c'est scientifiquement prouvé

Les enfants ne veulent pas apparaître sur Facebook sans leur consentement
Les enfants ne veulent pas apparaître sur Facebook sans leur consentement
Vous avez pris l'habitude de poster des photos de votre progéniture sur les réseaux sociaux ? Mauvaise nouvelle, selon une récente étude menée aux États-Unis, les enfants ne souhaitent pas apparaître sur votre compte Facebook. Du moins, ils aimeraient bien qu'on leur demande leur permission d'abord.
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Le regard que les parents et leurs enfants portent sur les réseaux sociaux et la technologie en général diffère-t-il ? C'est ce qu'une étude menée en commun par les Universités de Washington et du Michigan a cherché à savoir. Sur la plupart des questions, petits et grands étaient d'accord. Téléphoner au volant ? Mal. Ne pas quitter son écran des yeux lorsqu'une personne vous parle ? Mal. Regarder son téléphone à table ? Mal également. Etrangement, c'est au niveau de la protection de la vie privée sur les réseaux sociaux que les avis se sont mis à diverger. Alors qu'on pourrait penser que les enfants sont bien plus à l'aise que nous sur Facebook et autre, ils estiment au contraire que leurs parents n'ont pas à poster des photos d'eux sans leur consentement.

Les chercheurs ont étudié 249 paires de parents/enfants sur quarante États et ont découvert que les pré-ados et ados âgés de 10 à 17 ans "se montraient très préoccupés" par le contenu que leurs géniteurs partageaient sur les réseaux sociaux et dans lesquels ils apparaissaient. En tout, les enfants étaient deux fois plus nombreux que les parents à dire que les adultes ne devraient pas poster de photos, vidéos ou autres informations les concernant sans leur demander leur permission avant.

L'étude rapporte ainsi : "Les enfants interrogés ont rapporté qu'ils trouvaient que ce partage sur les réseaux sociaux était embarrassant. Ils ont également expliqué se sentir frustrés par le fait que leurs parents contribuaient à leur présence en ligne alors qu'on ne leur avait pas demandé leur avis. (...) Nos résultats suggèrent que le besoin des enfants de contrôler leur présence en ligne est sapé par les parents et leur habitude de partager des informations sur les mêmes enfants".

Facebook pour les nuls



Le web garde des traces

Comme le rapporte le New York Times, les premiers bébés Facebook (création du site en 2004) ne sont pas encore entrés dans l'adolescence, mais ils devraient très bientôt commencer à vouloir contrôler leur identité digitale. Par la même occasion, ils se rendront alors bien vite compte que leurs parents ont partagé bon nombre de moments de leur vie sur les réseaux sociaux à une époque où l'on ne protégeait pas forcément son compte. La question se posera alors : les enfants en question seront-ils à l'aise avec ça ou verront-ils cet étalage public comme un problème ? Car on le sait, le web n'oublie rien. Il suffit qu'un compte Facebook ou Instagram ne soit pas paramétré en mode "privé" pour que les photos et vidéos partagées soient visibles par n'importe qui, mais aussi téléchargeables par n'importe qui.

Dernièrement, la Gendarmerie nationale invitait ainsi les parents à réfléchir sur ce qu'ils choisissaient de partager. Car outre les possibles moqueries à l'école et plus grave, le risque d'exposition auprès de possibles prédateurs sexuels, c'est aussi la vie de privée de l'enfant qui entre en jeu. Stacey Steinberg, directrice du Centre des Enfants et des Familles à l'Université de Floride, confie au New York Times, que le problème vient finalement du fait que lorsque les parents postent des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux, ils ont l'impression de partager des moments de leur vie à eux :

"Nous allons devoir trouver une sorte de balance entre le droit du parent à publier son histoire et le droit de l'enfant à la vie privée. Les parents empiètent souvent sur l'identité numérique de leurs enfants, non pas parce qu'ils sont mal intentionnés, mais parce qu'ils n'ont tout simplement pas envisagé la portée potentielle et la longévité d'une information qu'ils partagent sur le web".

De quoi réfléchir à deux fois avant de rendre public l'anniversaire du petit dernier...