Référendum irlandais sur le pacte budgétaire européen

Un référendum est organisé en Irlande ce jeudi sur le pacte budgétaire européen. Si les sondages donnent le « oui » gagnant, une victoire du « non » ne remettrait cependant pas en cause l'application du pacte.
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Seule l'Irlande appelle ses citoyens à se prononcer par référendum sur le pacte budgétaire européen. Ce traité, qui vise à renforcer la discipline budgétaire au sein de l’Union européenne suite à la crise grecque, est ainsi soumis au vote des Irlandais ce jeudi. Le Premier ministre Enda Kenny a fait campagne pour le « oui » à ce pacte qui selon lui sera synonyme de « stabilité » pour l’Union. Face à lui, le chef de file du parti nationaliste de gauche (le Sinn Fein), Gerry Adams, a soutenu le refus de ce pacte, estimant qu’il entraînerait encore plus d’austérité en Europe. « Nous savons que l'austérité ne fonctionne pas, et c'est ce que de plus en plus de gens disent en Europe », a-t-il martelé à la veille du référendum. Si les sondages donnent le « oui » largement gagnant, un tiers des électeurs se disaient encore indécis avant la date du scrutin.

Pas de blocage du pacte
L’organisation d’un référendum reste risquée en Irlande, qui connaît une situation particulière au sein de l’Europe. Le pays, qui s’était prononcé à deux reprises contre des traités européens (Nice en 2001 et Lisbonne en 2008), bénéficie en effet depuis 2010 d'un plan de sauvetage de 85 milliards d'euros que lui ont octroyé l'Union européenne et le Fonds monétaire international. En contrepartie de ce plan d’aide, les Irlandais se sont engagés à respecter des contraintes budgétaires. Si le scrutin de ce jour menait à un rejet du pacte budgétaire européen, cela n’aurait pas d’effet immédiat sur le plan de sauvetage. En revanche, l’Irlande se verrait privée d’accès au Mécanisme européen de stabilité (MES), destiné à soutenir les pays de la zone euro en difficulté financière, qui entrera en vigueur en juillet 2012.

Par ailleurs, un « non » irlandais ne bloquerait pas non plus l’application du pacte, étant donné que ce dernier n’a besoin de la ratification de seulement douze Etats afin d’entrer en vigueur. Reste que la victoire d’un « non » marquerait un signal négatif fort, à l’heure où l’Europe s’enfonce dans la crise.
Les résultats du référendum seront connus vendredi.

Crédit photo : AFP

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