Slut-shaming : faut-il rallonger sa jupe pour s'épargner les critiques ?

Slut-shaming : faut-il rallonger sa jupe pour s'épargner les critiques ?
Slut-shaming : faut-il rallonger sa jupe pour s'épargner les critiques ?
Une photo partagée plus de 200 000 fois sur Internet relance le débat sur le slut-shaming. Le cliché réalisé par une photographe canadienne établit une échelle de la bienséance en fonction de la longueur d'une jupe. Alors, peut-on juger de la moralité d'une femme en fonction de sa tenue vestimentaire ?
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La longueur d’une jupe portée par une femme définit-elle son caractère et sa moralité ? C’est la question que soulève la photo publiée sur le Web par Rosea Lake, une jeune photographe canadienne. Le cliché, partagé plus de 200 000 fois, montre une sorte d’échelle de la bienséance en fonction de la longueur d’une jupe, chaque degré faisant référence à un jugement de valeur, de « traînée », à « mamie », en passant par « salope », « allumeuse », « insolente », « convenable » ou « coincée ». Au journal local, The Province, la jeune artiste a expliqué avoir réalisé cette photo le jour où elle a réalisé qu’elle considérait les femmes en short comme « des traînées » et qu’elle pensait « que toutes les femmes portant le hijab étaient oppressées. J’ai réfléchi et je me suis dit qu’il fallait que nous cessions d’être si péremptoires ».

Un cliché qui relance le débat sur le slut-shaming, alors que cette tendance venue des États-Unis, arrive peu à peu en France. Signifiant « stigmatisation des salopes », elle consiste à rabaisser et culpabiliser, en bref, à harceler sur le Web notamment, des femmes ayant une tenue vestimentaire ou un comportement jugés trop « sexuels ». Ce phénomène dangereux peut avoir de graves conséquences psychologiques, voire mener au suicide, comme ce fut le cas pour une adolescente américaine en mai dernier.

Des slutwalk pour combattre le slut-shaming

Face à ce phénomène sous-entendant que les victimes du slut-shaming agissent de manière provocante et s’exposent volontairement au harcèlement psychologique et sexuel, les féministes organisent régulièrement des slutwalk ; des manifestations qui réaffirment le droit des femmes de se vêtir comme elles le souhaitent. Récemment, Pary Aftab, avocate spécialiste du droit numérique, rappelait sur la chaîne américaine ABC News les limites de la liberté d’expression. « Si vous tenez des propos diffamatoires et que vous harcelez quelqu’un cela peut être contraire à la loi ».

Rosea Lake aurait, selon le Huffington Post, indiqué sur son blog, en réponse aux commentaires suscités par sa photographie, que « travailler sur ce projet [lui] a vraiment permis de réfléchir à [ses] propres opinions, à [ses] a priori et à [ses] préjugés à propos de celles qu’on appelle des "traînées" autant que concernant celles qui décident de se couvrir le corps entier ». Malheureusement, la route semble encore longue pour faire changer les mentalités. Sur la page Facebook du site féministe UniteWomen.org, une internaute explique avoir cessé de porter des jupes ou des robes « pour ne pas avoir affaire à des idiots qui jugent que la longueur de tissu sur [mes] membres inférieurs permet d’en déduire [ma] personnalité et [ma] moralité ».


Slut-shaming

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