Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole singulière de Sarkozy

Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole singulière de Sarkozy
Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole singulière de Sarkozy
Dans cette photo : Nathalie Kosciusko-Morizet
Elle cristallise critiques et fascination : NKM, comme on l'appelle, est l'intrigante porte-parole de Nicolas Sarkozy. Sophistiquée, intello, mordante, elle déroute beaucoup de ses adversaires et dénote dans la campagne menée par la droite. A quelques jours de l'échéance présidentielle, rencontre avec une ambitieuse.
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Elle nous a donné rendez-vous dans une brasserie du quinzième arrondissement pour le déjeuner, à quelques jours à peine du premier tour de l’élection présidentielle. Quand elle arrive, grande liane énergique et souriante, on s’attendrait plutôt à la voir commander la salade du jour ; elle jette un rapide coup d’œil à la carte, opte pour le tartare de bœuf et hésite même avec un petit verre de vin avant de se rabattre sur une bouteille d’eau pétillante. Nathalie Kosciusko-Morizet, 38 ans, porte-parole de Nicolas Sarkozy, est telle qu'on l'imagine : directe, sophistiquée, intelligente et cassante. Cette polytechnicienne à la carrière politique proche du sans-faute dénote dans le paysage politique actuel et suscite grincements ou admiration dans sa famille de l’UMP. On aura tout entendu sur elle : trop chic, trop intelligente, trop ambitieuse, trop bobo, pas assez populaire. La gracile maire de Longjumeau n'en a cure : elle mène la campagne de son candidat tête baissée, ne s’arrêtant pas aux critiques et rumeurs. Elle fait une bourde sur le prix du ticket de métro ? Elle balaie de la main les cris d’orfraie que soulève sa bévue en confiant avec ironie que certains hommes politiques en sont à apprendre par cœur des listes de prix pour ne pas être pris en défaut. Elle admet qu’elle voterait François Hollande si le second tour opposait le candidat socialiste à Marine Le Pen. Malaise dans la majorité, la porte-parole se fait plus discrète les jours suivants. Avant de repartir de plus belle. Chef de file de la génération montante des trentenaires de l’UMP, l’ancienne ministre se destine aux plus hauts sommets : ce poste de porte-parole est le meilleur des tremplins et elle compte bien tracer sa route, n’en déplaisent aux « jaloux » et autres « compétiteurs ».

« Il est difficile d’imprimer nos idées dans ce contexte de crise »
Un œil rivé sur son BlackBerry, un autre sur son interlocuteur, elle pioche allègrement quelques frites en commentant la campagne. Son candidat n’est pas le favori des sondages mais elle affiche un optimisme à toute épreuve. Quand on évoque face à elle les enquêtes peu favorables à Nicolas Sarkozy, elle fait valoir que « les sondeurs sont d’accord pour dire qu'on a rarement compté autant d’incertitudes dans une campagne ». Une indécision due aux candidats ou aux électeurs ? « Je pense que c’est surtout étroitement lié à la situation actuelle, analyse-t-elle. En 2008, le décor c’était la croissance, stable, et deux candidats qui s'affrontaient sur leurs projets mais aussi sur leurs personnalités. Aujourd’hui nous sommes dans un contexte plus mouvant, de crise, où tout discours doit commencer par expliquer dans quel monde nous sommes. Il est beaucoup plus difficile d’imprimer nos idées dans ce contexte », souligne-t-elle. Quant aux valeurs portées par son candidat et qui lui tiennent particulièrement à cœur, elle retient surtout cette vision que « dans la mondialisation, les pays qui réussissent, sont les pays qui ont une identité forte, et sont prêts à la défendre et la revendiquer ». Avant d’ajouter : « en France, nous avons une communauté nationale, et non une juxtaposition de communautés. Nous avons une vision de ce qu’est la société dans laquelle nous nous projetons qui est très différente de celle d’autres pays ».

« L’entre-deux tours est un temps de campagne qui correspond mieux à Sarkozy »
Pour porter ces idées, qui sont les siennes et celles du candidat qu’elle représente, NKM a beaucoup misé sur l’entre-deux tours, attendant avec impatience que les règles du temps de parole donnent à nouveau 50% de la couverture médiatique à Nicolas Sarkozy. Point d’orgue de cette nouvelle étape de campagne : le traditionnel débat télévisé du 2 mai. « François Hollande a construit toute sa campagne sur le référendum anti-Sarkozy, c’est plus facilement une stratégie de premier tour », estime-t-elle.  « Sarkozy, lui, a fait campagne sur des propositions, une expérience, un tempérament », souligne NKM, avant de souffler : « l’entre-deux tours est un temps de campagne qui correspond mieux à la stratégie, au tempérament et aux atouts de Sarkozy ».
Et après ? Nathalie Kosciusko-Morizet se refuse à toute projection post-6 mai, et préfère revenir sur ses temps forts de la campagne. Comme le grand meeting place de la Concorde, où face à 100 000 personnes elle a prononcé un discours avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy. Elle se fait même lyrique en évoquant cette « canopée », cette « vague mouvante formée par la foule et les drapeaux » qui vibrait à l’unisson. Mais cette tête bien faite retient surtout le plaisir éprouvé quand « vous entendez votre candidat qui émet une idée qui vous fait dire « je l’ai toujours pensé, mais je ne l’avais pas formalisé » ».

Crédit photo : Arnaud Perrin

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