Manif pour tous: au fait, la « théorie du genre », c'est quoi ?

Manif pour tous: au fait, la « théorie du genre », c'est quoi ?
Manif pour tous: au fait, la « théorie du genre », c'est quoi ?
La « théorie du genre » est devenue la nouvelle cible de plusieurs mouvements opposés au mariage gay, tels que « Manif pour tous » qui défile dans les rues de Paris ce dimanche ou encore « Printemps français » qui n’hésitent pas à parler de « négation des sexes ». Les études de genre, qui se développent depuis les années 1970 sont pourtant depuis longtemps admises (et sans doute mieux comprises) par la communauté scientifique. Le but de ces chercheurs ? Montrer par a + b qu’il y a aussi une explication sociale au sexe et à la sexualité.
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« Négation des sexes », « apprentissage de la masturbation », changer «un garçon en fille »… La fameuse « théorie du genre » si décriée, est en réalité le résultat de recherches de scientifiques tels que Judith Butler sur la sexualité - et se qualifie d’ailleurs plus volontiers d’études du genre, ou de gender studies. Nées d’abord au USA dans les années 70, et issues des études féministes, le but est d’expliquer les différences entre les sexes et les sexualités autrement que par la biologie. Dans les grandes lignes, cette école de pensée postule donc l’existence, à côté du sexe biologique, d’un « genre » qui est sa représentation performative, c’est à dire la manière de vivre ce sexe, issu de la culture, mais aussi des rapports de pouvoir entre les sexes.

>> Venez débattre: le genre est-il une théorie ? <<

À quoi sert-il de différencier sexe et genre?

« On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe. Le genre permet de mettre en lumière que les perceptions que nous avons des sexes et des sexualités s’auto-reproduisent de génération en génération par la culture. Le genre ne représente pas l’entièreté de la sexualité d’une personne, mais seulement celle qui s’explique par la société, par les relations de pouvoir dans la société. Les stéréotypes homme/femme, ou encore l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie, voire les pressions qui peuvent être exercées sur ceux qui ne désirent pas avoir de relations sexuelles avec qui que ce soit, peuvent être analysées de façon intéressante grâce à cette approche.

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Sur le sujet de l’homophobie, en France, par exemple, 30% des jeunes adolescents découvrant leur homosexualité ont tenté de se suicider en 2013 - et 1 homosexuel sur 5 a déjà été victime de violences. De nombreux travaux pointent du doigt le rôle de leur entourage face au déni de l’homosexualité. Les sociologues qui travaillent sur le genre tentent justement de trouver les moyens de diminuer cette pression sociale. Pour plus d’informations sur ce sujet, vous pouvez lire l’ouvrage de Judith Butler « Trouble dans le genre », traduit en français en 2005 et qui a fait date - il contient en outre une grande variété de références bibliographiques sur le sujet.