Harcèlement de rue : l'illustratrice Diglee prend position et fait un carton

Harcèlement de rue : l'illustratrice Diglee prend position et fait un carton
Harcèlement de rue : l'illustratrice Diglee prend position et fait un carton
Las d'être régulièrement la cible de tentatives de drague vaseuse, d'insultes et de mains baladeuses quand elle marche dans la rue, l'illustratrice Diglee a décidé de répliquer. Dans une tribune postée sur son site lundi 2 juin, elle dénonce le harcèlement de rue et rappelle un principe pourtant essentiel : porter une jupe ne justifie en rien le fait d'être agressée par des hommes mal éduqués.
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De la vidéo « Femmes de la rue » de Sofie Peeters aux tumblr Paye ta Schnek et Projet crocodiles, en passant par le récent (et poignant) témoignage de la journaliste Jack Parker, le harcèlement de rue est aujourd'hui un phénomène bien connu, à défaut d'être nouveau. Chaque jour, des femmes, qu'elles soient habillées en jupe ou en jean, sont victimes d'injures sexistes et de remarques déplacées de la part d'inconnus croisés dans la rue. Parfois même, ces derniers poussent le harcèlement jusqu'à l'attouchement, puis se retranchent derrière l'argument douteux « si elle s'habille comme ça, c'est qu'elle le cherche ».

Le harcèlement de rue par Diglee

C'est pour dénoncer ces comportements, aussi primaires qu'abusifs, que Maureen Wingrove, alias « Diglee » a décidé de prendre position. Dans sa tribune « Stop Harcèlement de rue » postée sur son site lundi 2 juin, l'illustratrice de 26 ans rappelle un principe pourtant fondamental : peu importe la tenue qu'elle a décidé de porter, une femme a le droit de se promener librement et sans peur dans la rue.

Une « prise de conscience » nécessaire

La BD de Diglee est aussi éducative. Son intention ? Faire prendre conscience que le harcèlement de rue est une réalité contre lequel doivent lutter conjointement hommes et femmes. Dans un article posté sur Le Plus, où elle explique sa démarche, Diglee écrit : « Je sais que les hommes ne sont pas le problème. C'est un souci de comportement global, de société. Ce que je crois fondamentalement, c'est que ce sont des différences culturelles et sociales, liées à l'éducation, donc modulables. [...] Pour des raisons personnelles, la volonté de m'habiller comme je voulais a toujours primé. C'était un combat pour ma liberté. Mais évidemment, comme beaucoup de gens, j'ai déjà pu dire que telle fille était habillée "comme une pute", et ce serait mentir de dire le contraire. Pour plein de mauvaises raisons, il m'est arrivé de le penser sans pour autant m'interdire de porter ce que je voulais. C'était un peu une dualité qui me faisait souffrir, parce que je ne savais pas comment me positionner. Aujourd'hui je réalise que ça commence par ça, aussi, la violence. »

Le harcèlement de rue par Diglee

Signe que sa tribune a trouvé un écho auprès des internautes, celle-ci a été partagée plus de 600 000 fois depuis lundi, et a suscité des milliers de commentaires, que Diglee s'efforce de modérer seule. « Beaucoup d'hommes réagissent. Il y a plusieurs profils : celui de l'agresseur type, avec des insultes et des paragraphes de dizaines de lignes sur la légitimité de leur comportement. [...] Il y a aussi beaucoup d'hommes qui disent que "attention, on n'est pas tous comme ça", et ils sont un peu vexés, ils ne veulent pas d'amalgames. Et puis d'autres prennent carrément notre parti. »

« Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule »

Diglee n'est pas la seule à avoir pris clairement position contre le harcèlement dont sont régulièrement victimes les femmes dans la rue. Fin mai, neuf amies originaires de Nantes ont lancé l'association Colère : nom féminin et commercialisent depuis tee-shirts et sacs sérigraphiés au slogan résolument accrocheur : « Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule ». Là encore, c'est un vrai succès : près de 9 000 « Like » sur Facebook, et presque autant de commandes passées. Les bénéfices récoltés, eux, sont versés à des associations luttant contre le harcèlement de rue. Pourtant, pas de quoi (trop) se réjouir rappelle Laura, à l'origine du projet. « Cela veut bien dire que le problème est très, très présent », explique-t-elle à MetroNews.

Colère : nom féminin

Diglee elle, entend aller plus loin et se demande si « un projet de loi serait fou ? ». « Je ne dis pas que ça va révolutionner les choses, mais ça inscrirait ce phénomène, il existerait enfin. Je me demande s'il n'y a pas quelque chose à voir de ce côté-là », s'interroge-t-elle. Et ce, avant de conclure : « L'important ce n'est pas de gagner, de triompher. Il faut juste que le harcèlement de rue cesse. »


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