La nouvelle campagne anti-tabac choque la France

La nouvelle campagne anti-tabac choque la France
La nouvelle campagne anti-tabac choque la France
En associant la dépendance à la cigarette à un acte sexuel forcé, avec sa nouvelle campagne, l’association des Droits des non-fumeurs (DNF) joue la provocation. La comparaison semble fumeuse et fait déjà des étincelles dans la presse. Alors pour ou contre ?
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En France, la consommation de tabac est, une nouvelle fois, à la hausse. 54.9 milliards de cigarettes ont été allumées en 2009, soit 2.6% de plus qu’en 2008. Et les jeunes font partie de ces consommateurs réguliers. Selon l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) plus de 4 adolescents de 17 ans sur 10 ont déclaré consommer du tabac. Parmi ceux-ci, 30 % présentent des signes de forte dépendance au tabac.

POUR

Un fléau que dénonce l’association des Droits des non-fumeurs via une campagne publicitaire choc sur laquelle des adolescents simulent une fellation, une cigarette à la bouche. Alors que les associations familiales crient au scandale, Rémi Parola, coordinateur des Droits des non-fumeurs, explique que l’affiche publicitaire se veut être une prise de conscience : « Les campagnes de prévention traditionnelles dans lesquelles on montre des morts ou de graves problèmes de santé liés à la cigarette, ont un impact faible sur la société. Là, nous avons voulu mettre l’accent sur la soumission de l’adolescent face au tabac. » Rémi Parola réfute l’image d’une agression sexuelle dans cette campagne : « C’est plus l’idée d’une cigarette comme un partenaire que l’adolescent s’impose à lui-même. Il fuit l’autorité parentale pour retrouver une autre forme de dépendance, la cigarette. »

CONTRE

Un argument de défense qui ne convainc pas Christiane Ruel, présidente d’Enfance et Partage : « la connotation sexuelle est flagrante. » Révoltée, Christiane Ruel ajoute : « Je ne comprends pas que l’on puisse laisser passer ça. Je ne crois pas que cette campagne puisse sensibiliser les adolescents. Au contraire, elle va faire plus de mal que de bien. Pensez à l’image que renvoie cette publicité anti-tabac aux enfants qui ont subi des agressions sexuelles. Ils sont allés trop loin, on ne peut pas faire un parallèle entre la soumission à la cigarette et la soumission à un agresseur sexuel, tout simplement parce que dans le deuxième cas, l’enfant n’a pas le choix. »

La campagne anti-tabac « Fumer, c’est être l’esclave du tabac » sera diffusée, en France, dans la presse et dans les lieux public jusqu’au 31 mai.


Stéphanie Marin


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