Retard ou absence d'éjaculation : faux départ ou vraie tuile ?

Retard ou absence d'éjaculation : faux départ ou vraie tuile ?
Retard ou absence d'éjaculation : faux départ ou vraie tuile ?
Dans cette photo : Sting
Si l’éjaculation précoce pose beaucoup de soucis aux hommes concernés et à leurs partenaires, l’absence d’éjaculation n’est pas forcément une partie de plaisir non plus. Quand celle-ci tarde à venir ou ne vient même jamais, il y a de quoi se poser des questions… et tenter d’y apporter des réponses.
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L’absence d’éjaculation ou même une éjaculation à retardement qui se fait vraiment désirer, ce n’est pas toujours une aubaine pour la gent féminine, loin de là. Et encore moins pour les hommes. Si les premiers rapports se passent souvent bien - l’homme est en quête du plaisir de sa partenaire, la femme peut plus facilement atteindre un orgasme vaginal en prenant son temps - avec le temps justement, les questions commencent à se multiplier : Pourquoi tu n’éjacules pas ? Tu ne prends pas de plaisir ? Je ne te plais pas ? Tout cela en dehors du fait qu’au bout d’une dizaine de rapports de deux heures, certaines commencent à trouver le temps particulièrement long… Il n’y a pourtant pas de fatalité, et tout comme l’éjaculation précoce a ses remèdes, l’absence d’éjaculation en a aussi.

La nuit la plus longue

Si l’homme est en fait conçu pour éjaculer en moins de trois minutes, il arrive (normalement) à se maîtriser pour que cela dure plus longtemps, et ce uniquement pour son plaisir et celui de sa partenaire. Mais au bout de combien de temps peut-on juger que l’éjaculation tarde vraiment à venir ? Ou ne viendra même jamais… Pas évident d’avoir des repères, alors que certains pratiquent justement le tantrisme et ont la volonté de retarder au maximum l’éjaculation (le chanteur Sting et sa femme, adeptes de cette pratique, ont parait-il des rapports de plus de sept heures ! ) Mais quand ce n’est pas le but recherché, et que le retard d’éjaculation devient une entrave à l’épanouissement du couple et de son plaisir sexuel, il y a un problème.

Une fois que l’homme a dépassé le stade des trois minutes sans éjaculer, on ne peut plus parler d’éjaculation précoce. En revanche, au bout d’une demie-heure, si l’homme n’a pas "ordonné" à son cerveau (et son pénis) de se laisser aller, on peut commencer à s’inquiéter. Si au bout de deux heures madame a eu trois orgasmes, et commence donc à s’endormir ou à dresser la liste des courses de la semaine, et que monsieur est toujours en train de s’escrimer à aller jusqu’au bout, le diagnostic est là : vous êtes victime d’une absence d’éjaculation, et donc d’un dysfonctionnement sexuel.

Le pourquoi du comment

Plusieurs raisons peuvent entraîner une absence d’éjaculation ou une éjaculation à retardement.
Les premières bien sûr sont psychologiques. Si l’homme est impressionné par la jeune femme avec qui il se trouve, s'il se concentre trop sur le plaisir de sa partenaire sans penser au sien, il peut naturellement "oublier" le stade de l’éjaculation et donc de son propre orgasme. A l’inverse, l’homme peut aussi manquer d’excitation ou de stimulation. L’érection est alors un peu mollassonne, et en général, il n’a pas envie d’insister. Ces raisons sont normalement temporaires. Cela peut se produire au début de la relation, quand l’émotion et la non-connaissance du corps de l’autre rentrent encore en jeu. Au bout d’une dizaine de quelques rapports, cela devrait rentrer dans l’ordre. Donc, aucune raison de paniquer. De même que l’alcool ou certaines drogues peuvent aussi altérer l’érection et l’éjaculation. Tout devrait rentrer dans l’ordre une fois un état de sobriété retrouvé !

En revanche, si les raisons sont physiques, il y a plus de souci à se faire ! Ce n’est peut-être pas qu’une passade. Il y a plusieurs raisons également aux troubles physiques de l’éjaculation.

La première est souvent la plus répandue : la masturbation à outrance ! Monsieur a un gros appétit, et il est parfois obligé de se faire plaisir tout seul pour satisfaire ses pulsions. Pas de souci ! Mais, à force de se masturber, l’homme a tendance à serrer très fort son pénis. Quand celui-ci se retrouve dans un vagin, il est forcément moins comprimé. Et comme on sait tous que le pénis et le cerveau sont directement liés, le pénis ne "reconnaît" pas les sensations habituelles et les stimuli de la main qui le serre normalement. L’éjaculation tarde donc à venir, et très souvent, l’homme préfère terminer d’une manière différente. Comme quoi, la masturbation ne rend pas sourd, en revanche, elle peut nuire à une sexualité de couple si elle est pratiquée trop souvent.

Autre raison purement physique qui va sûrement en affoler plus d’un : la taille du pénis. Eh oui, ce n’est pas une fatalité, mais les pénis plus fins peuvent (car ce n’est évidemment pas une généralité) souffrir de ce retardement d’éjaculation. Pour les mêmes raisons que celles de la masturbation, un pénis très fin dans un vagin un peu large (car oui il existe également de grosses variations de taille du sexe féminin) peut entraîner une absence d’éjaculation. Le pénis n’est alors pas assez stimulé et serré.

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Pour en finir…

A chaque problème, il y a (souvent) une solution. L’absence d’éjaculation, bien souvent, laisse penser que la femme doit en être ravie, et que monsieur n’a qu’à "terminer autrement". Si c’était aussi simple… En moyenne, l’acte sexuel avec un homme souffrant de ce dysfonctionnement peut durer deux heures et demie ou trois heures. Les femmes qui n’ont jamais connu cette situation pourront tout de même compatir. Trois heures de pénétration, quand souvent, l’homme s’énerve un peu pour tenter d’y arriver, ce sont trois heures de "chauffement", d’échauffement et d’irritation au final. L’excitation va souvent en s’amenuisant, le vagin devient plus sec. Ce n’est donc pas toujours l’apothéose et la foire aux orgasmes.

Pour y remédier, il n’y a pas trente-six solutions ! Arrêtez de boire à outrance ou de prendre des substances illicites si le problème vient de là (vous verrez en plus que le plaisir sexuel peut être tout aussi bon que les plaisirs d’un paradis artificiel). Arrêtez de vous masturber à outrance si c’est de ça dont il s’agit. Une ou deux fois par jour, si vous avez du mal à éjaculer lors de vos rapports, c’est trop ! Il faut ralentir le rythme.

Si le problème est psychologique, que vous vous mettez trop de pression, et que vous êtes trop focalisé sur la quête de l’orgasme et de l’éjaculation, essayez de vous détendre et d’imaginer le scénario idéal qui vous ferait atteindre l’orgasme directement. Le danger bien sûr, c'est de ne plus réussir à faire l’amour sans partir dans vos fantasmes personnels. C'est une bonne occasion pour les faire partager à votre partenaire. Evidemment, plus vous y penserez, moins vous y parviendrez, et pour en plus y penser, il faut penser à autre chose (attention cependant de ne pas vous faire perdre votre érection en pensant à des choses pas glamour du tout).

Surtout n’hésitez pas à en parler à votre partenaire, et à la solliciter pour accélérer un peu les choses si c’est trop long pour elle ! Rester silencieux, dire que ça ne vous arrive pourtant jamais, c’est le meilleur moyen de la faire paniquer et de lui laisser croire que le problème vient d’elle, et qu’elle ne vous excite pas assez. Lui faire partager ce problème, c’est déjà le régler à moitié ! Avec un peu de patience, tout devrait rentrer dans l’ordre naturellement.