Vaginal, clitoridien ou du point G : et si on cessait de segmenter l'orgasme féminin ?

Vaginal, clitoridien ou du point G : et si on cessait de segmenter l'orgasme féminin ?
Vaginal, clitoridien ou du point G : et si on cessait de segmenter l'orgasme féminin ?
La dernière étude en date sur l’orgasme féminin n’est pas passée inaperçue, car toutes les journalistes se sont précipitées pour répandre la « bonne » nouvelle : l’orgasme vaginal n’existerait pas. Sophie Bramly, notre experte sexo, monte au créneau contre la division systématique d'un orgasme qui n'en demandait pas tant.
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La dernière étude en date sur l’orgasme féminin n’est pas passée inaperçue, car toutes les journalistes se sont précipitées pour répandre la « bonne » nouvelle : l’orgasme vaginal n’existerait pas. Ouf ! semblaient-elles toutes dire, soulagées sans doute de pouvoir s’affranchir des études qui répertorient les jouissances féminines selon qu’elles seraient vaginales ou clitoridiennes (et tant pis pour toutes les autres façons de jouir). Dans la précipitation (et le soulagement), il y a eu des imprécisions, des contre-sens et des castrations virtuelles qui ne sont pas sans conséquences.

L’étude de Vincenzo Puppo & Giulia Puppo, parue le 6 octobre dernier dans la revue Clinical Anatomy est avant tout mue par le besoin de redéfinir le vocabulaire qui a trait aux organes sexuels féminins et à la jouissance. Pour eux, le clitoris ne doit pas être vu avec une partie externe et une autre interne, il faudrait plutôt parler de « bulbe vestibulaire », il faudrait aussi dire que les petites lèvres sont aussi sensibles que le clitoris, bien préciser que le vagin n’a pas de lien anatomique avec le clitoris, et que le point G n’est qu’une zone plus ou moins sensible selon les femmes qui ne mérite aucune opération, car aucune base scientifique ne vient confirmer qu’il est plus réactif selon qu’il a été ou non artificiellement gonflé par une injection de collagène. De même, et c’est la vraie bonne nouvelle de cette étude - nous militons dans le même sens depuis longtemps -, on ne devrait pas diviser les orgasmes féminins en clitoridiens, vaginaux ou du point G, mais parler d’orgasme féminin comme on parle d’orgasme masculin, concédant tout au plus un « état super-orgasmique » pour celles qui jouissent au-delà des zones techniquement assignées. Le père de la psychanalyse, Sigmund Freud est, une fois de plus, pointé du doigt.

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Une femme peut, comme un homme, être priapique

L’orgasme dit « vaginal » serait causé par les organes érectiles qui entourent le vagin, l’éjaculation féminine ou le point G n’existeraient pas autrement que par le fait que la satisfaction sexuelle de la femme repose sur un orgasme et sa résolution. Les termes scientifiques qui viennent disséquer, morceler ses organes et les différentes manifestations de son plaisir n’ont aucune base sérieuse. Le clitoris, sous l’autorité des deux chercheurs, reprend le nom par lequel on le désignait jusqu’au XVIIIe siècle : c’est le « petit pénis », et une femme peut, comme un homme, être priapique (ils parlent d’érections du clitoris qui peuvent durer jusqu’à 6h). L’orgasme peut venir de partout et à répétitions ; un partenaire qui vient de jouir peut continuer à procurer à la femme d’autres orgasmes. Le couple de médecins s’emballe, allant jusqu’à dire que « caresser et embrasser peuvent continuer presque indéfiniment, les actes sexuels non-coïtaux après l’éjaculation de l’homme pouvant permettre à toutes les femmes de jouir ».

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Il faut aussi rassurer les hommes sur la pénétration

La presse - féminine surtout - s’est emballée de voir ainsi réhabilité le clitoris, se débarrassant un peu vite du vagin. Il faut donc dire et redire que l’orgasme féminin a de multiples sources (ne pas oublier l’anus très innervé, les seins si réactifs que Léonard de Vinci les pensait reliés au clitoris). Il faut aussi rassurer les hommes sur la pénétration, et ne pas les émasculer par cette violence verbale : elle procure beaucoup de plaisir à beaucoup de femmes, enclenche des spasmes orgasmiques, des pluies d’étoiles, ou un magnifique bien-être qui n’a peut-être pas de nom, mais qui fait beaucoup de bien.

Le plaisir féminin dépend peut-être, comme le supposait Marie Bonaparte, de la place du clitoris par rapport au vagin, mais aussi et avant tout des dispositions de la femme, des effets de la pénétration et de l’excitation qu’elle ressent à être avec un partenaire qui lui plait. De la même façon que les hommes sont avant tout excités par le plaisir que prend la femme, les femmes sont excitées du plaisir qu’elles offrent et c’est parce que l’excitation est mutuelle que le rapport sexuel à deux procure plus de bienfaits dans l’extase que la masturbation solitaire. Si les organes génitaux des deux genres sont aussi semblables, c’est peut-être aussi parce que le fonctionnement humain n’est pas si différent de part et d’autre qu’on voudrait nous le faire croire. Et c’est sur le terrain de la réconciliation - et non de la différentiation - que l’entente sexuelle est la plus épanouissante.

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