Faut-il être perfectionniste ?

Faut-il être perfectionniste ?
Faut-il être perfectionniste ?
Dans un monde de plus en plus concurrentiel, le perfectionnisme semble, à première vue, être une qualité pour sortir du lot. Une croyance populaire que Jean-Philippe Zermati, nutritionniste et psychothérapeute, balaie pourtant d’un revers de la main. Pour lui, inutile d’être perfectionniste, « faire de son mieux » est amplement suffisant.
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Une perfectionniste n'est pas une personne parfaite mais une personne qui souffre de ne pas l'être, qui considère que rien de ce qu'elle fait n'est assez bien et qu'on peut toujours faire mieux. Mais est-il vraiment certain que l'on puisse toujours faire mieux ? Sans doute, mais est-ce souhaitable ? Je m'explique. Écrire cet article, qui sera lu par plusieurs millions de personnes, va me prendre un certain temps. Il n'est pas certain que le résultat obtenu me satisfasse. Peut-être faudra-t-il le retravailler, le recorriger, le peaufiner, le fignoler encore, et encore et encore ? Je me connais, je ne suis jamais content de moi. Et, bien sûr, il n'est pas question de décevoir les lectrices de Terrafemina.

« Je pourrais remettre le déjeuner chez ma mère »

Oui mais où vais-je trouver tout ce temps ? J'avais promis à ma femme d'aller faire les courses au supermarché. Je lui expliquerai que je n'ai vraiment pas le temps. Elle me fera remarquer que je lui ai déjà fait le coup la semaine dernière. Moi, je dirai que je fais tout ce que je peux. Et elle me répondra que je pourrais faire mieux. Donc mauvaise piste.

Autre alternative : j'avais promis aux enfants de les emmener voir « Bilbo le Hobbit » au cinéma. Je pourrais peut-être me défiler. Mais je sais déjà ce qu'ils vont dire : « Papa, tu ne t'occupes jamais de nous. Tu fais toujours passer ton travail en premier ». Moi, je leur répondrai que je fais vraiment de mon mieux. Mais ils trouveront que je pourrais faire beaucoup mieux. Encore une mauvaise piste. Ou alors je pourrais remettre le déjeuner chez ma mère. Non, ça c'est une vraie mauvaise idée. J'en ai pour un an à entendre que je ne m'occupe jamais d'elle.

Quatrième solution, je pourrais laisser tomber ma séance de sport de dimanche matin. Au point où j'en suis. Ça fait un mois que je n'y vais plus. Là, au moins, je ne décevrai personne ; sauf moi, bien sûr. Mais ça j'ai l'habitude. Je ne suis plus à ça près.  En résumé, j'ai le choix entre décevoir les lectrices de Terrafemina, ma femme, mes enfants, ma mère ou moi. Quoi qu'il arrive, il y aura donc forcément quelqu'un qui me dira que j'aurais pu faire mieux.

« Les journées n'ont que 24 heures et je n'ai que deux bras »

Alors j'ai fait un rêve. J'ai rêvé que dorénavant je m'efforcerai de faire de mon mieux en me moquant de décevoir l'un ou l'autre. J'agirai en fonction de ce qui est important à mes yeux et non plus en fonction de ce que chacun attend de moi. Et j'arbitrerai entre toutes ces choses qui me paraissent importantes : mon travail certes, mais aussi ma femme, mes enfants, ma famille, ma santé, mes amis et pas toujours dans le même ordre. Les journées n'ont que 24 heures et je n'ai que deux bras.

De toutes les façons, une fois qu'on a fait de son mieux, il n'y a rien de mieux à faire. Alors que ça plaise ou non, je ne peux pas mieux faire. Et même mieux, je ne veux pas mieux faire. Parce que oui bien sûr, je pourrais passer des jours et des jours à écrire et réécrire cet article. Et je pourrais sans doute mieux faire. Mais ce n'est pas mon choix d'investir trop de temps dans mon travail et de prendre ce temps sur ma vie de famille, mes loisirs, mes amis. Et par dessus le marché, si je me suis trompé, j'essaierai de ne pas trop m'en vouloir de ne pas être parfait ; parce quand je stresse ça me fait manger. Et comme ne cesse de me le répéter mon coach minceur,  ce n'est pas bon pour ma ligne qui doit aussi rester parfaite. Mais là je me soigne !

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