Changement climatique : les femmes pauvres sont les plus exposées

Changement climatique : les femmes pauvres sont les plus exposées
Changement climatique : les femmes pauvres sont les plus exposées
Nous ne sommes pas tous égaux face aux changements climatiques qui dérèglent notre planète. Alors que la France accueillera à partir du 30 novembre prochain la COP21, grande conférence sur le climat, l'ONU met en lumière le sort des femmes qui, dans les pays en développement, sont celles qui subissent en premier les impacts du réchauffement climatique.
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Lutter contre le dérèglement climatique, c'est aussi lutter contre les inégalités femmes-hommes à travers le monde. C'est, en substance, le message qu'a tenu à adresser la Secrétaire d'État aux droits des femmes Pascale Boistard vendredi 16 octobre lors de la conférence "Climat : les femmes s'engagent". Organisée en partenariat avec le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international en préparation de la COP21 qui se tiendra d'ici quelques semaines à Paris, la conférence qui s'est déroulée la semaine dernière avait deux objectifs : lutter conjointement contre le dérèglement climatique et pour l'égalité femmes-hommes, mais aussi impliquer davantage les femmes dans le combat contre le réchauffement de la planète.

Les femmes, en première ligne du réchauffement climatique

Car il y a urgence : dans un rapport de 2013, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) soulignait l'importance des activités humaines dans le dérèglement climatique et ses principales manifestations. De l'augmentation de la température moyenne à l'élévation du niveau de la mer, en passant par l'aggravation des sécheresses, les conséquences du réchauffement climatique sont de plus en plus extrêmes. Et ce sont les femmes des pays en développement qui sont en première ligne.

Aujourd'hui, les femmes représentent 70% des 1,2 milliard de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour. Ce sont elles qui assurent 60 à 80% de la production agricole dans les pays en développement. Pourtant, souligne l'ONU , elles ne gagnent que 10% de revenu total et possèdent moins de 2% des terres.

Par ailleurs, les femmes consacrent 3 fois plus de temps que les hommes à la collecte de l'eau. Et en cas de catastrophe naturelle, le risque qu'elles décèdent est 14 fois plus élevé que chez les hommes.

Une situation injuste inacceptable à l'heure où l'égalité entre hommes et femmes peut être, selon Pascale Boistard, un "puissant moteur de changement, capable d'accélérer la transition écologique des sociétés".


Impliquer davantage les femmes pour de meilleurs résultats


Dans son discours prononcé lors de la conférence "Climat : les femmes s'engagent", la secrétaire d'État aux droits des femmes a également regretté que sur les 146 pays ayant remis leur contribution nationale pour la Conférence de Paris, seuls 48 aient intégré des dispositions concernant l'égalité femmes-hommes.

"Une fois encore, le rôle des femmes dans le changement, dans la décision, dans les solutions n'est pas pris en compte. C'est une erreur que je qualifierais d'anachronique. Car nous le savons ; ce n'est pas une posture rhétorique, mais une réalité démontrée : les mesures en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes constituent aujourd'hui le fondement de toute stratégie efficace de développement durable", a estimé Pascale Boistard, qui a appelé à une prise en compte de "l'aspiration des femmes, l'autre moitié de l'humanité", avant de souligner l'importance de l'engagement des femmes dans la lutte contre le changement climatique.

"Chaque jour, elles agissent pour développer des solutions dans tous les domaines. [...] Ces actions comme les femmes qui les conçoivent et les mettent en oeuvre, sont à la fois pragmatiques et idéalistes. [...] Pragmatiques, parce que, confrontées à la gestion de la vie privée et professionnelle, les femmes développent très souvent des projets qui facilitent la vie quotidienne de tous. Idéalistes, parce qu'elles estiment pouvoir, à leur niveau, faire durablement changer les choses. Souvent, elles m'épatent, par leurs idées et leur volonté de trouver des solutions concrètes pour le collectif.

Les femmes sont engagées dans le changement, elles sont porteuses de solutions innovantes. Alors oui, il est temps de leur laisser une place plus importante dans la prise de décisions et la définition des solutions."
Une volonté dont se fait solidaire la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine qui voudrait que "la Conférence de Paris marque un progrès historique en la matière" et que des femmes "participent, au plus haut niveau, aux processus de décision". Pour savoir si ce sera bien le cas, rendez-vous à la COP21 le 30 novembre prochain.