La non-démission de Damien Abad, accusé de viol, suscite l'indignation

Damien Abad a été nommé ministre des Solidarités au sein du gouvernement Borne, en dépit d'un signalement pour des faits présumés de viols. S'il dément fermement, son refus de démissionner suscite l'indignation des militantes féministes et de l'opposition.
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Damien Abad a été nommé ministre des Solidarités au sein du gouvernement d'Elisabeth Borne en dépit d'un signalement pour des faits présumés de viols. Deux femmes, Chloé, 41 ans, et Margaux, 35 ans, évoquent au site d'investigation Médiapart des faits présumés qui remonteraient à 2010 et 2011. Des accusations que Damien Abad réfute, avançant notamment que son handicap rendrait impossible l'usage de la force pour contraindre une partenaire à un acte sexuel.

"Bien évidemment, je n'étais pas au courant", a commenté la Première ministre de son côté. "Il ne peut y avoir aucune impunité sur tous ces sujets d'agression sexuelle. Il faut continuer à agir pour que les victimes puissent libérer leur parole et être bien accueillies pour déposer plainte. Si la justice est de nouveau saisie on tirera toutes les conséquences de cette décision".

Cependant, pour bien des voix, féministes et politiques, la non-démission de Damien Abad est intenable.

"Les responsables s'en fichent"

Mathilde Viot, membre de l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, évoque auprès de RMC son indignation. "Les personnes qui ont nommé Damien Abad ministre savaient qu'il y avait des plaintes classées sans suite à son encontre. Ils s'en fichent en réalité. On en arrive à une fausse grande cause du quinquennat", a-t-elle déclaré.

Effectivement, ces accusations avaient été signalées par l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique à Stanislas Guérini et Christophe Castaner notamment, sans réponse de leur part, et ce quatre jours avant la nomination de Damien Adab. "Les violences sexistes et sexuelles en politique n'intéressent pas le gouvernement, mais on le savait déjà avec le maintien de Gérald Darmanin", développe Mathilde Viot.

"Ce que renvoie le gouvernement comme message depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, c'est que la parole des femmes ne compte pas. Damien Abad ne peut pas être ministre avec deux témoignages de cet ordre qui parlent tous les deux d'un possible viol", a de son côté affirmé la militante écologiste Sandrine Rousseau, candidate aux législatives de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), sur BFM TV.

Damien Abad restera-t-il en poste ou se verra-t-il obligé de démissionner ?