Le collectif #MeTooPolitique lance un observatoire des violences sexistes et sexuelles

Un observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique ? Pour le collectif féministe #MeTooPolitique, c'est là l'évidence même en pleine campagne électorale.
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"Les campagnes présidentielle et législative actuelles montrent à quel point les femmes sont empêchées dans leur parcours politique. Candidats agresseurs en lice, candidates féministes pas bienvenues, journalistes maltraitées, intimidations...". C'est cette critique du paysage politique qu'a partagée en période électorale la militante féministe et élue de Paris Alice Coffin sur son compte Twitter.

A l'unisson, 285 femmes fustigeaient en novembre dernier "l'omerta" dans le milieu politique, l'espace d'une tribune parue dans Le Monde, dénonçant les violences sexistes et sexuelles. Parmi elles, les députées Danièle Obono (LFI) et Karima Delli (EELV), ou encore la vice-présidente du Sénat (PS) Laurence Rossignol. Des voix réunies à travers un mot-clé, devenu collectif : #MeTooPolitique.

Et aujourd'hui, #MeTooPolitique a décidé de lancer un observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique afin de briser d'autant plus cette omerta.

"Un déchaînement total du sexisme"

L'idée ? "Recenser, documenter et soutenir les femmes victimes dans ce domaine", comme le définit Libération. D'autant plus important dans un contexte d'élections présidentielles. Au journal, Alice Coffin témoigne à ce titre : "Les campagnes électorales sont des moments de déchaînement total de sexisme. Cette année, trois hommes sur huit qui sont candidats ont été mis en cause pour violences sexistes et sexuelles". Les trois hommes en question sont Eric Zemmour, François Asselineau et Jean Lassalle.

Parmi les proposition du collectif ? L'interdiction d'occuper des fonctions publiques en cas de mise en examen pour des faits de violences sexistes ou sexuelles d'un candidat (ou d'un colistier) à une élection nationale.

Un questionnaire pensé par #MeTooPolitique a été envoyé à l'ensemble des candidats aux élections présidentielles, afin que ceux-ci disent si, oui ou non, ils pourraient soutenir "des candidats mis en cause pour harcèlement, agression sexuelle, viol, violences conjugales...", mais aussi, en cas de victoire, "ne pas nommer au sein de leur gouvernement des personnes mises en cause pour les infractions déjà citées".

C'est une exigence d'exemplarité que valorise le collectif féministe. Dans l'attente d'un changement ?