Ce festival mythique et même incontournable depuis des décennies a été tout simplement annulé suite à de très nombreuses polémiques. Et des scandales qui ne datent pas d'hier, loin de là : une artiste témoigne aujourd'hui au micro de France Inter et c'est accablant.
Ce festival c'est évidemment celui d'Angoulême, passage nécessaire des amoureux de bandes dessinées et bien sûr, des artistes qui y sont représentés en très grand nombre, sans compter les éditeurs. Dessinateurs qui ont décidé à l'unisson de boycotter l'événement, quand bien même cela devrait grandement nuire à leur visibilité. Parmi lesquels des grands noms du milieu comme Riad Sattouf et Florence Cestac, qui dénoncent : "Depuis des années, le Festival accumule les scandales, les erreurs de communication et le manque d'ambition, tout cela dans une totale opacité de gestion. Cette dégradation nuit gravement à l'ensemble de la profession".
Irrespect des dessinateurs (qui ne sont pas rémunérés au cours du Festival) et mentions de "bun out" vécus par ces derniers au cours de l'événement, gestion critiquée par les syndicats, mais surtout... Affaire d'agression sexuelle.
Effectivement, en janvier 2025, L'humanité a publié le témoignage d'une jeune femme, Chloé (prénom modifié pour préserver l'anonymat) expliquant avoir été licenciée du Festival d'Angoulême où elle était employée, "pour faute grave" après avoir dénoncé un viol subi au cours du Festival, l'année précédente. Une plainte pour viol sera finalement et suite à ce licenciement déposée déposée au parquet d'Angoulême, en février 2025.
Dans ce témoignage accablant relayé par le journal, le victime raconte s'être réveillée "en panique, nue dans un lit" après une soirée du festival, et dans un état d'amnésie. Elle aurait été, après avoir témoigné de ce viol et exigé des mesures, licenciée pour faute grave, car la société 9e Art+ qui gère le Festival d'Angoulême depuis des années, lui reprochait dès lors un "comportement inapproprié" et un "état d'ébriété".
Une prise de parole qui fait aujourd'hui réagir l'autrice Marion Montaigne sur le plateau de France Inter : "Je ne veux pas aller à un festival où on est pas en sécurité, où on est pas reconnue".
Marion Montaigne dénonce aujourd'hui "l'affaire Angoulême". Et une certaine silenciation observée concernant des faits d'agression sexuelle présumés.
400 auteurs et professionnels ont par la suite signé l'espace d'une pétition en ligne aux milliers de signatures un vaste appel au boycott de l'événement. Marion Montaigne a fait partie de ces signatures et cela a provoqué l'annulation pure et dure du Festival, en cette édition annuelle.
"Outre des problèmes de burn out il y a eu des violences sexuelles qui n'ont pas été soutenues. Chloé n'a aucun soutien, ca a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Mais ca fait dix ans qu'il y a beaucoup trop de problèmes", dénonce l'autrice de bandes dessinées Marion Montaigne au micro de France Inter. "Quand Chloé a témoigné de son viol auprès d'Angoulême, on lui a juste répondu : va prendre la pilule du lendemain. Elle n'a jamais été soutenue", dénonce encore la dessinatrice.
Le #MeToo de la bande dessinée pourrait-il vraiment avoir lieu ?
En tout cas, le traitement des victimes présumées scandalise les auteurices.