Qui cette scène n'a pas marqué ? Dans la dernière saison de la Chronique de Bridgerton, Violet Bridgerton, la matriarche obsédée par le mariage, s'adonne quelque chose qui n'est pas dans ses habitudes : du sexe pour du sexe. Sa scène intime avec Marcus Anderson, personnage créé uniquement pour la série, a marqué les esprits. Et pour cause : à 60 ans, après des années de veuvage et de maternité, elle se réapproprie son corps et elle vit une explosion torride, qui, même si le "I am the tea you are having" est peut-être le nouveau "dessine-moi comme une de tes françaises" niveau hoteness, ne sera finalement (même) pas la pièce la plus importante du puzzle.
C'est en effet surtout "l'avant" qui est montré. Notamment la préparation, où Violet se retrouve seule avec elle-même. Face au miroir, elle fait tomber se chemise de nuit et se concentre. Elle toise son corps, d'abord avec appréhension, pudeur, timidité. Puis, avec respect, vulnérabilité, fierté. Un mélange fin et juste de sentiments a priori contraires, qui a bouleversé les fans de la série.
Pour eux, cette scène marque un tournant car elle casse les codes établis. Car, si la série Bridgerton est déjà (re)connue pour ses scène sexy, habituellement, ce sont des corps de femmes jeunes, plus ou moins pensées dans le même moule, filmées sous les mêmes postures, qui sont représentées.
Or, c'est cette fois une femme plus âgée qui est montrée comme un sujet à part entière. Violet ne correspond pas aux canons de beauté valorisés. Pourtant, elle apparaît dans toute sa sensualité, active dans son désir. Et, mine de rien, c'est une petite révolution.
Comme le souligne une commentatrice, si Bridgerton n'est pas irréprochable, il n'en demeure pas moins qu'en offrant de telles représentations, elle "ouvre des espaces". Et il s'avère qu'"On a besoin de female gaze. De plus de récits où les femmes, à tous les âges, sont désirantes, désirables et vivantes. Parce que voir ces femmes-là à l’écran, ce n’est pas anecdotique. C’est profondément politique et profondément réparateur".
On valide à 100%. Mine de rien, par sa simple rareté à l'écran, cette scène est transgressive. Son message, bien qu'évident pour certains, ouvrira un pan de réflexions pour d'autres. Il est le suivant : loin de l'âgisme, pré ou post ménopause, avec ou sans cabossures de la vie, il n'y a, tout simplement, pas d'âge pour apprendre à jouir.
Quant à Ruth Gemmell, l'interprète du personnage, elle a aussi donné son point de vue. Pour elle, il était tout bonnement logique de représenter les femmes de 60 ans et plus à l'écran. Tout simplement parce qu'elle existent, et qu'elles y ont leur place. "Je veux dire, nous ne sommes pas encore mortes ! Je pense qu'il y a beaucoup de personnes de mon groupe d'âge qui regardent la série, donc c'était simplement juste, pour moi, de les représenter", a-t-elle estimé dans une interview au Telegraph.
En 2026, ce qu'on souhaite ? Plus de corsets, plus de femmes désirantes de tous âges, et plus de scènes de sexes filmées d'un point de vue féminin. C'est tout.
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