Elena Nagapetyan est fière d'être une MILF, une cougar : "c'est génial", défend-t-elle avec beaucoup d'humour auprès de Sonia de Villers, sur les ondes de France Inter, où l'humoriste bien connue des auditeurs de la station culturelle, mais aussi de tous ceux qui la suivent sur scène et sur Instagram (et ils sont très nombreux), partage une ode particulièrement réjouissante à la sexualité... Des daronnes.
La quadra célèbre effectivement sa sensualité et sa vie "active" du côté du plaisir au féminin, l'espace de cette blague (à moitié humoristique) à retrouver ci-contre. L'occasion d'aborder auprès de son interlocutrice pour le moins amusée sa sexualité... Et sa liberté, qu'elle espère partagée par toutes les mères qui écoutent son discours sororal. Avec dérision, quand bien même ce que va raconter l'artiste, estimée pour son art de l'improvisation renversant, n'a en vérité rien d'anodin.
Et cela pose une vraie question : intime et politique. Si si ! On vous explique tout.
Elena Nagapetyan brosse le portrait d'un fantasme et lui tend un miroir bienvenu : celui d'une artiste qui elle aussi s'assume comme mère "sexuellement attirante". Libre de ses choix et décomplexée quand il s'agit de papoter sexualité. Elle va le démontrer volontiers d'ailleurs.
"En anglais cet acronyme signifie : Mother i would like to f*ck. Je l'ai appris en devenant maman. Que j'étais une femme sexuellement attirante.", affirme d'emblée la comédienne et stand uppeuse, incollable aujourd'hui sur cette notion à la fois critiquable (elle désigne l'hyper sexualisation, abondamment fétichiste, des femmes d'un certain âge, et donc leur objectification en tant que fantasme), et pas exempte de jubilation : quand les femmes se réapproprient cette assignation vulgos.
Justement, c'est ce que met en évidence l'humoriste lors de cette conversation. Le fait de ne plus vouer aux railleries voire aux jugements les femmes quadras, quinquas, sexas et plus, qui ont une sexualité active, sont désirantes, et plus encore, nouent des relations avec des compagnons plus jeunes qu'eux. L'inverse est ô combien banalisé - c'est Leonardo Dicaprio qui en sait quelque chose - mais il est rare que les femmes plus âgées que leur moitié ne subissent pas de viles saillies. Il y a clairement dans ce schéma un "deux poids deux mesures" qui témoigne d'inégalités beaucoup plus larges et systémiques. D'inégalités patriarcales.
Ce dont se gausse entre les lignes la chroniqueuse, assumant d'être une mère suscitant les fantasmes d'une société qui d'une part condamne, et d'autre part, idéalise, selon les clichés toujours très sexualisants des hommes bien sûr. Ce qu'Elena Napapetyan gausse volontiers...
Et d'ajouter encore devant une Sonia de Villers déjà hilare : "Je suis quand même une mère de famille qui a des vergetures, des fuites urinaires et un pouvoir d'achat". Clairement, pas forcément la glamourisation la plus idyllique, décrit comme cela.
C'est le point de vue de l'humoriste et chroniqueuse qui change tout.