"Une scène de sexe de plusieurs minutes avec Jean Hugues Anglade".
On se souvient tous de cette séquence d'ouverture, celle d'un film culte des années 80, mémorable et caniculaire, 37,2 le matin du regretté Jean-Jacques Beinex, romance déchirante, polémique, histoire d'amour sensuelle, sexuelle, au service d'un récit très incarné, particulièrement sulfureux et romanesque.
Béatrice Dalle à l'unisson ne peut l'oublier : le film a lancé sa carrière, certes, mais l'a surtout imposée en star mondiale, en étoile et plus encore : en icône, célébrée jusqu'aux Oscars. Aujourd'hui, relancée sur ces images, 40 ans après le triomphe de cette pierre angulaire du cinéma français des eighties, cette actrice culte révèle ses envies à 61 ans.
Et oui, c'est le toujours facétieux Laurent Baffie qui l'interroge dans son podcast, avec le ton qu'on lui connaît, pas forcément des plus subtils il faut bien le dire : "Aujourd'hui tu préfères refaire une scène de sexe de plusieurs minutes avec Jean Hugues Anglade, ou une scène de sexe avec Booder ?"
La réponse de l'intéressée risque de vous surprendre. Mais elle ne ressemble qu'à Béatrice Dalle.
Béatrice Dalle se demande certainement : que répondre à une question ouvertement absurde et ironique ? Et la superstar de laisser parler sa bienveillance. Une tendresse qui existe par-delà son aura de "grande gueule" - depuis toujours, cette aura perdure, comme en atteste sa jubilatoire virulence, au cœur des années 80, envers Patrick Poivre d'Arvor, vraisemblablement auteur de plusieurs "lettres", "énamourées", à son égard, sujet sur lequel elle avait épinglé l'animateur en direct, suscitant ses bafouillements.
"Jean-Hugues je l'aimerais toute ma vie ! Elle est méchante ta vanne", s'amuse, une cigarette à la main, l'éternelle punk du cinéma français, face à un Laurent Baffie conscient d'avoir troublé l'interlocutrice adéquate pour faire résonner son humour noir. Pour être plus "trash" que Béatrice Dalle, il faut se lever tôt.
Béatrice Dalle ne craint pas de multiplier les audaces, et on l'imagine volontiers refaire ce genre de scènes frontales, scandaleuses, particulièrement marquantes et fiévreuses, la soixantaine passée. Du cinéma d'horreur trash aux films d'auteur expérimentaux, des caméos aux performances d'envergure avec des metteurs en scène très "brut" (Claire Denis, par exemple), ses apparitions tantôt "monstrueuses" tantôt mélancoliques imposent une femme et une artiste libre et sans concessions.
Ce qui s'envisage d'une déclaration à l'autre, alors que l'actrice, plutôt rare, réapparaît régulièrement ces derniers jours sur nos écrans et nos ondes.
"J'étais dans un hôtel d'un luxe inouï pour la soirée des Oscars où était nommé 37,2 le matin dans le catégorie du Meilleur film étranger, un énorme hôtel, un truc somptueux... mais je venais tout juste d'épouser mon mari à l'époque, au milieu des années 80, et honnêtement... On a préféré se la donner en eaux troubles tous les deux", témoignait-elle tout récemment encore, auprès d'Augustin Trapenard, à propos des... Heures mouvementées qui ont succédé à sa "nuit américaine".