Estelle Denis rhabille pour l'hiver les gougnafiers qui l'envahissent de commentaires déplacés voire carrément sexistes, des réactions qui font flores sur les réseaux sociaux et dont la star serait l'une des nombreuses victimes. L'animatrice et tête d'affiche de l'émission Estelle Midi brise le silence à ce sujet. Et dénonce l'hyper sexualisation des femmes de télé.
Cette fétichisation et hyper sexualisation des personnalités télévisuelles féminines est bien réelle. Animatrices météo, présentatrices diverses, toutes subissent quantité de remarques déplacées et libidineuses sur leur tenue, leur coiffure, leur silhouette, vous avez compris la chanson. Quand elles ne sont pas cyber-harcelées, insultées. On ose par exemple imaginer les DMs dont fait l'objet Léa Salamé, personnalité qui est loin de faire l'unanimité. Ce qui n'excuse pas le sexisme primaire.
Oui mais c'est un fait, rares sont les hommes du métier à se rendre compte de ce que subissent leurs consœurs. Dans une époque où la profession de journaliste elle-même est volontiers malmenée et associée à tous les maux que bien souvent, les journalistes révèlent ou condamnent.
Et justement, ce que va mettre en lumière Estelle Denis à de quoi accabler. Et fait écho au quotidien et à la condition de bien des femmes. Sur les écrans et en dehors.
Estelle Denis dénonce les commentaires sexistes dont elle est victime. Et qui font système.
"Je me suis demandée, il n’y a pas longtemps, quand il y a eu ce rapport sur le sexisme, je me suis dit mais en fait : 'D’où je m’habitue à ça, aux insultes hallucinantes qui sont la plupart du temps sexuelles effectivement ?'. Ça a toujours été les mêmes insultes. [...] On ne devrait pas s’habituer, je me désole moi-même de m’habituer à ça", détaille abondamment la personnalité télévisuelle avec une prose qui sent beaucoup trop le vécu. "Moi j’évite de regarder les commentaires sur les réseaux sociaux mais c’est aussi parce que je vais avoir 50 ans, je commence à être habituée".
"Elle a grossi. Elle est mal maquillée. Elle devrait se faire couper les cheveux…", sont autant de commentaires dont on se passerait volontiers et que reçoit sur les réseaux sociaux Estelle Denis, chaque jour. Et encore, elle n'évoque pas forcément l'étendue de ses messages privés et autres demandes anonymes.
Récemment encore c'est sur le plateau de sa propre émission, Estelle Midi, que l'oratrice avait témoigné de sa propre expérience : "Moi, sur les réseaux sociaux, on ne cesse de me rabaisser. On me dit tout le temps, et vous ça ne vous arrivera jamais, “ah, elle a dû coucher avec machin... On ne t’a jamais dit que tu avais couché avec le patron. Hé bien nous, c'est sans arrêt. Tu interviews quelqu’un, c’est “elle a dû coucher avec”
Epiloguant ainsi : "Et ça ce n’est pas possible. Et encore une fois, jamais vous n’avez d’attaques de ce type sur les réseaux sociaux. Nous, bon bien sûr on se fait aussi attaquer parce qu’on est trop ceci, pas assez cela. Mais en plus, on a ce fardeau, entre guillemets, de notre genre. Et c’est ça aussi, le masculinisme, c’est de toujours te ramener à cette condition-là"
La condition féminine. D'Annie Ernaux à Estelle Denis, les époques et les sensibilités changent, mais les expériences, finalement, perdurent.