"Est-ce qu'on peut avoir la vraie photo à poil pour comparer avec celle générée par l'IA ? C'est pour la science !" ou encore "Bon alors ? Elle est mieux foutue en vrai ou en IA ? C’est ça qu’on veut savoir". Voilà le genre de commentaires que l'on trouve dans la section commentaire d'une publication Instagram du journal Le Parisien, postée le 14 janvier. Cette publication montre la député belge Victoria Vandeberg lors de sa prise de parole devant le Parlement belge, survenue quelques jours plus tôt. Elle y présentait les dangers de Grok, l'intelligence artificielle utilisée par le réseau social X.
Ce jour-là, Victoria Vandeberg s'adresse à Vanessa Matz, la ministre belge chargée du Numérique. Elle lui présente deux photos. L'une a été publiée par la députée sur ses réseaux sociaux. Elle la montre prenant la pose en jean bleu et veste rouge. Sur l'autre, elle prend la pose dans un bikini noir, mais le problème, c'est que cette photo n'a jamais vraiment existée et n'a pas été publiée par la députée. Cette image a été créée par une "intelligence artificielle qui m'a déshabillée, sexualisée sans mon consentement", déclare-t-elle. Cette image, "circule, choque, humilie", ajoute la députée.
En montrant ces photos d'elle, Victoria Vandeberg ose se prendre en exemple pour dénoncer le sexisme et la violence que beaucoup de femmes subissent à travers l'utilisation des IA. "Aujourd'hui, n'importe quelle femme, jeune fille, peut perdre le contrôle de son image en un instant, la voir détournée, falsifiée, humiliée sans aucun contrôle sur ce qu'elle peut devenir", a-t-elle expliquée.
Preuve que le problème n'est pas anecdotique, au moment où la députée dénonçait Grok devant le parlement belge, on découvrait avec horreur que des hommes se servaient de l'IA pour déshabiller les jeunes filles et les femmes victimes de l'incendie de Crans-Montana. Cette incendie survenu en Suisse a fait 40 morts le soir du 31 décembre.
Pour mettre fin à cet usage sexiste et violent de l'IA, la députée a proposé de faire "désactiver" la fonction "épicée" de l'IA qui permet cette action abjecte.
Dans le même temps, Elon Musk a déclaré avoir mis en place des “mesures technologiques pour empêcher Grok de permettre l’édition d’images de personnes réelles dans des tenues révélatrices, comme des bikinis”. “Cette restriction s’applique à tous les utilisateurs, y compris les abonnés payants”, précise le message du patron de X.