Elle apprend qu'elle est enceinte en période d'essai, son patron la vire

Par honnêteté, Mathilde a annoncé à son patron être enceinte alors qu'elle était en période d'essai. Sa réaction a été sans appel : dès le lendemain, elle a été remerciée.
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Lorsqu'elle a décidé de tenir au courant son nouvel employeur de l'heureux événement qu'elle venait d'apprendre, Mathilde ne se doutait pas une seconde de sa réaction. Un mois après son embauche dans une franchise avignonnaise d'un grand groupe d'assurances comme conseillère, en janvier 2021, la jeune femme a demandé à parler à son patron pour lui annoncer sa grossesse.

"J'ai dit: 'Je suis enceinte'. Et là, il a buggé pendant deux minutes, il y a eu un grand silence dans le bureau", se souvient-elle. "Il m'a répondue : 'Moi avec ma femme, ce genre de problème on le résoudrait'. Je lui ai demandé de quelle façon, il m'a dit 'un accident ça se résout'. Je lui ai dit : 'Donc là, grosso modo, vous êtes en train de me suggérer d'avorter'. Il a continué en disant 'vous ne vous rendez pas compte, vous me foutez dans la merde'. Je peux comprendre que ce soit compliqué pendant 4 mois mais de là à me dire ça, non !", raconte-t-elle au micro de RMC.

Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Le lendemain, le responsable prévient Mathilde qu'il met un terme à sa période d'essai et qu'elle doit partir sur-le-champ. Pour la future maman, c'est le choc. "Mes premiers mois de grossesse, je ne les ai pas appréciés comme j'aurai dû les apprécier. J'ai eu la sensation pendant 2-3 mois de foutre ma vie en l'air parce que je voulais garder mon enfant", confie-t-elle.

Et d'ajouter : "Les six premiers mois de ma grossesse, j'ai eu beaucoup de mal à me dire que j'allais aimer mon enfant car ma vie pro est partie en vrille. Maintenant je suis très heureuse, j'ai appris à relativiser, mais sur le coup j'ai très mal vécu ce qu'on m'a dit".

Des recours possibles

Contacté par RMC, le patron en question a lui-même reconnu que la grossesse de son ancienne employée a été "un des facteurs" de son départ, ajoutant qu'en face d'"un problème" (sous-entendu le fait qu'elle soit enceinte), il aurait agi "en chef d'entreprise", précisant que son travail n'était pas complètement satisfaisant. Hallucinant.

A noter, précise le média, que si donner un motif de fin de période d'essai n'est pas obligatoire, y mettre un terme pour grossesse est interdit par la loi.

"Lorsqu'il y a discrimination, la charge de la preuve pèse essentiellement sur l'employeur. C'est à la salariée d'apporter des éléments qui la laisse penser qu'il y a discrimination et c'est à l'employeur en revanche de prouver qu'en réalité cette rupture est liée à une insuffisance professionnelle, une inadéquation de la personne avec le poste", a assuré de son côté Maître Delphine Lopez, interrogée par la radio, qui évoque l'article L. 1132-1 du Code du travail.

"Avec ce mécanisme d'inversion de la charge de la preuve, on peut espérer voir aboutir les actions qu'on peut mener devant la juridiction prudhommale". Mathilde entent bien entamer des poursuites judiciaires, et si son ex-patron était reconnu coupable, elle pourrait obtenir des dommages et intérêts d'un montant minimum de 6 mois de salaire brut.