Bien au travail
Je suis perfectionniste au travail, mais est-ce vraiment si empouvoirant ?
Publié le 18 mars 2026 à 15:55
“Je suis trop perfectionniste”. Une phrase d’entretien d’embauche typique et si cliché qu’elle en est devenue comique pour certains employeurs. Mais est-ce encore si bien vu de vouloir "mieux faire" ? Et le “meilleur des défauts” est-il vraiment synonyme de prise de pouvoir pour les femmes ? On s’est posé la question, et ce n’est pas simple.
Je suis perfectionniste au travail, mais est-ce vraiment si empouvoirant ? Je suis perfectionniste au travail, mais est-ce vraiment si empouvoirant ? Le perfectionnisme est-il vraiment le meilleur des défauts ? 

Vouloir faire plus, est-ce finalement faire trop ? Alors que les études sur le milieu professionnel tendent davantage à alerter sur les risques du surmenage, comme le burn out, l’évocation de ce skill nous fait de moins en moins rêver, et exaspère même, aussi bien dans la bouche des professionnels du management et des services de ressources humaines que dans celle des employées et des dirigeantes - oui oui. C’est en tout cas ce sur quoi insistent les dernières enquêtes très critiques sur le sujet. 

On résume leur topo : les perfectionnistes ne parviennent pas à respecter leurs deadlines, ne savent pas travailler en équipe, puisqu’elles sont incapables de déléguer, ne connaissent pas leurs limites, mettent de côté bien des prérogatives en se souciant avant tout de l’image qu’elles renvoient. Alors que de plus en plus de rapports mettent en lumière les risques de burn out au travail et les diverses formes de l’épuisement pro, le perfectionnisme est à son tour décrit comme… Une attitude toxique. Surtout quand elle tutoie les cimes du management.
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Le perfectionnisme est-il vraiment le meilleur des défauts ? 

Vouloir faire plus, est-ce finalement faire trop ? Alors que les études sur le milieu professionnel tendent davantage à alerter sur les risques du surmenage, comme le burn out, l’évocation de ce skill nous fait de moins en moins rêver, et exaspère même, aussi bien dans la bouche des professionnels du management et des services de ressources humaines que dans celle des employées et des dirigeantes - oui oui. 

Surtout, alors qu’il a été démontré enquêtes à l’appui que les femmes ont tendance à redoubler d’efforts pour convaincre au sein de leur business, il semblerait que les vertus du perfectionnisme soient de plus en plus contestées, si ce n’est niées. Plus encore, certaines voix tirent même la sonnette d’alarme. 

A raison, ou pas ? 

On a décidé de trouver le fin mot de ce débat houleux. 

Le perfectionnisme, un “gros mot” dans le monde du travail ? 

Le perfectionnisme a longtemps fait office de meilleure réponse possible à la fameuse question : “Quels sont vos défauts ?”, l’inévitable piège des entretiens d’embauche tradis. Ironiquement, cette répartie est devenue un gag tant elle a été réitérée, et tournée en dérision, jusqu’à se voir déconstruite au gré de posts Linkedin ironiques. 

Mais vouloir “trop bien faire” est-il carrément devenu un “red flag” au sein de la culture d’entreprise actuelle ? C’est en tout cas ce sur quoi insistent les dernières enquêtes très critiques sur le sujet. 

Le perfectionnisme, faux défaut ou fausse qualité ? On s'interroge.

On résume leur topo : les perfectionnistes ne parviennent pas à respecter leurs deadlines, ne savent pas travailler en équipe, puisqu’elles sont incapables de déléguer, ne connaissent pas leurs limites, mettent de côté bien des prérogatives en se souciant avant tout de l’image qu’elles renvoient. 

La personne perfectionniste doute constamment d'elle-même et n'accepte pas ses imperfections. Sa valeur en tant que personne dépend de ses succès et de sa réussite. Elle se juge sévèrement et accepte mal la critique.”, analyse ainsi l’Université de Laval dans son étude étayée. “Leurs objectifs n’étant jamais atteints parce que trop élevés, ils n’arrivent pas à développer leur confiance en soi.”, remarque cette enquête qui s’appuie sur un ouvrage au titre éloquent : Y a-t-il des perfectionnistes heureux ? Et spoiler, la réponse est potentiellement : non. 

On comprend rapidement pourquoi.

Une fausse qualité, un vrai défaut ?

Alors que de plus en plus de rapports mettent en lumière les risques de burn out au travail et les diverses formes de l’épuisement pro, le perfectionnisme est à son tour décrit comme… Une attitude toxique. Surtout quand elle tutoie les cimes du management. 

Car elle en vient à bousculer santé mentale des personnes concernées, et de leurs collègues. Mettant à mal le navire du travail d’équipe et s’avérant ainsi… Intensément contre-productive. Elle "nous empêche de finir un travail, en passant beaucoup plus de temps que nécessaire à éditer, à peaufiner, à perfectionner, nous fait toujours nous concentrer sur ce qui ne va pas - et nous empêche de nous concentrer sur ce qui est bon.décrypte Grace Marshall, experte en productivité chez Think Productive et auteure de l’ouvrage How To Be REALLY Productive.

On se demande quand même si le perfectionnisme n’a pas ses vertus, derrière ce portrait aussi sombre qu’un BlackBerry. 

Surtout que lui accoler les maux les plus cauchemardesques, c’est ignorer tout ce dont quoi il est le nom.

Mais d'où vient notre perfectionnisme ?

On jette l'opprobre très facilement sur les perfectionnistes, ces dernières lignes en témoignent. 

Mais pourquoi tant de haine ? 

Le perfectionnisme au féminin ne naît pas de rien ! Les femmes auraient tendance à mettre les bouchées doubles, quitte à risquer le burn out.

Quand on s’attarde vraiment sur le problème, on comprend que les perfectionnistes le deviennent en grande partie car elles doivent surmonter des obstacles très concrets : s’adapter à un monde du travail qui n’a jamais vraiment mis en sourdine son culte de la productivité et de la performance, régler quelques problèmes personnels (manque de confiance en soi et peur de l’échec), le tout dans une société marquée par les inégalités salariales, le plafond de verre et les disparités. 

Et encore, on ne parle pas de la falaise de verre : ce phénomène par lequel les leadeuses se retrouvent comme par magie aux plus hauts postes… Une fois que l’entreprise en question est en déclin. Difficile alors d’évoquer les “bouchées doubles” dont elles témoignent sans rappeler le contexte difficile où éclot ce besoin de faire mieux, quitte à faire trop.

On l’a compris, la perfection, même si elle “n’existe pas” (selon l’adage), peut porter préjudice à nos carrières. 

Exemples : nous faire refuser un poste alléchant car on craint de ne pas être “assez ceci” ou d’être “trop cela”. Comme un peintre qui enverrait ad patres ses toiles au risque de ne jamais être exposé. Et surprise, ces conséquences sur les carrières sont encore une fois indissociables d’un malus collectif. En 2018, des chercheurs de l'Université de Montréal ont publié une étude portant sur 2 026 travailleurs suivis pendant quatre ans et c’est la BBC qui nous expose son constat : les femmes présentent beaucoup plus de risques de burn out que les hommes. 

L'épuisement pro est plus fort car elles éprouvent plus de frustration concernant leur poste ou leur évolution. On y revient. Ce n’est pas tout : à l’injonction de la salariée parfaite s’ajoute souvent celle de la “mère parfaite”, ou de “l’amie parfaite”, d’autres phénomènes vécus insidieusement par les femmes. Les pressions s’entremêlent et tout cela ne fait pas bon ménage. 

A la fin, forcément, ça casse.

"Maman, épouse, femme d'affaires, comment faire ?"
Une bossgirl déchaînée comme jamais.

Mais plus on cherche à définir le perfectionnisme, plus on se rend compte que la notion en elle-même est très subjective, selon les sensibilités et les vécus. Alors que les psychologues la redoutent, conseillant plutôt aux personnes concernées à accepter leurs erreurs à en tirer des leçons, voire à suivre des thérapies pour mieux “contrôler” leurs élans, nombreuses sont les businesswomen à nous encourager à construire sa propre définition de la perfection. 

C’est la conclusion d’un billet d’humeur de la CEO Sharon Price John pour Forbes : Le perfectionnisme est l’ennemi de l’empouvoirement, assène dès le titre l’érudite. On a déjà connu assertion plus modérée. 

Et la leadeuse y énonce un propos moins acerbe : “On me demande souvent : « Vous êtes une maman, une épouse et une femme d'affaires accomplie. Comment faites-vous pour tout gérer ? » Ma réponse, en résumé : « Je n'y arrive pas. » !"

"Mon four est sale, mon lit est souvent défait, notre jardin est envahi par les mauvaises herbes et notre sous-sol est un vrai capharnaüm. Mes enfants ne mangent pas toujours sainement et il leur arrive d'aller à l'école le ventre vide, mal habillés ou avec les mauvaises fournitures scolaires. Et j'ai appris que, comme tant d'autres choses dans la vie, la « perfection » est une notion relative. L'essentiel est de connaître sa propre définition de la perfection dans chaque situation.”. 

Comme quoi, il est possible d’associer empouvoirement et perfection, quand on se rend compte que l’une comme l’autre notion doivent toujours être adaptées à chaque contexte, selon les attentes, la personnalité de l’interlocuteur, la teneur du travail accompli. Cela en devient évident.

Le perfectionnisme, varie-t-il des hommes aux femmes ?

C’est un peu plus philosophique que la tirade très relayée d’Ellen Pompeo, la superstar de la série Grey’s Anatomy, qui appelle à l’unisson les femmes à “ne pas chercher la perfection” en s’adressant à elles sur son compte TikTok, assénant ainsi : "Arrêtez de chercher à vous exprimer de façon parfaite, à être habillées de façon parfaite, d'agir de façon parfaite. On s'en moque d'être parfaite !". 

La conclusion est quasiment la même finalement. Quelque chose nous dit que le Dr Meredith Grey ferait de bons TedX sur le sujet.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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