C'est LA star d'OnlyFans, celle qu'il faut suivre sur Mym, la pépite du contenu porno amateur et vrai.
Khalamité n’a jamais voulu entrer dans une case. Surtout pas celle de la "porno girl" formatée par une industrie qu’elle critique ouvertement. Elle a commencé quand elle avait 20 ans et qu'elle s'ennuyait à l'accueil de bureaux d'avocats. Avec des vidéos sensuelles puisque la vente de culottes ne marchait pas vraiment. "Pour moi, c’était de la création de contenus. Je n’ai jamais eu trop de rapport à la pudeur. Je n’ai jamais vu trop l’intérêt, ça n’a jamais été une norme sociale pour moi", résume-t-elle auprès de Sam Zirah.
"Je n’ai pas de problème avec les gens qui me jugent tant qu’ils n’ont pas de valeur pour moi. Si des gens que je ne connais pas me jugent, ça ne me fait absolument rien", assurait la jeune femme de 27 ans. Voilà le cœur du sujet. Ce que certains appellent "provocation", elle rappelle que c'est son travail. Et rien d'autre. Ce que d’autres réduisent à du voyeurisme, elle le revendique comme une production artistique et entrepreneuriale.
Contrairement au fantasme du succès instantané, son passage au travail du sexe n’a rien d’un coup de poker. Et il a fallu l'annoncer à ses proches, sans réfléchir aux réactions, sans penser aux conséquences que ça pourrait avoir. Juste être sincère avec les gens qui comptent vraiment. “Ça a mis un an. Le temps que je me fasse un Smic, 1.200 euros. En plus de mon travail ! Je me suis dit : ‘ok, je vais quitter mon taff et je vais faire que ça'", se rappelait-elle dans cette longue interview.
"J’ai écrit un Google Doc à mes parents. Et je leur explique tout ce que je fais. Je leur dis : ‘Répondez-moi dans une semaine, ne me répondez pas maintenant. Je veux que l’info ait le temps de mariner'", racontait encore la star d'OnlyFans. Alors oui, au départ, ça a "été un peu compliqué" pour ses parents. Ils se sont d'abord dit que "c'était choquant" avant de se raviser : "Si c’est ce que tu fais, c’est pas grave".
"Maintenant, le deal, c’est qu’on en parle pas trop. (…) Pour eux, l’important ce sont trois choses : ‘Tu es heureuse ? Tu es en bonne santé ? Est-ce que tu fais du mal à d’autres gens ?’”, ajoutait celle qui s'est fait connaître notamment pour sa chevelure bleue. Trois questions simples. Trois critères éthiques. Et soudain, le débat moral vacille. Car autour d’elle, les réactions ont été révélatrices.
“Ah, c’est bizarre ! Tu ne mérites pas ça. T’es tellement intelligente, pourquoi tu fais ça ?”, a-t-elle entendu de la part de certains membres de sa famille. Comme si intelligence et sexualité étaient incompatibles. Comme si une femme brillante ne pouvait pas décider de monétiser son image. Comme si le travail du sexe était forcément une chute honteuse. Certains membres de sa famille ont pris leurs distances, de ne plus lui parler.
“Ils finalement sont revenus.” Le temps de "mariner". Le temps de comprendre son choix et de l'accepter. Le slut shaming, Khalamité le connaît que trop bien. Mais elle le décortique avec lucidité : “Tu te brides beaucoup en tant qu’actrice. Tu te dis vite que la seule chose qui intéresse, c’est ton corps. Tu te dis pas que tu peux être belle, intelligente, plaire à d’autres gens…”
Khalamité n’est pas une actrice standardisée. Elle le dit sans détour : “Dans l’industrie, ce qui fonctionne aujourd’hui c’est d’être une petite meuf blonde, brune, sans piercing ni tatouage et un peu refaite. Moi, je ne suis prise dans aucune production européenne. (...) Personne ne veut me voir.” Alors, elle a fait autre chose. “J’ai totalement développé le côté amateur, le côté homemade. (…) Autant avoir les cheveux bleus, des piercings et ne plus me raser. (…) Jamais de retouches", résumait-elle.
Son esthétique devient politique. Son corps devient manifeste. “Exister en tant que femme dans le TDS (…) avoir des poils, les cheveux bleus et des piercings, c’est créer un produit qui, dans la masse, sera le meilleur que tu pourras trouver", disait-elle à Sam Zirah. Elle ne nie pas la violence du système, révèle même avoir été victime d'un acteur pro : “L’industrie totale est affreuse, le porno n’aide pas les gens. (…) Oui, j’existe dans un système de merde mais je le fais du mieux possible.”
Consentement, diversité des corps, passions, humour : elle revendique une autre narration dans un univers encore patriarcal et toxique. “Mon rêve à moi, c’est d’être Squeezie du cul. Je veux faire rire les gens et faire de l’entertainment.” Son discours tranche franchement avec les caricatures du porno. Ici, pas de glamour forcé, juste une femme qui assume un métier stigmatisé, en conscience.
Et peut-être que ce qui dérange le plus n’est pas son travail. C’est qu’elle l’ait choisi, qu’elle y soit épanouie et qu’elle refuse d'en avoir honte comme beaucoup le penses.
Non désolée, le travail du sexe n’est pas un fantasme. Ce n’est pas non plus une morale. C’est un travail. Point à la ligne.