Margaret Qualley est iconique. Et pas seulement en Substance !
Il y a des Unes qui passent sans accrocher le regard. Et puis il y a celles qui sacralisent. Sur celle de Vanity Fair, Margaret Qualley ne pose pas : elle règne. Port altier, regard droit, silhouette sculptée dans la lumière dans des tenues de soirée à couper le souffle ou en tenue d'Eve. L’actrice ne porte rien, ou presque. Un tee-shirt blanc griffonné d’un “I love NY” un peu has been, tenu à la main comme un étendard. Les cheveux balayés par un vent invisible, le regard frontal. Presque défiant.
La première lecture de cette photo est évidente, qu’on se le dise. Glamour, peau nue, esthétique léchée, sensualité maîtrisée… autrement dit, Hollywood dans toute sa splendeur. Mais s’arrêter là serait passer à côté de ce que raconte vraiment cette couverture. Car ce qui frappe d’abord, ce n’est pas la nudité. C’est l’attitude de Margaret Qualley. Et ça n’a pas échappé aux internautes.
“Royale”, “C’est une star”, “Elle est si belle”, “Elle est une telle inspiration ! Une femme si magnifique”, “Cette femme est tout bonnement parfaite”, pouvait-on lire dans le flot de commentaires. Preuve que la jeune femme s’est enfin fait un prénom. Bien sûr, son nom charrie une histoire. Fille de Andie MacDowell, elle n’ignore pas les soupçons récurrents de népotisme. Elle ne les balaie pas d’un revers de main, mais voudrait se défaire de cet héritage.
“Elle me donne de petits conseils”, a-t-elle tout juste lâché à Vanity Fair avant que la gêne ne s’installe. Sujet tabou ? Un peu, comme ses amours passées avec Shia LaBeouf ou Pete Davidson, ou son mariage avec Jack Antonoff. Margaret Qualley veut exister par elle-même, sans qu’on la ramène constamment à ses gènes ou aux hommes qui ont traversé sa vie. Par elle-même donc, mais aussi par son talent et sa filmographie déjà bien fournie.
Après s’être fait repérer dans la série The Leftovers, elle décroche des rôles marquants chez les maîtres du cinéma d’auteur : Blue Moon de Richard Linklater, Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino, Pauvres créatures de Yorgos Lanthimos, Stars at Noon de Claire Denis, Drive-Away Dolls de Ethan Coen... Et évidemment The Substance.
“C’était intense” de jouer la version plus jeune du personnage de Demi Moore dans le film gore-sexy de Coralie Fargeat. “J’aime mon travail. J’aime être vivante, et je ne me sens jamais aussi vivante que quand je joue”, résume-t-elle avec une pointe de philosophie. Souvent réduite à son physique de poupée aux grands yeux bleus, Margaret Qualley n’est pas forcément à l’aise avec l’image sulfureuse que certains voudraient tant lui coller.
“J’ai commencé si jeune, et quand j’ai débuté, j’étais juste dépassée. J’avais l’impression que si je me montrais sous mon vrai jour, les femmes me détesteraient et les hommes voudraient me faire du mal, confie-t-elle à Vanity Fair. Cette peur m’a fait fuir certains des attributs habituels de la féminité.” À 31 ans, elle dit être enfin “prête à assumer la sensualité, la féminité”, en pensant “à la Terre Mère, au féminin sacré, à l’abandon”.
À 31 ans, l’actrice s’est installée dans le paysage hollywoodien sans fracas inutile. Ni scandale tapageur, ni stratégie de provocation. Une carrière patiemment construite, des rôles exigeants, un goût pour les personnages ambivalents. À l’heure où Hollywood redéfinit, non sans heurts, ses rapports de pouvoir et ses modèles féminins, Margaret Qualley incarne peut-être une forme de modernité moins bruyante que d’autres, mais tout aussi déterminée.
“Royale”, sûrement. Mais elle choisit son propre règne.