3 livres passionnants pour s'initier au "féminin sacré"

Et si on renouait avec le féminin sacré ?
Et si on renouait avec le féminin sacré ?
Le féminin sacré désigne la puissance originelle des femmes. Une force spirituelle et physique aussi fondamentale que malmenée. Trois livres passionnants nous incitent à l'embrasser.
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Retour bienfaiteur à la nature et à des sensations spontanées, reconnexion à son corps et à son intimité, spiritualité qui émancipe... Le féminin Sacré met en avant une sagesse ancestrale par et pour les femmes, à l'heure où celles-ci subissent - entre autres choses - le poids considérable de leur charge mentale. Aussi bien focalisée sur une sexualité épanouie que sur une entente nécessaire entre "soeurs", elle les incite à se libérer en renouant avec leur énergie mentale et physique. Mais à l'heure où les ouvrages sur le sujet abondent dans nos librairies, il est parfois dur de s'y retrouver.

Voici donc trois opus enthousiasmants pour s'initier à ce mode de pensée féminin et (bien souvent) féministe.

Le plus réputé : "La Femme Tambour"

"La femme tambour", les rythmes du féminin sacré.
"La femme tambour", les rythmes du féminin sacré.

On dit du livre de la musicienne Layne Redmond qu'il est inestimable, initiatique et profond. Autrice de La puissance du féminin, Camille Sfez y voit tout bonnement "une autorisation à nous réapproprier nos dons [de femme] en retrouvant une filiation originelle, à repenser l'Histoire, rêver d'un futur à l'image de l'aube des temps".

C'est effectivement à cette "aube" que nous renvoie le féminin sacré : les premières civilisations de notre monde, quand les femmes étaient encore les grandes gardiennes et prêtresses des sociétés naissantes. En ce temps bien antérieur à la chute de l'Empire romain et à l'apogée du christianisme (qui mettra à mal toutes ses valeurs charnières), la "Déesse Mère" était reine. On lui vouait un culte. Et c'est un devoir de mémoire aussi passionné que passionnant que lui consacre Layne Redmond.

Une adoration dont les vestiges sont épars, des sites néolithiques aux représentations antiques de l'Egypte. L'autrice déploie un historique vertigineux pour mieux nous l'asséner : "Pendant des milliers d'années, le Féminin divin nourricier a été le modèle spirituel suprême. Il a servi de guide individuel, familial, communautaire et environnemental aux hommes et aux femmes". Car la Déesse Mère n'est pas qu'une histoire de croyances et de rituels. Elle désigne le corps féminin, ses cycles, son caractère sacré assimilable à un temple, son énergie intérieure.

Layne Redmond, qui ne s'assigne à aucune religion, le scande haut et fort : "Non, les femmes ne sont pas inférieures et ordinaires. Il est temps que l'archétype de la Femme sacrée les aide à se relever".

Pour cela, la mélomane préconise l'usage du tambour, l'instrument emblématique de ces civilisations oubliées. Les vibrations de l'instrument permettraient aux femmes de se reconnecter avec elles-mêmes. Et d'éprouver des sensations littéralement ancestrales. D'où l'image de "femme-tambour" ! Captivant.

La Femme Tambour de Layne Redmond.
Editions Leduc, 327 pages.

Le plus accessible : "Le grand livre du féminin sacré"

"Le grand livre du féminin sacré", et ses recettes féminines (et féministes)
"Le grand livre du féminin sacré", et ses recettes féminines (et féministes)

Vous l'aurez deviné, le féminin sacré est avant tout une invitation faite aux femmes à explorer leur être, renouer avec leur corps et leur conscience. Et c'est cet essentiel retour à soi qu'aborde – entre autres choses ! – le très complet et accessible Grand livre du féminin sacré. Un ouvrage épais (près de 300 pages) abondamment illustré et minutieusement chapitré, traversé de part et d'autres de bonnes ondes féminines. On ne le bouquine pas dans les transports, mais plutôt chez soi, au calme.

Son autrice, Josée-Anne Sarazin-Côté, délivre une quantité de "recettes sacrées" : des "tutos" méditations, des exercices de respiration, des recettes de parfums do it yourself, un petit parfait d'outils de "purification" (encens et plantes) et même des astuces pour constituer son propre autel. Mais surtout, elle esquisse plusieurs visages de ce "féminin sacré" plus contemporain qu'on ne pourrait le croire en s'attardant sur les bienfaits de la masturbation et les vertus d'une parole féminine (enfin) libérée.

Pour Josée-Anne Sarazin-Côté, les femmes doivent évoquer toutes ensemble ce que l'on considère aujourd'hui comme "tabou" mais qui, il y a des siècles de cela était encore sacré – les menstruations, par exemple. C'est cette sororité qui les conduira vers la "guérison", au sein d'une société patriarcale qui bafoue sans vergogne leur "énergie féminine".

Ode aux sorcières trop longtemps mises au bûcher et aux "femmes sauvages", Le grand livre du féminin sacré aboutit, lui aussi, à un joli mot d'ordre : il faut se sentir libres d'être "imprévisibles, assumées, délirantes, animales, puissantes, dérangeantes" mais aussi "en paix avec nous-mêmes, fières de la personne que nous sommes et en amour avec elle, profondément heureuses". Lorsqu'il est question du féminin sacré, le bien-être côtoie toujours des vibes sensiblement féministes.

C'est d'ailleurs pour cela que l'autrice propose aux hommes d'ouvrir les yeux sur les inégalités de genre et de cultiver (eux aussi) leur féminité. Tout en l'avouant : pour l'évolution des mentalités, la route sera longue...

Le grand livre du féminin sacré, de Josée-Anne Sarazin-Côté
Editions Marabout, 270 p.

Le plus inspirant : "Réveillez-vous, femmes divines"

"Réveillez-vous, femmes divines", des croyances ancestrales à Instagram.
"Réveillez-vous, femmes divines", des croyances ancestrales à Instagram.

Encore un livre sur le féminin sacré au mot d'ordre fédérateur ! Réveillez-vous, femmes divines met notamment l'accent sur cette évidence : pour se rapprocher d'une forme de pureté ancestrale, éloignons-nous de certaines injonctions du monde moderne. Cette accélération que nous impose la société par exemple.

Aux antipodes de cette frénésie qui fait du mal à nos esprits et à nos corps, l'autrice Véronique de la Cochetière fait l'éloge de la lenteur. Un état d'être qui fait autant de bien qu'une séance de yoga. La lenteur nous permet "de savourer notre présence d'êtres vivantes", elle accentue "le discernement et le choix". Bref, elle nous libère d'un poids.

Et du haut de ses quinze ans d'expérience en tant que sage-femme libérale, Véronique de la Cochetière s'y connaît en bien être féminin. A l'adage "un esprit sain dans un corps sain", l'érudite préfère celui "d'esprit libre dans un corps libre". Tout en nous inculquant quelques mantras (à cultiver au quotidien), elle insiste sur l'importance d'observer son corps, sans honte ni crainte. A la lire, "l'égoïsme est la nouvelle bienveillance".

"Que nous ayons été élevées selon des valeurs religieuses ou non, nous avons souvent été poussées à faire preuve de bienveillance envers les autres, et surtout envers les hommes. Désormais, il est temps, chères soeurs, de dire non ! Devenons narcissiques ! Apprenons à nous recentrer que nous mêmes pour découvrir que la personne la plus importante pour nous... c'est nous", s'enthousiasme en ce sens l'autrice, non sans irrévérence.

La bienveillance que l'on s'accorde serait-elle le remède à une charge mentale qui étouffe et épuise ? Pourquoi pas. Féminin sacré de l'ère 2.0. s'il en est, Véronique de la Cochetière loue même les vertus des selfies en ce sens. Vous l'aurez compris, la femme divine, c'est vous. Inspirant !

Réveillez-vous femmes divines, de Véronique de la Cochetière
Editions Tana, 250 p.

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