"T'as pensé à ?", le compte Instagram qui dénonce la charge mentale

"T'as pensé à ?", le compte Instagram qui dénonce la charge mentale
"T'as pensé à ?", le compte Instagram qui dénonce la charge mentale
Marie, 31 ans, a lancé le compte Instagram "T'as pensé à ?", pour inciter les femmes à raconter la charge mentale qu'elles subissent au quotidien. Le succès de la page montre à quel point ce phénoméne de société reste répandu.
A lire aussi
Charge mentale : penser à tout, j'en peux plus !
News essentielles
Charge mentale : penser à tout, j'en peux plus !

Depuis l'immense carton suscité par la bande-dessinée Fallait demander d'Emma, la plupart d'entre nous est familiarisée au concept de charge mentale. Ce mot désigne la répartition inégale des tâches ménagères au sein d'un couple.

Ou quand une personne doit constamment penser à tout pour deux, au point d'être accaparée par les courses du soir pendant la journée, alors qu'elle se trouve sur son lieu de travail.

Publiée en mai 2017, la BD de la dessinatrice dépeint avec humour ces situations de couple, où la plupart du temps, la charge mentale pèse lourd sur le quotidien de la femme. Le succès phénoménal de l'oeuvre d'Emma a révélé à quel point ce phénomène de société est répandu.

"La charge mentale du jour"

Et surtout, qu'on en parlait peu avant. En effet, de nombreuses personnes ont découvert la notion de charge mentale grâce à Emma, alors que la première utilisation de ce terme remonte aux années 1990, par la sociologue française Danièle Kergoat.

Aujourd'hui, la toile regorge d'initiatives pour aborder la question de la charge mentale. Dernière en date : le compte Instagram "T'as pensé à ?", créé par Marie, 31 ans, professeuse d'histoire-géographie dans un lycée de Saint-Denis (Ile-de-France).

Cette page compile les témoignages de Marie, mais aussi ceux d'internautes qui racontent anonymement leur expérience, en reprenant le titre : "La charge mentale du jour".

Marie a compris la signification profonde de charge mentale lorsqu'elle est devenue maman. "J'ai pris tout en charge, j'ai laissé peu de place à mon compagnon, qui de son côté ne s'est rendu compte de rien, ou du moins n'a pas voulu voir. C'est un échec personnel et de couple. Cela a abîmé notre amour que nous pensions insubmersible, cela a touché l'estime que j'avais de moi-même, cela m'a remise en cause dans toutes les facettes de ma vie", raconte-elle sur son blog Madame Sourire.

Créé le 20 novembre, le compte est déjà suivi par plus de 11 000 personnes. Là encore, le succès de cette initiative en dit long sur le nombre de personnes qui subissent une charge mentale au quotidien.