Taylor Swift parle de sexe et elle a bien raison. La chanteuse la plus écoutée de l'univers évoque le plaisir au féminin et la libido avec un style qui n'appartient qu'à elle, pour le meilleur et pour le flop. On vous récap le top, et le reste.
Naturellement, on pense fort à Wood qui a fait tant jaser. L'évocation sans filtre du bambou de son mec n'a laissé personne indifférent, et d'aucuns ont découvert que Taylor savait manier la dérision et l'audace avec une certaine spontanéité. Or les vrais de vrai le savaient d'emblée, connaissant par coeur son goût pour la suggestion sensuelle et le non-dit qui dit tout.
Oui car Taylor Swift ce sont de nombreuses mises en mot du corps à corps et du plaisir solitaire, de l'exploration de soi et de l'émoi au féminin. Il faut savoir lire entre les lignes pour entendre les métaphores et sous-entendus pas si frileux de l'interprète qui bat tous les records des charts.
Ecriture romantique bien sûr donc forte en pirouettes et en nuances. Sans être exempte de crudité bien c*l. On a choisi pour vous le meilleur de ces façons dont Taylor dit le sexe. Et le reste, aussi.
Commencer par la plus évidente des sérénades swiftiennes sur le sujet est trop facile, alors c'est par "Treacherous" que le bal va commencer. Esgourdes bien à l'affût, les métaphores bien en évidence. Et plus si affinités. Pas trop d'abstraction dans ces strophes sensuelles. L'écriture de Taylor est très cinématographique, décrivant plan par plan des gestes sans grande ambiguïté bien qu'on est rarement dans le registre ce qui est arrivé, mais dans ce que Taylor imagine ou fantasme.
« Approche tes lèvres des miennes tant qu'elles ne se touchent pas, flou, les yeux dans les yeux Jusqu'à ce que la gravité devienne trop forte, et je ferai tout ce que tu me diras si tu le dis avec tes mains », détaille l'interprète dans cette ode à la découverte de soi et de l'autre, avant de conclure par "Et je serais intelligente de m'éloigner, mais tu es comme des sables mouvants". Des bisous.
Le plus connu de tous les manifestes swiftiens au sexe, et le plus commenté. Polémique aussi, controversé par sa franchise à deux doigts du portnawak, à en croire ses détracteurs. Citation : "Son amour était la clé qui a ouvert mes cuisses.". No comment. Il est question dans cette ode à son tourtereau d'un "séquoia" qui suscite chez Taylor de très passionnées pensées. Internautes et hurluberlus peu accoutumées à ses rengaines se gaussant à l'unisson de sa propension maintes fois répétées dans la chanson à "toucher du bois", à bon entendeur bien sûr.
Les discussions se sont exacerbées à ce sujet quand on devine l'étroite amitié intensément supposée entre le boyfriend de Taylor et le camp Trump. L'amour a ses raisons que la raison ignore.
Taylor souhaite être la plus belle pour aller danser, et pour cela elle arbore la robe qui va avec. Mais comme chez les protagonistes de Jane Austen, cette dress n'est pas seulement un oripeau anodin. A ce titre le site de référence (si vous aimer décortiquer les lyrics) Genius la catégorise comme l'une des plus "sexuellement chargées" ritournelles de Swift.
"Tout ce silence et cette patience, ce désir ardent et cette anticipation, mes mains tremblent à force de te retenir.", détaille avec éloquence la voix la plus écoutée de l'Amérique. Poursuivant sur le même ton lyrique : "J'ai acheté cette robe uniquement pour que tu puisses l'enlever". Toute la gradation de Taylor prend la forme d'un lent strip-tease où la chanteuse effeuille autant son rapport à l'autre que ses vêtements, affichant là ce qui compte le plus dans l'art de Taylor Swift, autrement dit, c'est réel, sa vulnérabilité.
Ode comme beaucoup de ses hits à son amoureux d'alors, l'acteur Joe Alwyn, False God est une audacieuse déclinaison des motifs religieux dans un but très personnel, à savoir le rapport de l'interprète à sa sérénité et/ou sa confusion des sentiments. Très charnelle. Elle ose : "L'autel, ce sont mes hanches.". Ou : "Je sais que le Paradis existe car je vais là-bas quand tu me touches, chéri".
L'oratrice se joue avec maestria d'une certaine iconographie littéralement ancestrale pour mieux imager ses émotions et forcément, cela en fera gausser certains. Tant pis pour eux. De plus raffinés palais goûteront au lyrisme plus grand que tout de l'artiste, qui est à deux doigts de citer le fameux adage féministe : Mon corps est un temple. L'état d'esprit d'une ode au plaisir et au langage des corps qui s'enlacent.
Chanson de Taylor Swift qui évoque une danse maléfique à dix-neuf ans et des souvenirs qui semblent tourmenter la star, jusqu'à hanter ses rêves. Sulfureuses sont les images qui inondent le sommeil de Taylor : "Si tu ne m'avais jamais touchée, j'aurais rejoint les justes.". La lyriciste évoquerait ici une relation subie plus jeune avec un homme alors bien plus âgée qu'elle. Mec dont beaucoup d'aficionados de la star ont rapidement deviné le nom bien entendu. De vives recherches sur la toile aiguilleront n'importe quel auditeur sur ce fameux homme mystère et manipulateur.
Guilty as Sin dit avec une éloquence rare tous les motifs et affects qui font chavirer l'auditeur et auditrice typique de Taylor, ponctuant ses paroles de sous-entendus et d'évocations d'actes que la chanteuse imagine. A l'instar d'une Madame Bovary, la narratrice swiftienne est avant tout une romancière. Qui fantasme. Constat perçu un mot après l'autre. Comme : "Je repense sans cesse à des choses que nous n'avons jamais faites, à des baisers furtifs sur la lèvre supérieure, comme je regrette nos rendez-vous sans jamais toucher sa peau. Comment pourrais-je être coupable comme si c'était un péché ?"